dimanche 6 juillet 2014
lundi 9 juin 2014
haines
une rumeur
et puis, c'est une réalité
mais l'attente
encore attendre
on entre pas en résistance, on suit ses valeurs, une évidence
l'engagement sur un NON
un refus
simplement
nous sommes dans la catégorie des gens qui doivent disparaitre
attendre
garder l'espoir, survivre, garder sa dignité
lever la tête
construire sa vie
rester vigilante
construire sa vie d'après
les symptômes sont visibles
hiérarchiser les races, les hommes
le mépris de l'autre
il est là le mal
la haine de l'autre
ça peut recommencer
indignez vous
aube dorée
que sont ces ombres - où vont les cris d'insoumis - ne rien attendre - passer des seuils - puis passer l'oubli - un feu se répand dans la ville en fête - une éclaircie factice offerte - le peuple endormi ripaille - le souffle noir s'étale - le poison s'infiltre dans un chant - un jour, dans une aube dorée, se réveillera enchaîné
identitaires
Ils érigent de vieux murs - des blocs aux souvenirs brûlants - éparpillent leurs idées nauséabondes - comme d'autres des pétales fanées - qui rejoignent l'éphémère
mardi 3 juin 2014
tu n'es plus !
tu n'es plus qu'un fil de questions, d'attentes, d'impossibles, de craintes - une petite souffrance qui vient en ressac et va - va et vient dans une boucle - tu n'es plus qu'à exaucer la marée - le sel en bouche et en regards voilés - a ressembler à la folie on y oublie la soif -
lundi 2 juin 2014
trancher
détacher un à un les pétales - sur le sol viendront se poser - nul autre lieu en pensée - disparues les poussières - au seuil du jour, rien - peut-être, rien qu'un songe - aller au plus simple -
prendre aube
prendre ses inquiétudes et les placer au fond du tiroir, petite chose narquoise, constater qu'elle est à bout de souffle, rétrécie, usagée et qu'elle peut finir par la fenêtre
prendre avec d'autres mots, que l'on sélectionne dans sa tête, l'objet de l'inquiétude, se déplacer, s'en écarter, regarder les bienfaits de l'éloignement, de la rupture
prendre des routes, prendre le sentier de l'avenir, la douceur du matin, la caresse du vent, dénouer ses cheveux, s'allonger, regarder le ciel y retrouver l'enfant qu'on a été
dimanche 1 juin 2014
parler vrai
parler vrai
Ça ne vous a jamais traversé l'esprit, à la lecture de certains profils FB, de vous dire "tiens, je le croyais de gauche ou de droite ?" .
Facebook à ceci d'intéressant ; voir qui se mêle, qui se mélange, qui rigole de tout et de rien ensemble, qui partage des idées, avec qui je sors et organise des bouffes, …Et puis vous voyez aussi comment, dans quelles conditions ces gens là vivent.
Ça ne vous a jamais traversé l'esprit "que ce qui les réunis le mieux, sont leur condition sociale, le fric" ?.
Moi j'aime bien la page FB de ce type qui chaque jour te propose une haine, une insulte à cliquer. Et ça marche, il a sa petite côte, ce qui le pousse à continuer. La connerie ça marche bien.
Le fait que certains viennent cliquer, poser une crotte, juste pour l'exiter et histoire d'en rigoler après est assez croquignolet non ?.
Aujourd'hui j'ai repéré une nana qui se réjouit sans le dire franchement de la montée du FN. Vue le nombre de personnes qui cliquent … Madame De n'est pas courageuse, elle préfère lâcher son chien fou, celui qui a son "franc parler"… Si si, le franc parler qui consiste à parler sans réfléchir et à lâcher des paquets de merde. Mais Madame de va aussi te mettre des chansons au titre évocateur. madame de insinue et s'infiltre.
