J'essaye de tenir le mal à distance
où il a touché ne peut plus s'écrire
le vivre est consumé
mercredi 30 novembre 2016
mardi 29 novembre 2016
Dégôut et des noirceurs
Son vaste quant-à-soi est bien occupé par lui même et ses maux d'aigrimaginaire ou le plaisir et le désir n'ont aucune place. Son truc c'est lui et lui c'est trop petit alors, parfois il se rapproche un temps et se lasse. Alors il fabrique l'anicroche, le truc où se faufiler et semer dégôut et des noirceurs.
dimanche 27 novembre 2016
non
j'ai parfois l'impression de devenir un souvenir dans un magasin de souvenirs, entre les tours Eiffel en plastique miniatures et les crayons publicitaires.
Le débat et son espace à débattre qui avait pour objectif de déranger de chercher la vérité n'est pas, n'est plus.
Je ne vais pas me laisser faire, ni mon nom ni ma photo n'iront pourrir dans un catalogue de ratages et de destructions
Le débat et son espace à débattre qui avait pour objectif de déranger de chercher la vérité n'est pas, n'est plus.
Je ne vais pas me laisser faire, ni mon nom ni ma photo n'iront pourrir dans un catalogue de ratages et de destructions
Déprimée
Le film a du succès
Les gens veulent m'approcher
Déprimée oui
Pourquoi ?
je ne le sais pas
Tout le monde il est gentil
Tout le monde il est beau
c’est cela qui me déprime.
Les gens veulent m'approcher
Déprimée oui
Pourquoi ?
je ne le sais pas
Tout le monde il est gentil
Tout le monde il est beau
c’est cela qui me déprime.
je dirai tout
la vie joue au chat et à la souris avec moi
Impossible d’être poète
D’être soi-même
Tant pis si personne ne me lit
Si d'autres interprêtent mal
je dirai tout
Impossible d’être poète
D’être soi-même
Tant pis si personne ne me lit
Si d'autres interprêtent mal
je dirai tout
samedi 26 novembre 2016
à sa colère j'oppose
à sa colère j'oppose
ce grain devenu si léger, le verbe coloré, le parfum d'herbe coupée, des tresses de paroles apaisées, un silence, une partition de nuages, des pensées bleues, une petite lampe pour éclairer les nuits, des rêves vivants, quelques pointes de cauchemars pimentés, une écorce fragile, une mémoire vierge, l'écho des murs abattus, ...
ce grain devenu si léger, le verbe coloré, le parfum d'herbe coupée, des tresses de paroles apaisées, un silence, une partition de nuages, des pensées bleues, une petite lampe pour éclairer les nuits, des rêves vivants, quelques pointes de cauchemars pimentés, une écorce fragile, une mémoire vierge, l'écho des murs abattus, ...
L'égaré
L'égaré s'abîme dans ses rêves
Dos calé sur un tas d'immondices
Dans les ruines du jour à naître
Dos calé sur un tas d'immondices
Dans les ruines du jour à naître
vendredi 25 novembre 2016
patience
cessez de parler de moi
posez sur mon corps une dalle de terre
semez sur elle des graines mêlées et arrosez
posez sur mon corps une dalle de terre
semez sur elle des graines mêlées et arrosez
jeudi 24 novembre 2016
Toxic
et maintenant
refaire du café, organiser la journée car je dois absolument faire ce que je repousse depuis deux jours ... et puis préparer l'intervention au théâtre, faire la promo sur les réseaux du film Rivages, soutenir en le diffusant le projet de jardin de la mcm, penser à la distribution du guide ...
refaire du café et écouter de la musique ----> https://www.youtube.com/watch?v=zqKZ_WIK5ms&index=1&list=PL6eohkPDSALvxz9JYV_76FkXsEtSjiegj
et finalement se plonger encore dans le nettoyage de ce blog, effacer, supprimer ... et faire de même sur le spectacle les perturbateurs, effacer, supprimer
refaire du café, organiser la journée car je dois absolument faire ce que je repousse depuis deux jours ... et puis préparer l'intervention au théâtre, faire la promo sur les réseaux du film Rivages, soutenir en le diffusant le projet de jardin de la mcm, penser à la distribution du guide ...
