samedi 27 juillet 2013

Strasbourg Semaine 19


Strasbourg - Le monde
Les plus pauvres et les pauvres sont maltraités à chaque souffle de leur vie. Leurs enfants grandissent à l'ombre des immeubles, sous le regard des dealers et de la compassion organisée. 

La mort vit en nous
N'être pas retenu par des racines dans ce cours du temps qui file. Moi j'ai des souvenirs. Jeune j'ai marché dans les chemins du maquis. Aujourd'hui, nous sommes comme suspendu entre révolte et dépression, entre désir d'émancipation et résignation désenchantée. J'ai vu mourir notre combativité. 

Refusons 
Et si on refusait cette société qui nous divise, nous communautarise et nous assassine à petit feu?. Tout simplement. Et si, on jetait le mal nommé, calendrier social et descendions dans nos rues avec pour seule idée d'être ensemble, là, à un moment que l'on se donne. Et si on refusait la maltraitante d'État ?. Tiens, je vais reprendre du sorbet, ça ne se refuse pas. 

Acceptons 
Notre part de laisser aller, de laisser faire que nous abandonnons aux manipulateurs de haine. Acceptons d'avoir baisser les bras, de ne plus donner à nos enfants le goût d'apprendre, le découvrir. Relevons la tête. Réinventons le mouvement, un quelque chose qui ressemble au monde dont nous rêvons, et pour lequel nous résistons maladroitement. 

L'écho des souvenirs
Tu te tais tu t'atterres tu regardes le ciel tu respires tu avances tu te poses tu bifurques tu sais tu doutes alors tu recommences tu continues tu te tais… Le silence te suit t'enveloppe et te glace. Les souvenirs te poursuivent repoussent l'oubli le chasse le titille. Tu attends… 

Vacances
Tu prends le large plusieurs fois par an. Train, avion, voiture. Je prends ma plume, je prends les mots. Crayon, stylo, clavier. Tu prends des photos. Je prends l'imagination. Tu fais un stock de livres. J'aligne des mots. Je m'enfuis, je futile, je fredonne aussi. Je reviens. Dis, quand reviendras-tu?. 

...
Donne moi tes pas que j'y pose les miens. 


Strasbourg Semaine 18


Cause toujours
La volonté de changer les choses en profondeur est absente. Je vois des enthousiasmes immenses qui se répandent comme des vagues déferlantes, pour des causes inutiles, souvent idiotes à la portée de cette société cliquante. Clic. 

Strasbourg - Le monde
Il n'y a provocation que pour les imbéciles qui se sentent provoqués. Se précipiter sur l'info comme un chien sur un os à ronger, ça ne nourrit pas la réflexion, par contre ça fait saliver et baver les légions d'abrutis!
Du peu
Écrire le peu que la voix lance. Écrire peu. Du peu que l'on peut, s'élancer. Rien n'est achevé, tout est en remous et en brisants. S'accrocher, se laisser dériver, selon la furie et le sens des courants. Se laisser porter sans perdre de vue l'impossible rivage. L'incertain est ouvert. 

La paix
Pour trouver la paix intérieure, il faudrait d'abord qu'on nous la foute à l'extérieur !

Complicité au loin
J'ai vu la bête en action et j'ai battu de l'âme en solitaire. J'ai entendu le silence s'abattre et je suis partie à la recherche des mots. C'est au loin que j'ai trouvé l'écho apaisant de ma souffrance affolée. Le coeur retrouve son rythme, puis le souffle. Mes yeux s'ouvrent plus largement. L'illégal fait partie de toutes nos organisations autant que le légal. 

Strasbourg - Horizon
On peut se satisfaire de ce que l'on a et garder à l'esprit que le reste est à prendre. On ne montre l'autre qu'à travers ses faiblesses, ses incapacités, ses restrictions. Changeons cela, posons nos yeux sur nos qualités, nos possibilités ; sur nos horizons à partager. Chassons ces brouillards de nos regards. 