Sacré lui. Voilà que lisant le statut d'un type dont le cul est a lécher pour des raisons de pouvoir il se rend à une manif anti-fn. Lui qui n'est que bêtise et médiocrité. Lui qui dit sa haine des Roms et des étrangers. Passer du lâché de bottes à lèche cul, apparemment c'est people.
samedi 31 mai 2014
Lignes brisées
Lignes brisées - ligne de confiance - de conduite - d'enchantement - chercher des courbes - se redresser - se confondre - chercher des arrondis - faire le dos rond - attentes - fragments d'un monde vivant - caresse du vent - unique - monde frémissant - surfaces - en surface - Nous vivants -
lundi 26 mai 2014
matinale
J'entends souvent qu'on ne peut refaire le monde. Bon, alors à quoi bon en parler. Nous n'avons qu'à nous jeter dans les bras de l'humain et du sensible en ignorant les haineux.
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On parle de "Jouir de la vie" et je me demande si ils "jouissent dans la haine" ceux qui n'ont que des paroles brunes ?. Ceux dont la voix n'est que flaque de boue que le soleil assèche et le vent balaye. C'est une drôle de merde la vie du sot. Jamais à la hauteur du genre qu'il se donne.
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La langue-morte-cercueil-bruit-bottes-brune-bête-… et la poésie comme étincelle.
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Faire face par le verbe à la bêtise du suffisant et à la haine médiocre du benêt. Donner à n'importe qui le veut à lire une langue concernée qui ne peut se résoudre à étouffer libres parole et pensée.
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Tout m'agace
mercredi 23 avril 2014
le vent rêve t-il sous le ciel ?
des heures nues
et que rien ne demeure
comme sans plus
un fracas ou rien
une faille à soit
sans mémoire de qui fut
dans le soir né du matin
un miroir d'eau calme
un écho immobile
effacer l'heure passée
qui n'atteint pas
sans un détour
balayée par le vent
repoussant les poussières
l'intervalle et ses ombres
le vent rêve t-il sous le ciel ?
ne fuyez pas
Voyez-vous, je peux, dans ce puit de mélancolie qui est mien, trouver encore, parfois ... non, par moment, trouver, une certaine tristesse ... à tout... allons, ne fuyez pas. Écouter le chant de la mélancolie ne vous oblige pas à en porter l'habit... Et la tristesse est si douce à côtoyer. Je vous l'assure, je la connais bien.
dimanche 6 avril 2014
L'homme du campement
Il avait décidé qu'il vivrait là quand même.
Sur cette bande de terre, en bord d'autoroute.
Dans une cabane qu'il a apporté morceau après morceau,
Sur son dos courbé par la charge.
Il est toujours affairé à quelque chose, à une survie fragile.
Mais il continue, par habitude en somme,
Il consolide, il renfloue, il répare, il bâtit.
On ne lui propose rien à lui ou pas encore.
Il sait que tout ce que l'on construit peut être détruit.
Mais il garde le goût de vivre.
©Mo.Maitte
samedi 22 mars 2014
J'étais à Paris le 18 mars pour saluer les personnes mortes dans la rue et rencontrer des survivants
J'étais à Paris le 18 mars
On m'a proposé d'aller à l'hommage rendu aux personnes mortes de la rue et je me suis laissée convaincre. Il faut dire que c'était proposé par quelqu'un que j'avais envie de voir, que je crains de ne pas croiser assez souvent, car nos vies sont trop remplies et éloignées géographiquement.
Même si ce fut un peu dur d'un certain point de vue des émotions-réflexions, bien m'en a pris, entre autre pour les rencontres avec des copains d'un peu partout en France. Cette journée était un fleuve d'espérance qui coulait entre deux lâchés de noms de personnes disparues.
J'ai découvert l'émotion lâchée, la sensation vivante, caracolante, sans bride, ni retenue. Moi, je me suis bien retenue en arrivant. J'ai un peu salué, je me suis un peu approché, je me suis tenue à l'écart, j'ai regardé, j'ai observé, j'ai beaucoup écouté.