refaire du café et écouter de la musique ----> https://www.youtube.com/watch?v=zqKZ_WIK5ms&index=1&list=PL6eohkPDSALvxz9JYV_76FkXsEtSjiegj
et finalement se plonger encore dans le nettoyage de ce blog, effacer, supprimer ... et faire de même sur le spectacle les perturbateurs, effacer, supprimer
souvenir étranger
il s'est tellement effacé qu'il est devenu totalement étranger
il ne reste rien ; que des photographies qui tentent de me rappeler que c'était bien ... par moment, par anicroche... instant fugace dans des jours pleins d'ennuis et de craintes
je ne me souviens de rien et je doute même d'avoir été celle qui prenait la photographie
il ne reste rien ; que des photographies qui tentent de me rappeler que c'était bien ... par moment, par anicroche... instant fugace dans des jours pleins d'ennuis et de craintes
je ne me souviens de rien et je doute même d'avoir été celle qui prenait la photographie
penser au voyage
réveil trop tôt, tasse de café, tartines de miel
il y à des jours qu'on entame avec paresse, dans lesquels on entre à reculons, des jours qui voguent entre la nuit et le jour
penser au voyage prévu à Lisbonne et rêver, ... rêver de Palerme qui devrait être un souvenir si j'y avais été heureuse
il y à des jours qu'on entame avec paresse, dans lesquels on entre à reculons, des jours qui voguent entre la nuit et le jour
penser au voyage prévu à Lisbonne et rêver, ... rêver de Palerme qui devrait être un souvenir si j'y avais été heureuse
un éternel jadis
il n'y a nulle détresse à fermer la porte doucement sans se retourner
qu'importe ce qui s'est dit quand les mots sont sans tain
parce que toujours se sépare ce qui s'unit sans lumière
et lorsque la détresse est libre de s'exprimer
il ne reste qu'à s'envoler en silence
vers la vie renaissante
qu'importe ce qui s'est dit quand les mots sont sans tain
parce que toujours se sépare ce qui s'unit sans lumière
et lorsque la détresse est libre de s'exprimer
il ne reste qu'à s'envoler en silence
vers la vie renaissante
mercredi 23 novembre 2016
il n'est plus
chercher l'horizon derrière les portes qui se ferment et s'y perdre et perdre une autre perle de vie pour se vautrer dans sa fange aux pensées de folies destructrices
il n’est plus que cela une forme qui traverse les brumes et les ombres avec son regard flottant et flotte sur ce qui le porte à l'instant dans un temps mort qui passe sans laisser de trace
il n’est plus que cela une forme qui traverse les brumes et les ombres avec son regard flottant et flotte sur ce qui le porte à l'instant dans un temps mort qui passe sans laisser de trace
un loin seul
nulle part
nulle main
terre stérile
un loin seul
toujours à oeuvrer
dans le vent éparpiller
la trame qui fut
dissiper le peu de douceur
nier le hasard
entretenir le désert
assécher le vieux songe
il ne sait qu'aller à revenir
nulle main
terre stérile
un loin seul
toujours à oeuvrer
dans le vent éparpiller
la trame qui fut
dissiper le peu de douceur
nier le hasard
entretenir le désert
assécher le vieux songe
il ne sait qu'aller à revenir
des mots
tant de pages et tant de maux / et des mots qui s'effacent / des mots à l'économie / des mots fantômes / des mots envisagés / des mots crucifiés / aux maux qui bercent / souvenirs empilés / écorces amères / ...
personne n'est suffisant
dire une chose et son contraire, mimer des comportements contradictoires, les oublier, s'enfoncer sous des draps froissés et sales pour se fixer nulle part,
toujours découragé par tous les quotidiens successifs que l'on répète chronométrés aux variantes imposées par une lueur vite ravalée
se donner l'impression de devenir fou et l'étaler publiquement comme une excuse et une raison à n'être que vide face à l'écran
toujours découragé par tous les quotidiens successifs que l'on répète chronométrés aux variantes imposées par une lueur vite ravalée
se donner l'impression de devenir fou et l'étaler publiquement comme une excuse et une raison à n'être que vide face à l'écran
comme
Comme deux rives qui se toisent et semblent irréconciliables,
Comme une nuit opaque qui ne mène nulle part,
Comme un corps consentant,
Comme le vide et le néant,
Comme une terre stérile,
Comme un con
Comme une nuit opaque qui ne mène nulle part,
Comme dans une camisole prison,
Comme un système parfait d’oubli, Comme un corps consentant,
Comme le vide et le néant,
Comme une terre stérile,
Comme un con
lundi 21 novembre 2016
c'est absurde de vivre ainsi
j'ai l'impression que cette semaine, les journées, durent de travers, avancent en se demandant au moindre calme, qu'est-ce que je fais, attendre dans la foule du quai que le train arrive, le fauteuil voisin dorénavant vide, ... le temps de quelques minutes, pas plus, puis partir, fuir, regarder les paysages habituels, attendre que commence la semaine prochaine
dimanche 20 novembre 2016
intemporalité
intemporalité de l'amour, de la haine, de la mort au-delà de la douleur, au-delà de la solitude dans laquelle nous renvoie l'absence
mardi 15 novembre 2016
larmes de vie
Étouffer, suffoquer, se noyer dans un verre d'eau ou le boire.
Les larmes ont coulé depuis des mois, il n'en reste pas assez pour qu'elles se déversent quand est donné le "point final", pas de quoi envahir la gorge et les poumons.
Leur ruissellement continu a tari la source, un trop de larmes donne la vie.
Les larmes ont coulé depuis des mois, il n'en reste pas assez pour qu'elles se déversent quand est donné le "point final", pas de quoi envahir la gorge et les poumons.
Leur ruissellement continu a tari la source, un trop de larmes donne la vie.
lundi 14 novembre 2016
musique
Aujourd'hui 14 novembre, superbe quartet Anouar Brahem - Conte de l'incroyable amour. Dans la douceur la ferveur la beauté musicale.