Parfois 
Parfois il me semble que je suis d'un autre siècle. L'herbe grasse dans laquelle j'ai si souvent refait le monde par petites touches est devenue herbe crasse. Le rêve n'a plus de goût, plus de saveur, plus d'odeur, plus de couleur. Parfois je me surprends à marmonner et à dodeliner de la tête. 

dimanche 7 juillet 2013

Strasbourg Semaine 17


Fatigue
Lutter contre une injustice profondément ancrée dans la société et surtout contre ceux qui n’aiment pas qu’on en parle, parce que ça bouscule leurs habitudes. Ne pas pouvoir détecter avec précision la source de cette immense fatigue. Dormir. 

J'étais là
Comme un Haïkus. Quelques mots, Le regard dans le vide, Absorbant les rayons du soleil. J'étais là mais pas sur les photos. Tout ce qui est présenté comme impossible, m'intéresse. 

Réveil
Le monde m'a abandonné. Sur un bout de trottoir, jamais le même. Je garde les yeux ouverts sur un vide absolu qui n'appartient qu'à moi. Ma carcasse usée se meut lentement. Elle est plus résistante à s'abandonner au désespoir. J'avance lentement d'un point à l'autre sans destination. Je suis devant toi, mais tu ne me vois pas. 

Sans Abri Accompagné
L'accompagnement social, c'est comme d'être placé en équilibre instable au bord d'une marche. On peut monter, on peut tomber. L'urgence est faite d'actions multipliées qui te plonge dans l'angoisse. Un seul mouvement mal calculé peut-être le début d'une avalanche qui balaye tout sur son passage. Nous sommes la brindille que le torrent entraîne. 

Ici en partance
On s'absente de nous parfois, c'est une façon de rester là. Le retour des souffrances ne fait pas l'objet de discussions. Elles sont toujours présentes au bord des yeux. Au fil des mots. Un sourire. Un clin d'oeil peut assécher le trop humide au coin de l'oeil. 

Soldes
634 euros en moyenne pour le peuple qui n'en peuplus. J'ai en les regardant me passer sous le nez, l'impression que ce sont eux qui sont soldés par tous les comptes trafiqués. Les soldes, les congés et viendra la rentrée dans le mur. Parfois, j'en ai tellement assez que je me m'emmêle les pieds dans l'envie de vivre. Contre. En contre jour. Tout contre. Là. 

L'horreur
Est dans les détails. Le cumul d'insupportables. L'accumulation d'informations médiocres. Plus de temps pour la réflexion. La pensée est dirigée. C'est comme le fascisme, ça s'infiltre, ça imprègne, ça déteint. Et ça marche bien. 

dimanche 30 juin 2013

Strasbourg Semaine 16

Ce monde me dégoute 
Les rebuffades, les impossibilités, les tensions, les déceptions, les incompréhensions, le refus et le silence et la mise à l'arrêt. À la mort pour les sans. C'est cela que le monde nous propose ?

Certitudes
Des uns contre l'autre. La violence s'est glissée partout. Et le brouhaha et le bruit. Pour souffler un peu, pour évacuer l'épuisement il ne nous reste plus que la résignation. Puis rebondir car la misère en silence et précaution retisse inlassablement le fil de l'espérance. 

Strasbourg 
Dans ses rues autant d'abandons que d'injustices et des millions de passants sourds, les yeux aveuglés par une nouvelle affaire qui n'arrête rien. Rien. Sinon détourner vos consciences du silence qui monte de la misère. 

Désillusion
Toutes ces désillusions qui restent dans leur coin. Imagine un jour si elles se réunissent. Nous ne sommes pas perdues. Nous respirons. De la nuit noire. Des égouts. Notre dégout et parfois nos rancœurs. À vous aux autres à tous de réagir aussi. 

Omerta
Sur la réalité. Elle dit qu'elle voudrait déplier la terre, mélanger les cartes, les distribuer sans arrêter. Être une pierre abrasive pour que le monde fasse peau neuve. Parler et dire. Ce temps infini que j'ai passé à tourner et retourner dans mon pauvre crâne des choses à dire. Et des comment pour commencer les phrases. 

Strasbourg
Les autres ; comme eux nous sommes ici pour partir. Partons ensemble. Restons ensemble. Je préfère m'isoler pour me sentir moins seule. Parfois. 