Je n'ai pas compté le nombre de fois où j'ai reconnu un inconnu comme étant des miens, comme pouvant "être" de ma famille. En es-tu, moi j'en suis. Nos instants d'une vie particulière. Je devine la trace en moi, je la sens vivre ; le syndrome de l'empêchement à se livrer facilement, à se laisser aller. J'ai besoin d'intimité, dans toute cohue je cherche le silence pour pouvoir me lâcher après. Il y avait Patrick Perret le photographe venu de Marseille. Il est jovial, sympathique et abordable. Mais lorsqu'il saisit son appareil photo il est dans son prolongement. Concentré, méticuleux. Il devient, silence. J'ai aimé l'observer. J'ai remarqué Kévin après son témoignage. Une boule d'amour à faire éclore. Je l'ai entrainé à boire un thé histoire de se retrouver.
Les Toulousains. J'avoue de ne pas les avoir trop quitté des yeux, dès mon arrivée sur la Place je les ai reconnus. Eux c'est moi, c'est la famille. Peut-être pourrai-je en dire plus à un autre moment.
La suite plus tard.
Au fait mes amis, c'est le printemps et j'ai survécu.
Pas de carnet en main. Je n'ai rien noté. Il ne tenait qu'à moi d'attraper mon cher carnet et mon stylo quatre couleurs afin de noter à vif la sensation ou l'idée. Un non intentionnel, pour être là, avec mes yeux et mes oreilles, de ne pas perturber l'instant auquel j'avais le privilège d'assister, ni surtout les instants à vivre. Peut-on immortaliser l'émotion ?. Tu sais Patrick, un peu comme si, mes meilleures photos seraient celles que je ne prends pas.
Pas de carnet en main. Je n'ai rien noté. Il ne tenait qu'à moi d'attraper mon cher carnet et mon stylo quatre couleurs afin de noter à vif la sensation ou l'idée. Un non intentionnel, pour être là, avec mes yeux et mes oreilles, de ne pas perturber l'instant auquel j'avais le privilège d'assister, ni surtout les instants à vivre. Peut-on immortaliser l'émotion ?. Tu sais Patrick, un peu comme si, mes meilleures photos seraient celles que je ne prends pas.
Il s'est trouvé que je me suis sentie heurtée, bousculée par quelqu'un. Ça m'arrive fréquemment. Paradoxe. On me dit "violente" et il m'arrive de le croire, pourtant je fuie la violence dès que je l'entrevoie chez l'autre. Philippe a fait rempart sans le savoir, en étant là. Une masse de douceur, de lenteur, fort agréable dans cette journée marathon comme disait Cécile. Philippe et ses anecdotes, comme autant d'anicroches. Accroches. Il a des images d'hommes formidables avec lui. Qui va lui dire à lui ?.
Sacré Dédé. Tu n'as pas beaucoup parlé. Il y a pas mal d'énergie en toi, elle s'exprime dans le groupe. J'ai suivie la presse lorsqu'elle écrivait sur "SDF Sans frontière". Mince, vous voilà. Quoi de mieux que le groupe, que la famille. Nous sommes une famille recomposée, une famille formidable, …
La suite plus tard.
Il y a des instants, des partages qui méritent de rester dans l'intime.
Il y a des instants, des partages qui méritent de rester dans l'intime.
Un lien à lire : http://mortsdelarue.org/spip.php?article227&var_mode=calcul
dimanche 23 février 2014
questions
où vont les voix de ceux qui ignorent ?
vers quel fleuve glissent les flots de boue des irascibles ?
qui arme ceux qui cisaillent les ponts vers l'autre rive ?