Je redécouvre avec beaucoup de plaisirs Blonde Redhead - Misery Is A Butterfly qui reprend sa place parmi les souvenirs pétillants
Je redécouvre avec beaucoup de plaisirs Blonde Redhead - Misery Is A Butterfly qui reprend sa place parmi les souvenirs pétillants
dimanche 13 novembre 2016
comme une impression de ne jamais arriver nulle part
Nous regardons le monde en souffrance
et nous consolons en futilités
le monde est rouge sang
et nous consolons en futilités
le monde est rouge sang
samedi 12 novembre 2016
et dormir beaucoup
vivre une existence de comptable pour ne pas s’effondrer définitivement,
vivre dans un monde décalé où l'on façonne un autre monde,
de ce monde perdu lorsque l’on était encore un jeune homme,
revivre ce temps d'une catastrophe devenue la seule nourriture
vivre dans un monde décalé où l'on façonne un autre monde,
de ce monde perdu lorsque l’on était encore un jeune homme,
revivre ce temps d'une catastrophe devenue la seule nourriture
On est toujours un peu à distance de soi
fumer, fumer jusqu’à ce que tout s’efface
enchaîner les bizarreries comme si elles étaient des évidences
se lancer dans de très longs monologues que personne ne comprend
rendre visite aux morts
invoquer la nostalgie qui ferme les yeux au présent,
glisser d’un monde à l’autre,
être déjà mort et, vivre dans des rêves oubliés au réveil
une amnésie que l'on semble regretter
car ces rêves oubliés sont des histoires manquées
une amnésie que l'on semble regretter
car ces rêves oubliés sont des histoires manquées
désert
et ce passé, le passé décortiqué, derrière une brume opaque, artificielle,
ce passé fabriqué d'êtres devenus épouvantails ou fantômes, mais vivants, tous réunis en un seul souvenir qui fait de son vivant un désert asséché
ce passé fabriqué d'êtres devenus épouvantails ou fantômes, mais vivants, tous réunis en un seul souvenir qui fait de son vivant un désert asséché
vendredi 11 novembre 2016
j'attends
j'attends une nuit d'orages en une saison forte pour m'endormir dans un tsunami de rêves enfin apaisés
partition de sel
partition de survie mélancolique ou les cils battent la mesure de gouttes de sel
ce naufrage me fait rêver à une mort qui serait une note de musique joyeuse
ce désir de comprendre ton ombre près de moi n'était que mon humanité, trop fragile pour affronter ta sauvagerie aveugle et sourde
alors, pour avancer sur le chemin je dois simplement écarter de la main et du coeur les ronces qui l'envahissent
ce naufrage me fait rêver à une mort qui serait une note de musique joyeuse
ce désir de comprendre ton ombre près de moi n'était que mon humanité, trop fragile pour affronter ta sauvagerie aveugle et sourde
alors, pour avancer sur le chemin je dois simplement écarter de la main et du coeur les ronces qui l'envahissent
la nuit décide
la nuit décide de tout en s'égrenant dans un chapelet de tristesse
il n'y a plus que le désert qui fleurit de gouttes d'eau salées
il n'y a plus que le désert qui fleurit de gouttes d'eau salées
je l'ai échappée belle
il n’y a plus de seuils, tu as franchi le dernier
et toutes les frontières
il n’y a plus rien
que cet effacement silencieux vers l'apaisement
et toutes les frontières
il n’y a plus rien
que cet effacement silencieux vers l'apaisement
périr
dans ces nuits affreuses qui se suivent,
je m'emploie à chercher la beauté dans les mots,
mais le temps est si long et le silence ne désunit pas,
dans cette absence de lutte possible je m'invente une solidité de paille,
ce saccage ne m'appartient pas et, c'est ce qui rend la vie supportable
je m'emploie à chercher la beauté dans les mots,
mais le temps est si long et le silence ne désunit pas,
dans cette absence de lutte possible je m'invente une solidité de paille,
ce saccage ne m'appartient pas et, c'est ce qui rend la vie supportable
chimère
pas de liberté,
l'intime veille
ce qui fut aimé
aujourd'hui transformé
en une chimère en sommeil
l'intime veille
ce qui fut aimé
aujourd'hui transformé
en une chimère en sommeil
jeudi 10 novembre 2016
Garde
Garde les bons moments au bord du cœur,
que tu n'aies pas à chercher pour t'en souvenir,
quand face à toi se dressent les mauvais
que tu n'aies pas à chercher pour t'en souvenir,
quand face à toi se dressent les mauvais
mercredi 9 novembre 2016
le mal continue de pousser
quand je sombre, je prends un grand ciseau
je coupe ma tignasse sans aller jusqu'à la racine
je coupe ma tignasse sans aller jusqu'à la racine
j'étouffe
quand les mots ne sont que des cailloux qui empêchent la parole
je tombe en un silence étouffant
je tombe en un silence étouffant
lundi 10 octobre 2016
Banales Obscursiosités
Parce
que « La Nuit », je rêvasse à la mienne, aux miennes, à toutes
celles qui m’ont illuminée ou abattue, à mes nuits phares éteints
ou allumés, à mes nuits écueils, à cette encre noire, abyssale,
qui chaque jour nous ramène à l’amniotique océan.
Me
reviennent alors et d’abord, les nuits noires de mon enfance,
réelles ou imaginaires, mais noires, toujours noires. Les monstres
du placard que personne ne voyait, les
guerriers qui descendaient de la tenture accrochée au mur, la
maladie du Papa qui attendait toujours le soir pour hurler et criser
plus fort, cette mort flânante, que j‘évitais en allant m’asseoir
dans les escaliers, regardant le ballet des grands qui couraient, le
« Docteur », sa voix … les petites fleurs de ma robe de chambre «
matelassée » qui faisait
tâche dans ce grouillement de risques nus et non ouatinés. Et mon
chat qui n’était pas rentré ce soir, en plus, mon chat que
j'imaginais en danger, que j‘aurais voulu sauver, rien qu’avec
ma pensée puisque les volets étaient tous fermés…
De
cette enfance, aussi, les nuits de rires et de batailles
fraternelles, des trouilles scénarisées que les plus grands
offraient à leurs cadets, vicelards et joyeux à la fois. Les
premières transgressions aussi, la loi ne s’appliquait plus dans
mon noir …
Me reviennent aussi mes sublimes nuits sauvages, de désirs éclatants et combien éclatés, qui nous embullaient à jamais du tiède ordinaire, comme Dieux et Déesses de seul plaisir, presque barbares. Puis les nuits d’arrachement, d’arrache amants, pas moins sauvages, tellement plus assassines…
D’autres nuits de chevet, une main qui prend la sienne, les lèvres sans cesse revenues sur ce front aimé, chéri, brûlant aussi.