Toute vérité est-elle bonne à dire?
Oui. Sauf si tu viens d'ailleurs. Sinon. Tout mensonge est bon à dire, fonctionne beaucoup mieux. Dire n'importe quoi, parler sans arrêt, répéter des flous, appuyer sur des mots choisis, faire du vent, garder l'attention sur soi. Parce que plus un truc est répété, plus il s'inscrit comme vérité objective dans les esprits.

dimanche 23 juin 2013

Strasbourg Semaine 15


Maintenant
Le marché de la misère et maintenant le marché de la haine marchent bien. Ils ont souvent de belles inter-actions. D'ailleurs aujourd'hui je vais me fabriquer une chimère ; un idéal. Je le partagerai sur FB et vous cliquerez j'aime ou pas ; on reste libre de l'index. 

Delete
Les riches, le patronat, les pauvres, les étrangers, les gitans, les délinquants, les financiers, les cols blancs, les catholiques, les musulmans, les autres, les femmes voilées, les femens aux seins dévoilés, les syndicalistes, les militants, les politiques, les tous pourris, les bisounours aussi, les chômeurs, les handicapés, les sans abri, les malades, les vieux, les jeunes, … Ai-je oublié un genre ?. On s'efface tous, il ne reste rien. On ne refait rien.

Le développement durable
Certains vous diront que c'est l'humain d'abord, l'humain au cœur, … Ils ont parfaitement assimilé cette idée car en effet, le développement durable c'est eux d'abord. Une lente fatigue assassine les sans ; sans commentaire et durablement. 

Même si
On avance quand même. La ligne d'horizon s'efface. Les arbres sont hauts. Les murs peuvent s'abattre. Le soleil brille. La pluie tombe drue. Il fait froid. Il fait chaud. Je demeure muette. Même si j'ignore tout de ce monde qui n'est pas le mien, qui m'est devenu étranger, la libellule reste magique. 

Strasbourg
Tout semble triste. Même vos maisons ont le coeur sombre. La femme semble lasse. Son sac plastic rempli, au bord de craquer, collé à son mollet. Contact rassurant. Elle veut savoir ce que je note dans mon carnet "l'inexistant ou le réel ; je les confonds souvent". Son visage reste de marbre. Mais j'imagine que sa peau est au moins tiède comme le café servi au "point repos" où la lumière est violente et le bruit assourdissant. 

Résistance
C'est à l'existence que je résiste. Et si d'aventure vous fomentez le projet de changer le monde, rappelez-vous que nous le partageons tous.

Les grands et les petits
Quand des grands discutent, c'est bien connu, les petits se taisent, surtout si c’est de la sauce à laquelle on se propose de les bouffer dont il est question. C'est pourquoi dans l'éducation des enfants du squat nous avons le module "interromps intelligemment". Les grands ont l'intelligence de l'absurdité, les petits doivent acquérir celle de l'esprit. 


lundi 17 juin 2013

Strasbourg Semaine 14

Monde 
L'épiphénomène qui cache le phénomène. Le mal est bien ancré. Installé. Puis viennent les comptables, les contrôleurs. Le monde aboie après que les chiens soient passés. 

Dans un silence de mort 
J'arrive pour de brefs instants à me persuader que le monde n'est pas fait que d'ogres et de barbares. J'écoute de la musique. Ça aide à croire qu'il existe autre chose. Autre part. J'aime les ballades. 

Catastrophonie
Je ne sais pas comment vous faites pour vous réveiller intacts. Je ne sais pas comment me parler je ne sais pas me réconforter. Apprendre. Je ne contrôle pas mon cerveau, je me réveille le corps comme tuméfié. 

Strasbourg 
Marcher dans les rues de sa ville ; une histoire de caves. Il pleut, ça va nous faire une conversation. On pourrait mieux dire mais on va médire. La généralisation tue les bonnes idées. 

Lassitude

La paix sociale
Il ne faut pas parler des choses qui fâchent me dit-il, Ok on laisse les choses pourrir et fâcher les autres, c'est ça?. 