tristitude
la trahison
efface le chemin paisible
qui se dessinait
elle te ramène à la rue quittée
et efface de sa brûlure
le possible
qui devient une image floue
faite de riens innomés
alors, le temps file désoeuvré
tu regardes le monde se colorer
d'une palette à peindre vide
samedi 1 février 2014
être
être
immobile et errant
la main ouverte
être
une herbe sèche
une trace à dessiner
être
l'absent à retrouver
le jardin désert
être
de ce ciel bleu
une note claire
être
quelque chose
quelque part
être
une marée d'étoiles
et poursuivre le vivre
samedi 11 janvier 2014
jouer
Le dire sans parole
des paroles sans voie voix
le monde bascule dans le déni
dérisoire
un vide de fracas
le dire comme la pierre
comme les arbres dénudés
comme l'ébauche d'un devenir
retourner à la nuit
attendre l'aube
un rêve pointe l'envie de jouer avec les ombres
jouer
dimanche 5 janvier 2014
...
Il y a des ombres qu'on ne peut affronter.
Des chemins de retour qu'il nous faut arracher de nos pas.
Des chemins de retour qu'il nous faut arracher de nos pas.
L'oubli
Où sont passés mes rêves à moi ?
Où sont passés mes rives à moi ?
Ni rive, ni rêve.
J'ai tout laissé un jour,
Un jour.
Un jour j'ai oublié le fardeau.
Oui. Là.
J'ai repris la marche, les mains vides.
Je suis devenue flottante.
Rien.
Rien pour abandonner tout.
Rien que le soir ne réveille.
Rien qui ne me poursuive au matin.
Tout.
Ce tout de vivre, enfin.
En silence au-delà de tout.
dimanche 29 décembre 2013
mon coin
c'est un coin de la ville oublié
un endroit secret
un interstice où se poser, se délester d'un barda trop lourd
un endroit ou se délivrer de tout ce qui oppresse
de tous ceux qui assènent des jugements sur la vie
c'est là, où je bois un dernier coup de liberté
là où je respire le vent
un endroit à l'écart des litanies, de tous les interdits
un coin en friche comme votre monde,
qui déborde de cartons humides et de gravats
mon coin
un interstice où se poser, se délester d'un barda trop lourd
un endroit ou se délivrer de tout ce qui oppresse
de tous ceux qui assènent des jugements sur la vie
c'est là, où je bois un dernier coup de liberté
là où je respire le vent
un endroit à l'écart des litanies, de tous les interdits
un coin en friche comme votre monde,
qui déborde de cartons humides et de gravats
mon coin
samedi 28 décembre 2013
la poésie
La poésie c'est une façon de survivre comme une autre. Accepter que nous ne sommes pas grand-chose et qu'il faut vivre ; ce n'est pas rien. Et ce n'est pas forcément le plus facile.
vendredi 27 décembre 2013
creux
se caler dans un interstice
envelopper son corps encombrant
pas vraiment mort ni vivant
souffler le froid comme un dernier souffle
l'extirper de nous
immobile sous l'amas de chiffons
la ville obture ces endroits serrés
coins refuges pour nuits agitées
sommeil aux aguets
il y a des nuits sans lune
des nuits sans étoiles
nuits parfaites pour chasser la tyrannie du lendemain
pas vraiment mort ni vivant
souffler le froid comme un dernier souffle
l'extirper de nous
immobile sous l'amas de chiffons
la ville obture ces endroits serrés
coins refuges pour nuits agitées
sommeil aux aguets
il y a des nuits sans lune
des nuits sans étoiles
nuits parfaites pour chasser la tyrannie du lendemain
jeudi 26 décembre 2013
dire regarder être
Dire
le plus simple des mots
s'éloigner des phrases
donner de la voix frêle
Regarder
le vivant sous l'écorce
la nuit comme un éveil
le jour sans un regret
Être
une mer sans lame en retour
Comment
vivre dans un monde égaré
marcher sans soulever de poussière
Ciel
Tous mes feux ont brûlé
la flamme passe
le rouge éteint la nuit qui s'efface
l'aurore flamboie
le vent plisse le voile de pluie
un ciel
palette colorée