Derrière, derrière celles-ci, mes nuits de plume, de crayon, de pinceau, de silence ou de musique qui se rappellent inexorablement les brûlures précédentes. Celles-ci je les ai égoïstement arrachées au monde. Du que pour moi, sur mesure taillé et à même la chair.
Prosaïquement, me reviennent aussi les visages de pions d’internat que j‘allais « consulter » pour connaître un peu de l’envers de mes élèves afin de mieux m’ajuster à eux. J‘aimais beaucoup le regard de ces « gardiens » de nuit, ils m’ont ouvert nombre de caboches donjons … Nombre de sentiers invisibles qui me permettaient d’aller vers de jeunes humains entiers, pas à ces moitiés fantomatiques qui s’asseyaient devant moi, rebelles ou pas, mais utilisés, c’est sûr, à des desseins qui en les dépassant, nous dépassaient en même temps.Se pointe aussi, dans ce désordre que j‘aime tant, ce droit à la sortie de nuit, ce « devenir grand » qui m’a échappé jeune, partie trop tôt du nid, mais que j‘ai filé à m :es mômes, comme çà, à l’inspiration … Alors là, toi, t’en perds même le savoir lire, mais très détendue, hein, marchant d’une fenêtre l’autre, la jouant « Ouhhh magnifique ciel ce soir, et hop, un regard vers cette pendule… Bon, ben tiens, vais aller faire un tour à la fenêtre … Au retour, mais t’es super cool, t’as bien fait de garder ce bouquin à la main, t’as l’air moins con ! Te racontent, ou pas, beaucoup quand même ! Sont cons ou quoi, je n’aurais jamais avoué ces truc là ! Certes ils n’ont pas fait pire que toi, loin s’en faut ! Mais….Justement ! Et ces rêves parfois cauchemars, peu importe, dont certains m’ont imprégnée à jamais, m’ont même métamorphosée… Mais chut, à chacun ses décodages, ne nous en Freudons point, ce serait dommage ! Et pour avoir déjà idée de la voix du rêve, il y a plus direct, plus accessible : le troquet, l’estaminet, mal fagoté c’est mieux. Les asiles des nolanders qui s’évanouissent quelques heures de l’obscurité et s’autorisent à être ce qu’ils sont ou ne sont pas, ce qu’ils auraient voulu être, ce qu’ils ne parviennent pas à inscrire clairement dans ce trop réel jour. La nuit repeinte, bistrotière et criarde, palpable pourtant jusque dans son invisible. Un regard perdu, des larmes échappées, des déclarations imprévues, fortes et si timides, des déraillages brutaux, des mots doux comme tombés par accident, des solitudes rassemblées autour d’un groupe de fêtards bonhommes et si diurnes façon champagne finalement.. Quant au sommeil, la grande affaire de nos nuits, d’après ce qu’il se dit, et bien je n’ai rien à dire, je n’étais pas là, me demande même si il faisait nuit, il m’arrive si souvent de somnambuler mes jours ! Putain de nuit quand même, quelle éclaireuse quand on accepte sa totale obscurité ! Imprenable nuit que nos objectifs traquent sans cesse et qui les prend toujours au dépourvu… Ce ne sera jamais elle que tu prendras, elle est en toi… Voilà quelques traits de nuit, juste comme çà, même pas tracés …
Me reviennent aussi mes sublimes nuits sauvages, de désirs éclatants et combien éclatés, qui nous embullaient à jamais du tiède ordinaire, comme Dieux et Déesses de seul plaisir, presque barbares. Puis les nuits d’arrachement, d’arrache amants, pas moins sauvages, tellement plus assassines…
D’autres nuits de chevet, une main qui prend la sienne, les lèvres sans cesse revenues sur ce front aimé, chéri, brûlant aussi.
Derrière, derrière celles-ci, mes nuits de plume, de crayon, de pinceau, de silence ou de musique qui se rappellent inexorablement les brûlures précédentes. Celles-ci je les ai égoïstement arrachées au monde. Du que pour moi, sur mesure taillé et à même la chair.