Strasbourg 
Parfois nos intuitions se télescopent. C'est l'inconnu qui offre les surprises les plus fortes. La meilleure façon d'utiliser et de s'amuser avec les réseaux est d'y déposer son truc et point barre. L'échange sur le net est virtuel.  L'indifférence y a par contre le même goût amer


samedi 8 juin 2013

Strasbourg Semaine 13

Strasbourg
C'est toujours trop tard, de toute façon et le mal est toujours fait. C'est pas la vie ça. Ha si. Avec des hauts et des bas. Si j'enlève le bas il reste le haut?. 

Solidarité
Pendant qu'ils croisent le fer, croisons nos errances. Sans la nommer, vivons là, donnons lui étincelle. Bien que. Face aux "belles idées" des bien-pensants, la réalité reste la réalité. Plus de pauvres, plus d'exclusion, plus de rejet, … Nous sommes déjà retournés vers l'esclavagisme... subventionné.

Perdu
In-formé, re-informé, dé-informé, sur-informé, contre-informé. Out. Gavé de conneries, de manipulations cliquées et re-cliquetées.  Coincés dans des obligations minables qui payent la redevance télé. 

Strasbourg
Je retiens le verbe espérer. L'argent est toujours le grand vainqueur. Ville décor. Monde décor. Par avant Par après Partir. Tir, se tirer. À tire d'ailes. Elle. Rongée d'angoisses. 

Strasbourg
Je me souviens de l'exil de porche en porche, des pas de portes fermées. J'ai oublié les détails. C'est vrai. L'essentiel reste vivant. Je me souviens. Le ciel pour toit. De toi et de rien. Des moments entiers se sont gravés et d'autres sont effacés. Nous partageons nos mémoires. Tu aurais pu me prévenir avant de mourir. Je n'étais pas prête. 


Fascisme de salon
Chaque année le compte des morts de la rue passe inaperçu ! Et les suicidés on en pense quoi. Au trou. Normales et démocratiques sont donc toutes ces morts de misère et d'exclusion chaque jour. Çà aussi c'est du fascisme. Rampant et infiltré

Strasbourg
Il fait beau. Ça ne change rien. 

dimanche 2 juin 2013

Strasbourg Semaine 12


Strasbourg
Plus de poésie. Moins de concessions. Faire taire ceux qui ne parlent de rien. Plus de moi. Plus de nous. Nous sommes du monde.

La marche peut-être
Se partage mal. Une personne du silence qui ait le goût de l'éloignement au coude à coude, peut-être. Un flot de mots m'éreinterait trop. Se déplacer, regarder, mesurer, comprendre. Ça pourrait être simple.

Point météo
Dans le ciel une tempête d'eau qui se répand sur les hommes qui cherchent un abri qui leur est refusé qui va vers l'église, le temple, qui ferment leurs portes à clé qui n'attendent plus rien qui cherchent un abri qui avancent qui attendent qu'une association ouvre ses portes qui sont déjà envahies par les hommes qui cherchent un abri qui

Directeur
Un boutiquier. Une mentalité de propriétaire. Tout lui est dû. Véhémence des sectaires qui détiennent la vérité absolue. Étant donné qu'il suffit de croire. Bien sûr. Se dire que les autres ont probablement un peu raison quand même. Avancer à son rythme.

Strasbourg
Aller de seuil en seuil sans jamais pénétrer la demeure. Longer les portes closes, se laisser avaler par la nuit. Être du mauvais côté des murs. Être hors les murs, hors les frontières. 

Écrit et ratures
Sans l'écrit et mes ratures je dériverais dans les névroses de ce monde. Je ne me poserai pas de questions. Je serai vivante et non existante. Je flotterai dans nos néants. Je crois qu'on peut se donner comme exigence de ne jamais cesser d'apprendre. En toute occasion. De tout de tous. 

Ceux là
Qui défendent une cause, précise, déterminée, limitée me font peur. Ceux là qui rajoutent des frontières entre les hommes, entre les misères. Ceux là qui me passent sous le nez sans voir. Ceux là sont-ils à combattre ou à ignorer. Ce temps est celui du marché noir de la pensée.

dimanche 26 mai 2013

Strasbourg Semaine 11

Strasbourg
Sortir sans destination. Remonter les rues, longer les trottoirs. Compter les sans abri machinalement. Voir entre les lignes. Lire la ville. Avancer et revenir.