et le bitume puant use nos souliers
et la rage de surface lâche ses péts de claviers
et
ciel
et
la cendre
une vie brûlée
et mes pluies transpercent les nuages
la flamme vacille
et la rivière de tristesse gelée
et
le silence s'enracine
lundi 23 décembre 2013
qu'importe le lieu
Tout est à soi
se poser
qu'importe le lieu et le temps
le regret a perdu son ombre
et la nuit même longue laisse échapper son jour
de ce lieu, songer à s'élancer
l'errance effroyable transformée en matins d'hiver
le soleil calé aux fonds des yeux
être - seulement là et vivre
ce n'est qu'une autre rive
se poser
qu'importe le lieu et le temps
le regret a perdu son ombre
et la nuit même longue laisse échapper son jour
de ce lieu, songer à s'élancer
l'errance effroyable transformée en matins d'hiver
le soleil calé aux fonds des yeux
être - seulement là et vivre
ce n'est qu'une autre rive
de tout et de rien
de
tout de vivre
rien
ne
possédant que des entassements
de
tout et de rien
et
les nuits qui s'enfilent
et
les aurores embrasées
éphémères
les
enfants en nuées, avides
ce
rien
posé
sur une branche d'aurore
vacille
et se tend vers les cieux
ce
tout de vivre
ce
peu bat d'un seul élan
mon
coeur usé s'arrime
d'un
fil, d'un tout, d'un rien
lundi 14 octobre 2013
c'est bien ça, j'aime
http://collectifesors.wordpress.com/2013/10/14/dan-ma-tete-cest-comme-un-escalier-dont-quelques-marches-manquent/comment-page-1/#comment-148
samedi 28 septembre 2013
je vais et je viens
Je vais et je viens, entre rêve et raison. Je ne sais toujours pas comment garder le fil qui me ramènerait à la poésie dès la fin de journée venue. Une fin de journée qui serait le commencement d'une autre. Comment passer d'un état à l'autre, comme je prends un train. Je m'engage parfois à tapoter sur le clavier comme on prend un chemin inconnu, non balisé.
matin
Je n'ai aucun poème sur le coeur, pas une pensée qui s'amarre dans ce matin noir. Le passé est silencieux et le réel inaccessible. Il y a des manques que la poésie ne peut combler.
vendredi 27 septembre 2013
le monde
et même en restant à l'écart, en favorisant le silence, on est touché, blessé, par les vagues d'informations dévastatrices
et chacun y va de ses phrases scalpel qui cisaillent nos chairs, entaillent le réel, dépècent la réalité sans retenue
et il n'y a personne pour se glisser entre des oppositions de convenances, pour amener un peu de sagesse
samedi 17 août 2013
quelque part
... je pense à aller voir la mer ou l'océan, en période de tempête et ôter ce goût de terre dans ma bouche …
Aller ailleurs
Plus loin
je partirais dans un lieu dont je ne connais pas le nom
Quelque part
je m'inventerais un commencement,
je serais d'ici et d'ailleurs en même temps
Aller ailleurs
Plus loin
je partirais dans un lieu dont je ne connais pas le nom
Quelque part
je m'inventerais un commencement,
je serais d'ici et d'ailleurs en même temps
l'oubli
et tes yeux cherchent des yeux
ta main se tend
et commence le voyage immobile
tu lèves la tête
mais les yeux se détournent
ta voix est silence
le cirque du mouvement continue
la ville nous plonge tous dans l'oubli
le temps
Le temps traversé n'a laissé que poussière,
L'inaccessible et l'impossible derrière nous. Et de l'enfance en soi, qui ressurgit ici ou là.
La vie c'est toujours demain.
vendredi 16 août 2013
muséee - ombre
chaque ombre est un avant
qui reste ancré en nous
comme la peinture au bois
qui, par touches de visible
lie les horizons fragmentés
vendredi 9 août 2013
La bien pensante
Une fois encore, se cogner aux portes de l'humiliante,
Se heurter au vide amer, fielleux de la bien pensante,
Lutter contre l'envie de céder, de rompre le silence,
Se coucher et se draper du plaisir de son absence.