Prosaïquement, me reviennent aussi les visages de pions d’internat que j‘allais « consulter » pour connaître un peu de l’envers de mes élèves afin de mieux m’ajuster à eux. J‘aimais beaucoup le regard de ces « gardiens » de nuit, ils m’ont ouvert nombre de caboches donjons … Nombre de sentiers invisibles qui me permettaient d’aller vers de jeunes humains entiers, pas à ces moitiés fantomatiques qui s’asseyaient devant moi, rebelles ou pas, mais utilisés, c’est sûr, à des desseins qui en les dépassant, nous dépassaient en même temps.Se pointe aussi, dans ce désordre que j‘aime tant, ce droit à la sortie de nuit, ce « devenir grand » qui m’a échappé jeune, partie trop tôt du nid, mais que j‘ai filé à m :es mômes, comme çà, à l’inspiration … Alors là, toi, t’en perds même le savoir lire, mais très détendue, hein, marchant d’une fenêtre l’autre, la jouant « Ouhhh magnifique ciel ce soir, et hop, un regard vers cette pendule… Bon, ben tiens, vais aller faire un tour à la fenêtre … Au retour, mais t’es super cool, t’as bien fait de garder ce bouquin à la main, t’as l’air moins con ! Te racontent, ou pas, beaucoup quand même ! Sont cons ou quoi, je n’aurais jamais avoué ces truc là ! Certes ils n’ont pas fait pire que toi, loin s’en faut ! Mais….Justement ! Et ces rêves parfois cauchemars, peu importe, dont certains m’ont imprégnée à jamais, m’ont même métamorphosée… Mais chut, à chacun ses décodages, ne nous en Freudons point, ce serait dommage ! Et pour avoir déjà idée de la voix du rêve, il y a plus direct, plus accessible : le troquet, l’estaminet, mal fagoté c’est mieux. Les asiles des nolanders qui s’évanouissent quelques heures de l’obscurité et s’autorisent à être ce qu’ils sont ou ne sont pas, ce qu’ils auraient voulu être, ce qu’ils ne parviennent pas à inscrire clairement dans ce trop réel jour. La nuit repeinte, bistrotière et criarde, palpable pourtant jusque dans son invisible. Un regard perdu, des larmes échappées, des déclarations imprévues, fortes et si timides, des déraillages brutaux, des mots doux comme tombés par accident, des solitudes rassemblées autour d’un groupe de fêtards bonhommes et si diurnes façon champagne finalement.. Quant au sommeil, la grande affaire de nos nuits, d’après ce qu’il se dit, et bien je n’ai rien à dire, je n’étais pas là, me demande même si il faisait nuit, il m’arrive si souvent de somnambuler mes jours ! Putain de nuit quand même, quelle éclaireuse quand on accepte sa totale obscurité ! Imprenable nuit que nos objectifs traquent sans cesse et qui les prend toujours au dépourvu… Ce ne sera jamais elle que tu prendras, elle est en toi… Voilà quelques traits de nuit, juste comme çà, même pas tracés …
vendredi 29 juillet 2016
pour vivre
pour vivre c'est de désobéissance, de gentillesse, de douceur, de poésie et de fantaisie dont j'ai besoin ...
C'est triste
Il a le bonheur égoïste , mais partage à outrance ses malheurs ....
Il est de ce début de millénaire où chacun pense être la plus grande victime.
Même les tragédies qui s'affichent sur son écran, lui laissent croire qu'il est la pire des victimes, le seul être sensible dans une humanité à jeter .
C'est triste comme condition humaine, non ?
Il est de ce début de millénaire où chacun pense être la plus grande victime.
Même les tragédies qui s'affichent sur son écran, lui laissent croire qu'il est la pire des victimes, le seul être sensible dans une humanité à jeter .
C'est triste comme condition humaine, non ?
Vivre et laisser vivre, bordel !
Si le désir d'un autre monde plus juste, plus équitable, plus écologique et plus épanouissant se traduit par de l'arrogance et de l'acrimonie, ça promet pour l'autre monde ....
Vivre et laisser vivre, bordel !
Vivre et laisser vivre, bordel !
mercredi 13 juillet 2016
Des instants de souvenirs
A force de détours, de changements de direction, voilà que je me retrouvais en promenade
Le temps filait, mes pas sous la chaleur se faisaient lents, j'avais le temps de voir mille détails
Ces chemins, ces rues, ces lieux, ces bâtiments, je les découvrais pour la première fois
Je sais que nous les avons parcourus ensemble à plusieurs reprises, j'ai des instants de souvenirs
Le temps filait, mes pas sous la chaleur se faisaient lents, j'avais le temps de voir mille détails
Ces chemins, ces rues, ces lieux, ces bâtiments, je les découvrais pour la première fois
Je sais que nous les avons parcourus ensemble à plusieurs reprises, j'ai des instants de souvenirs
mardi 12 juillet 2016
point de jour
d'un point du jour à un autre point de jour
un point de croix
crois-tu que l'on se retrouvera
croix de bois sans soif
soif de nous-toi-moi
crois moi
je mens ferme en point de toi
point de toi
point de nous au point du jour
nuit agitée et les suivantes
la scène se répète, nette
nette ment le flou s'installe
flou de nos amours
Un tourbillon implacable
chaque ellipse ravivant l’émotion
mon inconscient récalcitrant me ramène à lui
d'un point du jour à un autre point de jour
un point de croix
crois-tu que l'on se retrouvera
croix de bois sans soif
soif de nous-toi-moi
crois moi
je mens ferme en point de toi
point de toi
point de nous au point du jour
nuit agitée et les suivantes
la scène se répète, nette
nette ment le flou s'installe
flou de nos amours
Un tourbillon implacable
chaque ellipse ravivant l’émotion
mon inconscient récalcitrant me ramène à lui
d'un point du jour à un autre point de jour
dimanche 10 juillet 2016
ton absence
ton absence prend tout son sens dans l'apaisement qui m'a envahi, je n'ai plus d'angoisse ; ni passagère, ni résiduelle
il n'est pas facile d'être soi-même quand on est sans-cesse en quête d'un rêve, sans savoir exactement quoi
alors qu'il suffirait de se perdre en rêvant d'un amour dont on ne revient pas
il n'est pas facile d'être soi-même quand on est sans-cesse en quête d'un rêve, sans savoir exactement quoi
alors qu'il suffirait de se perdre en rêvant d'un amour dont on ne revient pas
les mots
les mots et certains silences sont autant d'éloignement, il me faut inventer les mots qui seraient une présence
jeudi 7 juillet 2016
souffle
parfois je retiens mon souffle de peur qu'il ne s'échappe en entraînant mes pensées, me laissant la tête vide et le coeur dé-battant
mercredi 6 juillet 2016
Légère comme une libellule
J’ai aimé ces heures vibrantes révélant l’intense présence de l'autre
Je saurais renouer avec le temps de la douceur
Je me sens aussi légère qu'une libellule
Le moment de l'amour est juste reporté
Je saurais renouer avec le temps de la douceur
Je me sens aussi légère qu'une libellule
Le moment de l'amour est juste reporté
L'utopie
La poésie efface toutes les ecchymoses
Quelles soient apparentes ou captives
Mais, elle dévoile aussi la vie en utopie,
des jours qui naissent en larmes.