Boulot Pause
Sortir du bureau, fermer à double tours, longer le couloir du A, respecter le marquage au sol, passer un sas, deux grilles, descendre deux étages, passer un sas, deux grilles, longer deux couloirs, passer deux portes... dehors fumer une cigarette... et revenir

Furtive
Si je devais écrire un journal de batailles il ne serait que des répétitions.

Strasbourg
Sans Abri, chaque minute marque vos chairs et nourrie les divagations. La dérive donne parfois des fruits du hasard.

Strasbourg
Je ne veux rien endosser de vous. Ni cautionner. Tourner mon regard vers mes compagnons de galère et ceux de la poésie. Voilà tout. Je vais continuer d'avancer avec mes petits cailloux. 

Sans-abri
Éveillez une compassion furtive, de surface et de bon ton. Notre créativité, nos résistances inventives, nos compétences, nos partages, nos solidarités emplies de douceur, sans calcul, sont un exemple à suivre. Mais n'intéressent que les marchands. 

Les associations
Pour moi les assoces c'est terminé. J'en ai assez. 

jeudi 9 mai 2013

Strasbourg Semaine 10


Jean D
Le poète n'est pas absent, il n'est plus là. Je voudrais vous dire. Les mots battent de l'aile. Ils restent figés. C'est par le poème que nous trouvons nos coïncidences et à nous-mêmes que nous restons absents. 

Strasbourg 2014
Les anges eux?. Vos enjeux ne sont pas les nôtres, nous ne faisons que vivre. Et si vivre pour nous, n'a pas de prix, ce n'est pas monnayable. L'obsession de la vie. 

Suicidaire 
C'est à la racine que je suis brisée. Je ne cours pas sous l'orage car ça ne le fait pas s'éloigner. Avis aux suicidaires ; attention, il pleut des cordes. 

Binôme 
Me voici devenue plusieurs. Je suis binôme. Deux en lutte, l'une en colère, l'autre qui rêve. Vivre ses plusieurs, désarmer la voix intérieure qui vous souffle l'abandon. Je vous abandonne ces mots, ils ne m'appartiennent plus, ils ne sont plus à moi. 

Strasbourg Pollution
Une bouffée d'air après l'autre il va vers l'étouffement. Il se faufile dans les ruelles étroites, s'éloigne des échappements. Il enfile les voies sur le fil d'une vie flageolante. Tapie dans l'ombre de ses poumons la fuite peut-être. Survivre parmi vous ; vivre au milieu de rien. 

Audience
Des bouts de phrases parsemées de silences. Ça vous claque, estomaque. "J'ai bien compris que pour beaucoup de gens je suis moins qu'un chien". Sensation. Parfois écrire me ramène dans le parking du quartier gare. Ils lisent dans mes yeux. Peut-être pas. 

Strasbourg
Les sans-abri. On les ausculte, les libère, les entrave, les abandonne, les soigne, on les fait parler et mentir, parfois et puis on les oublie... Nous aussi on a besoin de rêver. Au propre comme au figuré. Yeux qui s'embrument......souvenirs qui remontent.....

vendredi 3 mai 2013

Strasbourg Semaine 9

Le monde
Le monde est à la distance idéale, celle de ma myopie et lunettes égarées. Demain est-il à-venir ou simplement un jour qui vient s'ajouter. J'ai l'impression que nous vivons accrochés à des hypothèses. 

Strasbourg
Nous sommes là où tu ne regardes plus. Viens est une route étroite. Trop d'évidences dont je n'ai pas envie. Plus envie. Le monde s'accroche au vide, la vérité se fait furtive. J’ai perdu la foi en l’amour. Pourquoi se lever puisque le monde est à ras de terre ?.

Tram 6 heures
Il dort d'un sommeil agité. Soudain s'assoit et râle, tente de se redresser, retombe. Les gens ont peur et s'éloignent. Je m'inquiète de lui, de ce qu'il a avalé. Les sans-abri copains me rassurent "ils gère". Il va faire autant de fois que nécessaire le tour de la ligne. Juste de quoi tenir debout et aller. Allons-y. 

Strasbourg
Vais-je me lancer dans le nettoyage des vitres. Voir, regarder à travers une vitre. Il reste toujours des traces parfois invisibles à l'oeil. Le vrai est pesant, la vérité s'est égarée dans vos coulisses tortueuses. Où est le drôle?.  