J'écris
J'écris car vous me réduisez à un espace trop étroit dans lequel je suis pliée, repliée, cassée en deux, tête basse, épaules rentrées, voutée.
J'écris car il y a trop de choses en moi, car je crains que votre vide ne m'avale et m'empêche de voler avec les libellules.
251 ou 2159 quelle importance
Ils ne meurent pas tous, mais tous disparaîtront lentement, aujourd'hui, demain ou plus tard.
On ne les voit pas vivants et leur mort enterre aussi l'aveuglement du monde entretenu par la peur.
La rue, les avale pas à pas et les silhouettes dans l'encoignure, sous le porche, s'éteignent une à une.
Comptabilisés, mais sans compter vraiment pour quelqu'un, perdus entre la réalité et la projection.
mardi 6 août 2013
Un monde clos
Ils vivent dans leur monde à contours clos, avec la conscience sourde, que ce n'est pas le monde. La question de ne pas être du monde pleinement les effleure et passe comme le vent. Alors ils s'inventent des états de liesse, des petites angoisses, de quoi se sentir vivant. Parfois ils regardent au-delà de leur ligne mais sans lâcher leur miroir des yeux. Leurs paroles ne reçoivent en réponse que des paroles identiques, comme si rien ne vivait de l'intérieur.
solitaire
Je marche
à ma rencontre
j'avance ainsi le regard indifférent
aux images et aux sons distordus
par vos appétences insatisfaites
rien n'est clair
tout est fragile
c'est de là que mes angoisses vacillent
Non lieux
Ici rien n'est lisse, personne n'est indemne. Nous n'habitons pas ni ne possédons. Nous stationnons parfois entre des intervalles, des croisements. De ces non lieux nous vous offrons ce vacillement constant qui s'oppose à la stabilité pourtant fragile de votre monde. Nous confrontons nos évidences aux vôtres. Ici même l'écho est instable et miroir déformant, mais l'humanité qui en émerge se présente toujours dans son simple appareil.
lundi 5 août 2013
À mots nus
Il me fallait choisir, être hors de moi ou sortir de moi-même.
Je suis ma propre matière que je travaille à mots nus.
Je m'éloigne de mes larmes et j'amarre mes chagrins,
Comme autant de voiles qui me portent au loin.
C'est d'ici que je vogue vers l'ailleurs libérateur.
Chaque jour, je me lève avec le soleil que je salue.
Chaque jour, je me lève avec le soleil que je salue.
Dépression
J'ai traversé le désert sans bouger de là.
En situant le point de départ ; une année.
Un an à tenir tête, à ne pas lâcher ma ligne, à rester active, à me filer des coups de pieds au cul inutiles.
J'ai pris du temps aussi. Pour respirer plus calmement, pour avancer sur le fond de ce désert, réfléchir, mesurer. J'ai mûri.
Le tragique n'est pas dramatique, c'est juste la vie.
Des pressions de rêve
Dans le silence de mes murs, je travaille sur la langue et les mots.
Un mail parfois va me mettre la pression. Je mange alors un sorbet.
Je suis plongée dans un entre deux mondes que j'affectionne.
Je travaille dans le silence et dans l'attente. C'est l'attente qui mène au rêve.
samedi 3 août 2013
À force
Hors de l'ici et du maintenant. Partage sans écho.
Le silence entretient et cajole nos persécutions.
À force tu finis par te dire puis par comprendre
qu'il y a des gens qui sont solidaires des inégalités.
Eux
D'eux on ne connait rien. Ils sont là dès l'aurore.
Dos posés contre le mur et mains tendues.
D'eux on ne veut rien savoir
Même si l'on peut deviner l'épuisement des corps.
Nos oreilles, nos yeux sont détournés par la vie de la ville,
Et l'on reprend nos marches de l'oubli.