Quelles soient apparentes ou captives
Mais, elle dévoile aussi la vie en utopie,
des jours qui naissent en larmes.
Là ; nos intérieurs
Je voudrais être ailleurs ; partir dans un mot inconnu et flotter avec lui.
La poésie est toujours là où repose la lumière ; s'accrochant au clavier.
J'aperçois ta silhouette qui s'effrite en grains de sable que chasse la marée.
Je laisse à la brise le soin de porter nos voies et de panser nos intérieurs.
Je laisse à la brise le soin de porter nos voies et de panser nos intérieurs.
dimanche 12 juin 2016
Devenir mélodie
et il faut que j'expire ce souffle au goût de terre, que j'en crache la poussière… si les mots coulaient de source, je ne serais pas en train de me noyer. Je flotterai avec toi peut-être.
samedi 11 juin 2016
franc jeu
J’essaie de la jouer franc jeu, d'être au clair avec le monde, de rassurer mes proches
Je suis toujours lucide avec ma tête sur mes épaules
J’écris ce qui me passe par la tête, ce qui traverse mon coeur
Cela me permet de respirer, de rester debout, de donner une apparence, d'avoir l'air
Mais l'air manque, je respire mal, je manque d'oxygène
J’ai donc décidé de ne plus faire semblant, d'essayer vraiment à vivre avec toutes ces fragilités, doutes, peurs
Il me manque parfois un déclencheur, le déclic
Ce n'est pas un crime si moi aussi, j'ai envie d'aimer
Je suis toujours lucide avec ma tête sur mes épaules
J’écris ce qui me passe par la tête, ce qui traverse mon coeur
Cela me permet de respirer, de rester debout, de donner une apparence, d'avoir l'air
Mais l'air manque, je respire mal, je manque d'oxygène
J’ai donc décidé de ne plus faire semblant, d'essayer vraiment à vivre avec toutes ces fragilités, doutes, peurs
Il me manque parfois un déclencheur, le déclic
Ce n'est pas un crime si moi aussi, j'ai envie d'aimer
j'habite
Ce matin j'habite enfin quelque part. Une solitude rassurante dans une foule noire, un carré de lumière
angoisse
Un jour est passé. Le soleil reste pudique, le ciel en palette de gris. Mon coeur arrimé à un fétu de paille légère est prêt à s'envoler
jeudi 9 juin 2016
Habiter
Le seuil de ma solitude est à mes pieds,
Tournant le dos à la folie du jour,
Je vais habiter le monde.
Tournant le dos à la folie du jour,
Je vais habiter le monde.
mardi 7 juin 2016
Destruction
Mon regard s'est aiguisé, il perçoit la vie et l'inéluctable usure à venir
On ne peut rien contre les mouvements de la mémoire
vendredi 3 juin 2016
Regards Patchwork
Je regarde le ciel. Je retourne du regard vers ton regard et c'est la nuit noire. Juste l'impression de voir dans le crépuscule, la nuit.
Depuis des jours, les nuages passent, sont passés à toute vitesse en lâchant parfois de l’eau, dans une alternance déroutante, épuisante.
J'ai conscience de la journée du lever au coucher, d’un rythme répétitif. Je me souviens de cette boucle qui la relie à celle du jour d'hier et celui d'après pour former une semaine, des saisons, des années.
Je vais, jusqu'aux limites lointaines perdues dans la brume de mes souvenirs patchwork, un tissu dont les bords s'éfriteraient à mesure qu'il se tisse.
Depuis des jours, les nuages passent, sont passés à toute vitesse en lâchant parfois de l’eau, dans une alternance déroutante, épuisante.
J'ai conscience de la journée du lever au coucher, d’un rythme répétitif. Je me souviens de cette boucle qui la relie à celle du jour d'hier et celui d'après pour former une semaine, des saisons, des années.