Effacement
La rue c'est l'absence. Une douleur qui au fil des années se transforme. L'absence devient préférable à toute compagnie. On ne meurt pas de la rue, on disparait, on s'efface. On se gomme sur l'asphalte. 

Strasbourg
Et c'est l'absence du monde qui se cache dans mes phrases. Je préfère porter en moi la contradiction. Tu combats dit-elle. Laisse moi suivre le vol de l'oiseau qui m'entraîne au-delà des nuages. Et si on faisait des plans sur la comète. Seuls les imbéciles ont des prétentions sur un réel changement. Changer le futur lorsqu'on ne peut le percevoir est le cadet de tous nos soucis. Il y a l'expérience vécue et il y a les discours. 

Strasbourg 
Hier soir j'ai ri. Trois fois, exactement. Ça m'a fait un drôle d'effet. C'est un fait. J'envie parfois les gens qui ne se rêvent pas ailleurs. C'est la poésie qui fait barrage à mes larmes. Je ne sais toujours pas à quoi servent ces phrases en semaine. 

mercredi 1 mai 2013

Strasbourg Semaine 8

Quand même
je veux pas dire mais je vais le dire quand même, les cons, ça coupent l'herbe ou ça broutent ou les deux. Et l'angoisse d'une nouvelle oppression comme avenir. 

Tiens on est mardi Strasbourg
J'étrenne ma tasse rigolote. Une moitié du ciel est bleue. Petite mon père m'achetait des surprises au bar tabac épicerie boulangerie. Rose. Un jour j'ai demandé une bleue. Il me semble. 

Strasbourg
Solidarité négative, réseau de connivence, ennemi par essence, tout est fait pour empêcher l'autre de s'exprimer. Mon clavier est un cannibale qui avale tous mes mots. 

Strasbourg
Quand il fait froid et que je marche la nuit contre un vent glacé, j'entre dans une zone d'incertitude. 

Strasbourg
Il pleut. Passante dans une vie qui passe. Je lis ce qui me tombe sous la main, je feuillette, je survole. Mes yeux sont libres. Chaque jour je marche dans mes pas de la veille. Les souvenirs peuvent être indiscrets. 

Strasbourg
Peut-être que le réel attend de pouvoir se poser?. N'est-ce pas étrange de tenter une écriture légère sur les sacs de plomb des sans-abri?.

Strasbourg
Ciel clair, températures clémentes, pas de vent. Les chats sont à la fenêtre. Du parc de jeux montent des cris et des rires d'enfants. 

Strasbourg Semaine 7

Lundi (seulement)
C'est en m'effaçant que je me protège des préjugés, du mépris et des haines qu'ils engendrent.  Il y a des moments où il vaut mieux éviter de penser. Parce qu'il vaut mieux ne penser à rien.

Transparence SDF
Nous sommes trop nombreux à avoir la transparence de fantômes. Entre existence et inexistence. Les passants nous ignorent comme un terrible avenir possible. Parfois c'est préférable à la pesanteur de la chose publique. 

MédiasCredi
C'est dingue ce que le système médiatique peut enfanter comme imposteurs. Je vais me coucher sur le vide des mots reprit par les élus de la république. 

Strasbourg et partout
Saturation à tous les menus. La bête immonde s'écoule sur le monde comme une lave et nous recouvre de ses cendres noires. Sommes-nous impuissants, sans recours?. 

Strasbourg
Nous sommes en train de devenir la nuit au rêve usé. Il y a des seuils à ne pas franchir, des maisons à éviter, des lieux à bannir, des mots à taire, des silences à colorier. 

Strasbourg
Le monde sombre sous nos regards médusés. Nous voici transformés en décérébrés mécontents de tout. Il me reste le rien en refuge. 

Demain
On verra bien, je vous dirais. 

Strasbourg Semaine 6

Fatigue
Trahisons, mensonges, aveux, violence, vacarme, qui m'enferment dans le silence. Ce temps qui passe de l'hiver à l'automne et l'hiver qui revient, ça ronge le moral. Le temps passe. Il passe et je m'efface un peu plus. 