Se poser
Se poser dans le silence, se murer et se dire
en reprenant la marche que l'on peut survivre
à l'assèchement des larmes, à l'irréductible,
À ce phare qui toujours devant nous s'esquive.
L'être
Lorsque l'être humain vit encore au fin fond de l'exclusion,
toute son énergie est dans son ombre.
Immense, droite, ancrée aux pavés.
Elle est sa force de vivre, sa dignité aussi.
Chacun va sa vie et ses impasses.
Nous sommes tous dans le caniveau
Mais certains d'entre nous regardent les étoiles.
Hébergement - Un instant
Une étape halte trop brève.
Passé le seuil très vite reviennent, les cris, les odeurs, la violence de la rue.
Le corps renaît sous le filet d'eau attendu et vacille de ce bien être insolent ressenti.
Ce reflet de buée ; un instant d'encore pour y écrire un mot, y tracer un signe.
Un signe de vivre qui s'efface.
Ombre
Le vent, les arbres et le silence qui se pose sur le silence.
Un ciel d'été qui distord la vision, l'horizon a disparu.
Un vide. Un immense flou. Aller sans dire.
L'erre du corps lourd sur l'asphalte brulante.
Avancer vers l'énigme du vivre.
Un passage que recouvre l'ombre.
samedi 27 juillet 2013
Strasbourg Semaine 19
Strasbourg - Le monde
Les plus pauvres et les pauvres sont maltraités à chaque souffle de leur vie. Leurs enfants grandissent à l'ombre des immeubles, sous le regard des dealers et de la compassion organisée.
La mort vit en nous
N'être pas retenu par des racines dans ce cours du temps qui file. Moi j'ai des souvenirs. Jeune j'ai marché dans les chemins du maquis. Aujourd'hui, nous sommes comme suspendu entre révolte et dépression, entre désir d'émancipation et résignation désenchantée. J'ai vu mourir notre combativité.
Refusons
Et si on refusait cette société qui nous divise, nous communautarise et nous assassine à petit feu?. Tout simplement. Et si, on jetait le mal nommé, calendrier social et descendions dans nos rues avec pour seule idée d'être ensemble, là, à un moment que l'on se donne. Et si on refusait la maltraitante d'État ?. Tiens, je vais reprendre du sorbet, ça ne se refuse pas.
Acceptons
Notre part de laisser aller, de laisser faire que nous abandonnons aux manipulateurs de haine. Acceptons d'avoir baisser les bras, de ne plus donner à nos enfants le goût d'apprendre, le découvrir. Relevons la tête. Réinventons le mouvement, un quelque chose qui ressemble au monde dont nous rêvons, et pour lequel nous résistons maladroitement.
L'écho des souvenirs
Tu te tais tu t'atterres tu regardes le ciel tu respires tu avances tu te poses tu bifurques tu sais tu doutes alors tu recommences tu continues tu te tais… Le silence te suit t'enveloppe et te glace. Les souvenirs te poursuivent repoussent l'oubli le chasse le titille. Tu attends…
Vacances
Tu prends le large plusieurs fois par an. Train, avion, voiture. Je prends ma plume, je prends les mots. Crayon, stylo, clavier. Tu prends des photos. Je prends l'imagination. Tu fais un stock de livres. J'aligne des mots. Je m'enfuis, je futile, je fredonne aussi. Je reviens. Dis, quand reviendras-tu?.
...
Donne moi tes pas que j'y pose les miens.
Strasbourg Semaine 18
Cause toujours
La volonté de changer les choses en profondeur est absente. Je vois des enthousiasmes immenses qui se répandent comme des vagues déferlantes, pour des causes inutiles, souvent idiotes à la portée de cette société cliquante. Clic.
Strasbourg - Le monde
Il n'y a provocation que pour les imbéciles qui se sentent provoqués. Se précipiter sur l'info comme un chien sur un os à ronger, ça ne nourrit pas la réflexion, par contre ça fait saliver et baver les légions d'abrutis!