Je vais, jusqu'aux limites lointaines perdues dans la brume de mes souvenirs patchwork, un tissu dont les bords s'éfriteraient à mesure qu'il se tisse.
de l'espace
je m'approprie le monde en distance avec les mots
je me tiens à l'écart de vous pour éviter que vous me blessiez trop
je me tiens à l'écart de vous pour éviter que vous me blessiez trop
Rien ne dure vraiment
Je regarde ce souvenir et je me retiens de ne pas pleurer comme l'enfant
Je regarde ce souvenir et je prends conscience qu'il n'a pas grandi
Et puis je croise mon image dans un reflet et je me surprends avec mon apparence extérieure
Et je me rends compte que je suis un étranger
Un étranger partout
Je regarde ces photos et je me dis que nous ne sommes que des grains de sel attendant d'être rejetés par la mer
Je regarde ce souvenir et je prends conscience qu'il n'a pas grandi
Et puis je croise mon image dans un reflet et je me surprends avec mon apparence extérieure
Et je me rends compte que je suis un étranger
Un étranger partout
Je regarde ces photos et je me dis que nous ne sommes que des grains de sel attendant d'être rejetés par la mer
mardi 10 mai 2016
je marche (avec mon ombre)
je marche,
je marche sur le bitume sombre
je marche sous l'or et le bleu du ciel
et le rideau d'immeubles-forêt s'ouvre
avec ses gouffres de noir profond
je marche
et j'aspire l'air, j'aspire le soleil, j'aspire
et ma peau s'imprègne, et ma tête plonge sous elle
j'écarte les bras
je les lève vers le ciel et le touche en ombre du bout des doigts
j'avance sur l'asphalte-terre-sol-air
je me hisse sur la pointe des pieds
et je flotte parmi les nuées
il faut rendre à la vie son vivant
#MonAnge
je marche sur le bitume sombre
je marche sous l'or et le bleu du ciel
et le rideau d'immeubles-forêt s'ouvre
avec ses gouffres de noir profond
je marche
et j'aspire l'air, j'aspire le soleil, j'aspire
et ma peau s'imprègne, et ma tête plonge sous elle
j'écarte les bras
je les lève vers le ciel et le touche en ombre du bout des doigts
j'avance sur l'asphalte-terre-sol-air
je me hisse sur la pointe des pieds
et je flotte parmi les nuées
il faut rendre à la vie son vivant
#MonAnge
samedi 7 mai 2016
réfugié
Je n’ai pas décidé de partir, je suis parti / pour être tristement libre / dit l’étranger sans refuge / le temps glisse vers un long cauchemar / images de guerre en tête / des corps inanimés / l’océan / où les soldats reviennent par vagues, interminables et insensibles
le temps
marcher
au ralenti n'influe pas sur le temps / l'ennui s'enroule sur lui-même
et s'endort / il remonte le fil des souvenirs, des images ; des impressions
que j'ai gardé fixées depuis / je
sens toujours
le poids de leurs regards / décharnés-fixes / qui me
poursuivent
dans le présent même de l'ailleurs / je
regarde le paysage
/ je
lève les yeux, c'est un présent ailleurs mais présent qui se
déroule
quand, sur les murs
quand,
sur les murs / sur
les miroirs / coulent des larmes arc
en ciel /
car
on
n'en finit plus d'à jamais sauver le monde / le même / et, dans la
foulée, de le quitter, puis de le perdre, le laissant dans
la même agonie /
quand,
devant
nos
yeux / il
ressemble
à une pauvre bougie, à la flamme vacillante /
j'ai
du noir plein la tête ; jusque dans la
bouche, en haut le coeur
/ la douleur résonne comme une brise sèche en plein hiver / je
commence
à comprendre que toutes mes,
nos
pathologies, je
les invente et les propulse sans savoir, de ma
tête à mon
corps, de mes
yeux vers ma
peau /
j'encaisse
/ pour demain / être prête / s'accrocher
samedi 30 avril 2016
Voir le silence
Je trouve étrange cette recherche que tu mènes sur les suicides de sans-abri.
Je te soupçonne de rechercher la vie jusqu'au bout du tunnel pour trouver raison de t'y accrocher. Peut-être de m'y entraîner avec toi.
Voir l'étincelle de vie ne suffit pas, il faut pouvoir l'adopter. Ça demande du temps et le temps demande de supporter la cruauté du monde. J'ai juste envie de me retirer dans le silence.
Je te soupçonne de rechercher la vie jusqu'au bout du tunnel pour trouver raison de t'y accrocher. Peut-être de m'y entraîner avec toi.
Voir l'étincelle de vie ne suffit pas, il faut pouvoir l'adopter. Ça demande du temps et le temps demande de supporter la cruauté du monde. J'ai juste envie de me retirer dans le silence.
Panique
Rien de plus / mur / musique dans un carré de lumière / un souvenir trahi avant d'éclore / regard fixe cherche un trou noir / dans la peau dans le souffle / peine trouble incompréhension brutalité rejet mise à l'écart renvoyée a / elle l'autre / puis elle / elle et le silence de l'homme assassin / sortir du noir / elle en flottement ballotage / panique / elle jette elle rejette / sauvetage se sauver sortir du guet-apens / aspirer l'air nauséabond accepter la voie / la tête la voix de la tête chercher des points lumineux / par la fenêtre fuir vers eux / mouvement danger fougue / partir courir mourir
Quinze minutes
Corps en émois / frémissement / quinze minutes / trou noir / corps lourds / disparaître corps noir sur fond noir immobile elle n'a qu'elle pour elle / le souffle manque / guerrière touchée / elle est dans la peau de la guerrière essoufflée / vertige tangue chute / décision / retrait silence disparition, dernier acte d'amour
samedi 23 avril 2016
Il faut... Ha
Il faut disent-ils
Nous revoilà avec des il faut
Qui brisent la spontanéité, les élans,
Tout devient douloureux
Comment se retrouver, revenir à soi
quelles que soient les douleurs à affronter.
quelles que soient les douleurs à affronter.