Strasbourg 
Écrire rien, sur le rien de Strasbourg, mais rien ne vient. Viens. Trop d'impressions et de pages blanches. Un jour, les choses ne seront plus mais cette ville ne veut rien avouer. 

Tram 
L'ombre du sans-abri s'accroche à ce trottoir qui l'accueille chaque jour après jour après nuit. Il entre le dernier dans le tram. Il parle, le silence l'écoute. Entre chien et loup est le bon moment pour s'effondrer dans le caniveau. Avec lui je peux tomber ma carapace. 

Ailleurs
Un jour ou peut-être une nuit j'irais ailleurs. "Un jour peut-être une nuit, je m'étais endormie, quand soudain… ", je chantonne en moi même. Je suis plusieurs et je fredonne. Mes deux sont en lutte. Je peux mélanger les fredonnements. 

Femmes
Je rencontre régulièrement des femmes merveilleuses, peu d'hommes. Je suis à la Semaine 6 et je ne sais pas à quoi ça sert. 

Strasbourg
Il fait beau, le soleil est là et moi je me dis que ça ne va pas durer. Zut. Et voilà, il pleut. Il fait beau. Une averse. Même le temps est devenu fou. Pierrick dit que je piaffe, c'est quoi piaffer, je ne sais pas et je me tais. Je piaffe sans savoir. 

Strasbourg
Je vais te quitter Strasbourg, tu ne fais aucun effort. J'aime Paris, j'aime Toulouse, J'aime Grenoble, j'aime Strasbourg. 

Strasbourg Semaine 5

Strasbourg
Les hommes marchent, le vent souffle, les arbres font la danse de la pluie. Il y a aussi du silence dans la tempête. 

Strasbourg
Je ne sais pas qui a tué l'aventure ni pourquoi à sa place on nous a fichu la mésaventure. Le plus triste dans la mort d'un sans-abri ce sont ses années de survie. C'est la vie. 

Même si
Si l'hiver s'accroche à nos guenilles, un jour prochain les Magnolias fleuriront quand même.  

Strasbourg Monde
C'est bien le même monde, la même ville. Je suis parfois bien obligée d'y croire. Mais il y a ce que je vois et des montées de larmes a étouffer. J'étouffe. 

Tram
Grégaire primaire chacun devient quelqu'un d'autre on est seul en nous-même. 

Fin de semaine
Mes pensées traînent autour du week-end qui commence, sans idées précises. Le froid. Ici on peut mourir de la misère sans que personne ne s'y intéresse, pas même la justice. 

Strasbourg
La vie passe comme l'eau calme d'une rivière dont on ne voit pas le fond. Parfois il est plus facile d'étouffer que de respirer. On ne peut pas se pendre à une question. 

Strasbourg Semaine 4

Strasbourg
Par delà le vent rien au levant pas même un regard à naître. Les envergures contre tous mènent droit dans le décor.

Calmement Indifférent
Le soir est là comme chaque jour qui décline, s'incline. Les phrases comme les jours sont fragiles. Un être humain normal fouille les poubelles à la recherche d'une maigre pitance.

Strasbourg
Un soudain et furtif rayon de soleil. Deux secondes. Je suis contente encore plusieurs secondes après.

La disparition
Nous plonge dans un abîme sans fond - les souvenirs s'effacent et les histoires ne racontent que des histoires. Tout ce que l'on fait pour tromper l'attente d'un futur déjà présent s'écrit au passé. Composé. Épars - mal assemblé - décousu - dépareillé - le monde.

Strasbourg
Des étudiants Erasmus de … NewYork dans le tram. Chut j'écoute. Je profite.

Quelque(s) chose(s)
J'ai enfin accepté mon indifférence à vos bruits. Le refuge refus à entrer dans votre monde. Je ne sais pas pourquoi l'indifférence me semblait impossible. Il y a plein d'étoiles dans le ciel ce soir. 

Lapsus.
Se tenir, s'en tenir à une incertitude. Je fuie le vacarme et je regarde les vies des sans qui s'éteignent. S'arrêtent. Des vies s'arrêtent. Et moi, j'ai parfois des chansons idiotes qui s'arrêtent dans ma tête.