Du peu
Écrire le peu que la voix lance. Écrire peu. Du peu que l'on peut, s'élancer. Rien n'est achevé, tout est en remous et en brisants. S'accrocher, se laisser dériver, selon la furie et le sens des courants. Se laisser porter sans perdre de vue l'impossible rivage. L'incertain est ouvert.
La paix
Pour trouver la paix intérieure, il faudrait d'abord qu'on nous la foute à l'extérieur !
Complicité au loin
J'ai vu la bête en action et j'ai battu de l'âme en solitaire. J'ai entendu le silence s'abattre et je suis partie à la recherche des mots. C'est au loin que j'ai trouvé l'écho apaisant de ma souffrance affolée. Le coeur retrouve son rythme, puis le souffle. Mes yeux s'ouvrent plus largement. L'illégal fait partie de toutes nos organisations autant que le légal.
Strasbourg - Horizon
On peut se satisfaire de ce que l'on a et garder à l'esprit que le reste est à prendre. On ne montre l'autre qu'à travers ses faiblesses, ses incapacités, ses restrictions. Changeons cela, posons nos yeux sur nos qualités, nos possibilités ; sur nos horizons à partager. Chassons ces brouillards de nos regards.
Parfois
Parfois il me semble que je suis d'un autre siècle. L'herbe grasse dans laquelle j'ai si souvent refait le monde par petites touches est devenue herbe crasse. Le rêve n'a plus de goût, plus de saveur, plus d'odeur, plus de couleur. Parfois je me surprends à marmonner et à dodeliner de la tête.
dimanche 7 juillet 2013
Strasbourg Semaine 17
Fatigue
Lutter contre une injustice profondément ancrée dans la société et surtout contre ceux qui n’aiment pas qu’on en parle, parce que ça bouscule leurs habitudes. Ne pas pouvoir détecter avec précision la source de cette immense fatigue. Dormir.
J'étais là
Comme un Haïkus. Quelques mots, Le regard dans le vide, Absorbant les rayons du soleil. J'étais là mais pas sur les photos. Tout ce qui est présenté comme impossible, m'intéresse.
Réveil
Le monde m'a abandonné. Sur un bout de trottoir, jamais le même. Je garde les yeux ouverts sur un vide absolu qui n'appartient qu'à moi. Ma carcasse usée se meut lentement. Elle est plus résistante à s'abandonner au désespoir. J'avance lentement d'un point à l'autre sans destination. Je suis devant toi, mais tu ne me vois pas.
Sans Abri Accompagné
L'accompagnement social, c'est comme d'être placé en équilibre instable au bord d'une marche. On peut monter, on peut tomber. L'urgence est faite d'actions multipliées qui te plonge dans l'angoisse. Un seul mouvement mal calculé peut-être le début d'une avalanche qui balaye tout sur son passage. Nous sommes la brindille que le torrent entraîne.
Ici en partance
On s'absente de nous parfois, c'est une façon de rester là. Le retour des souffrances ne fait pas l'objet de discussions. Elles sont toujours présentes au bord des yeux. Au fil des mots. Un sourire. Un clin d'oeil peut assécher le trop humide au coin de l'oeil.
Soldes
634 euros en moyenne pour le peuple qui n'en peuplus. J'ai en les regardant me passer sous le nez, l'impression que ce sont eux qui sont soldés par tous les comptes trafiqués. Les soldes, les congés et viendra la rentrée dans le mur. Parfois, j'en ai tellement assez que je me m'emmêle les pieds dans l'envie de vivre. Contre. En contre jour. Tout contre. Là.
L'horreur
Est dans les détails. Le cumul d'insupportables. L'accumulation d'informations médiocres. Plus de temps pour la réflexion. La pensée est dirigée. C'est comme le fascisme, ça s'infiltre, ça imprègne, ça déteint. Et ça marche bien.
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