Un instant
Marche tête baissée, je vois,
l’arrondi de ta nuque, le mouvement de sa courbe,
marche, je vois
ton ombre caresse les détails du monde, ton ombre caresse le monde, il n’est pas grave qu’elle perde un peu sa forme ni qu’elle oublie d’être rectiligne, crois-moi,
un instant oublie le désespoir de l’horizon et ses exigences impossibles, suspends le désespoir géométrique aux oscillations de la marche, à la fascination lente de la marche.
Elle berce nos désespoirs dans le crépuscule incliné qui se laisse rejoindre de ce seul mouvement.
Et un instant, la vie est aussi légère que ton pas.
l’arrondi de ta nuque, le mouvement de sa courbe,
marche, je vois
ton ombre caresse les détails du monde, ton ombre caresse le monde, il n’est pas grave qu’elle perde un peu sa forme ni qu’elle oublie d’être rectiligne, crois-moi,
un instant oublie le désespoir de l’horizon et ses exigences impossibles, suspends le désespoir géométrique aux oscillations de la marche, à la fascination lente de la marche.
Elle berce nos désespoirs dans le crépuscule incliné qui se laisse rejoindre de ce seul mouvement.
Et un instant, la vie est aussi légère que ton pas.
Les perturbateurs
Les (éléments) perturbateurs
Nous allons dans les rues de la ville, nos mains mêlées pour une balade. Nous regardons différemment les choses et les gens. Je prend des photos. Mais si tu étais vraiment attentif tu aurais remarqué tous ceux que je n'ai pas photographié. Il y a tout ce qui ne se prend pas en photo. Il y a tout ce qui ne se dit pas aussi.
En photo, tu prends le ciel, le reflet dans l'eau, l'arbre du jardin, le bâtiment, la plaque de rue, la foule, tu prends ton compagnon de balade, tu prends ses mains, tu peux prendre sa nuque, tu prends quantité de choses en photo, mais tu ne prends pas ceux que tu appelles les perturbateurs.
Les perturbateurs sont des hommes ou des femmes qui errent à travers la ville. L’un est assis à la sortie d'un métro. Il peut avoir soit un enfant, soit un chien dans les bras. Il peut être celui qui rentre dans le lieu où l'on s'est installé, des roses à la main et sa fatigue au corps. Il lui arrive d'exprimer son mécontentement, en hurlant ou en gromellant. Il peut aussi aller dans une salle d’attente, il sera moins visible, noyé dans les ombres. Il peut s’enfermer dans les toilettes pour s’asperger d’eau fraîche, toi tu attends et tu pourrais entendre les cris silencieux. Mais tout le monde n’entend pas l’écho des cris qui court entre les murs, entre les mains. En fait peu de monde entend et voit les perturbateurs qui sont comme des fantômes de la ville, de la vie sombre.
Les perturbateurs sont devenus des figurants. Ils ont la consistance des revenants, capables de passer leur vie dans un espace défini, de hanter le réel le plus banal.
Tout le monde reste à distance des perturbateurs. S’approcher d’eux pour les photographier aurait forcément une conséquence. Mais c'est hors programme. Tu les suis de loin, du coin de l'oeil, jour après jour, car ils ne cessent de revenir aux lieux que tu traverses. Certains sont toujours aux endroits auxquels tu reviens toi-même. Il est possible que l’un d’entre eux te reconnaîsse de loin, et s’il te saluait, que ferais-tu ?
Nous allons dans les rues de la ville, nos mains mêlées pour une balade. Nous regardons différemment les choses et les gens. Je prend des photos. Mais si tu étais vraiment attentif tu aurais remarqué tous ceux que je n'ai pas photographié. Il y a tout ce qui ne se prend pas en photo. Il y a tout ce qui ne se dit pas aussi.
En photo, tu prends le ciel, le reflet dans l'eau, l'arbre du jardin, le bâtiment, la plaque de rue, la foule, tu prends ton compagnon de balade, tu prends ses mains, tu peux prendre sa nuque, tu prends quantité de choses en photo, mais tu ne prends pas ceux que tu appelles les perturbateurs.
Les perturbateurs sont des hommes ou des femmes qui errent à travers la ville. L’un est assis à la sortie d'un métro. Il peut avoir soit un enfant, soit un chien dans les bras. Il peut être celui qui rentre dans le lieu où l'on s'est installé, des roses à la main et sa fatigue au corps. Il lui arrive d'exprimer son mécontentement, en hurlant ou en gromellant. Il peut aussi aller dans une salle d’attente, il sera moins visible, noyé dans les ombres. Il peut s’enfermer dans les toilettes pour s’asperger d’eau fraîche, toi tu attends et tu pourrais entendre les cris silencieux. Mais tout le monde n’entend pas l’écho des cris qui court entre les murs, entre les mains. En fait peu de monde entend et voit les perturbateurs qui sont comme des fantômes de la ville, de la vie sombre.
Les perturbateurs sont devenus des figurants. Ils ont la consistance des revenants, capables de passer leur vie dans un espace défini, de hanter le réel le plus banal.
Tout le monde reste à distance des perturbateurs. S’approcher d’eux pour les photographier aurait forcément une conséquence. Mais c'est hors programme. Tu les suis de loin, du coin de l'oeil, jour après jour, car ils ne cessent de revenir aux lieux que tu traverses. Certains sont toujours aux endroits auxquels tu reviens toi-même. Il est possible que l’un d’entre eux te reconnaîsse de loin, et s’il te saluait, que ferais-tu ?
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