il n’y a plus de seuils, tu as franchi le dernier
et toutes les frontières
il n’y a plus rien
que cet effacement silencieux vers l'apaisement
vendredi 11 novembre 2016
périr
dans ces nuits affreuses qui se suivent,
je m'emploie à chercher la beauté dans les mots,
mais le temps est si long et le silence ne désunit pas,
dans cette absence de lutte possible je m'invente une solidité de paille,
ce saccage ne m'appartient pas et, c'est ce qui rend la vie supportable
je m'emploie à chercher la beauté dans les mots,
mais le temps est si long et le silence ne désunit pas,
dans cette absence de lutte possible je m'invente une solidité de paille,
ce saccage ne m'appartient pas et, c'est ce qui rend la vie supportable
chimère
pas de liberté,
l'intime veille
ce qui fut aimé
aujourd'hui transformé
en une chimère en sommeil
l'intime veille
ce qui fut aimé
aujourd'hui transformé
en une chimère en sommeil
jeudi 10 novembre 2016
Garde
Garde les bons moments au bord du cœur,
que tu n'aies pas à chercher pour t'en souvenir,
quand face à toi se dressent les mauvais
que tu n'aies pas à chercher pour t'en souvenir,
quand face à toi se dressent les mauvais
mercredi 9 novembre 2016
le mal continue de pousser
quand je sombre, je prends un grand ciseau
je coupe ma tignasse sans aller jusqu'à la racine
je coupe ma tignasse sans aller jusqu'à la racine
j'étouffe
quand les mots ne sont que des cailloux qui empêchent la parole
je tombe en un silence étouffant
je tombe en un silence étouffant
lundi 10 octobre 2016
Banales Obscursiosités
Parce
que « La Nuit », je rêvasse à la mienne, aux miennes, à toutes
celles qui m’ont illuminée ou abattue, à mes nuits phares éteints
ou allumés, à mes nuits écueils, à cette encre noire, abyssale,
qui chaque jour nous ramène à l’amniotique océan.
Me
reviennent alors et d’abord, les nuits noires de mon enfance,
réelles ou imaginaires, mais noires, toujours noires. Les monstres
du placard que personne ne voyait, les
guerriers qui descendaient de la tenture accrochée au mur, la
maladie du Papa qui attendait toujours le soir pour hurler et criser
plus fort, cette mort flânante, que j‘évitais en allant m’asseoir
dans les escaliers, regardant le ballet des grands qui couraient, le
« Docteur », sa voix … les petites fleurs de ma robe de chambre «
matelassée » qui faisait
tâche dans ce grouillement de risques nus et non ouatinés. Et mon
chat qui n’était pas rentré ce soir, en plus, mon chat que
j'imaginais en danger, que j‘aurais voulu sauver, rien qu’avec
ma pensée puisque les volets étaient tous fermés…
De
cette enfance, aussi, les nuits de rires et de batailles
fraternelles, des trouilles scénarisées que les plus grands
offraient à leurs cadets, vicelards et joyeux à la fois. Les
premières transgressions aussi, la loi ne s’appliquait plus dans
mon noir …
Me reviennent aussi mes sublimes nuits sauvages, de désirs éclatants et combien éclatés, qui nous embullaient à jamais du tiède ordinaire, comme Dieux et Déesses de seul plaisir, presque barbares. Puis les nuits d’arrachement, d’arrache amants, pas moins sauvages, tellement plus assassines…
D’autres nuits de chevet, une main qui prend la sienne, les lèvres sans cesse revenues sur ce front aimé, chéri, brûlant aussi.
Derrière, derrière celles-ci, mes nuits de plume, de crayon, de pinceau, de silence ou de musique qui se rappellent inexorablement les brûlures précédentes. Celles-ci je les ai égoïstement arrachées au monde. Du que pour moi, sur mesure taillé et à même la chair.
Prosaïquement, me reviennent aussi les visages de pions d’internat que j‘allais « consulter » pour connaître un peu de l’envers de mes élèves afin de mieux m’ajuster à eux. J‘aimais beaucoup le regard de ces « gardiens » de nuit, ils m’ont ouvert nombre de caboches donjons … Nombre de sentiers invisibles qui me permettaient d’aller vers de jeunes humains entiers, pas à ces moitiés fantomatiques qui s’asseyaient devant moi, rebelles ou pas, mais utilisés, c’est sûr, à des desseins qui en les dépassant, nous dépassaient en même temps.Se pointe aussi, dans ce désordre que j‘aime tant, ce droit à la sortie de nuit, ce « devenir grand » qui m’a échappé jeune, partie trop tôt du nid, mais que j‘ai filé à m :es mômes, comme çà, à l’inspiration … Alors là, toi, t’en perds même le savoir lire, mais très détendue, hein, marchant d’une fenêtre l’autre, la jouant « Ouhhh magnifique ciel ce soir, et hop, un regard vers cette pendule… Bon, ben tiens, vais aller faire un tour à la fenêtre … Au retour, mais t’es super cool, t’as bien fait de garder ce bouquin à la main, t’as l’air moins con ! Te racontent, ou pas, beaucoup quand même ! Sont cons ou quoi, je n’aurais jamais avoué ces truc là ! Certes ils n’ont pas fait pire que toi, loin s’en faut ! Mais….Justement ! Et ces rêves parfois cauchemars, peu importe, dont certains m’ont imprégnée à jamais, m’ont même métamorphosée… Mais chut, à chacun ses décodages, ne nous en Freudons point, ce serait dommage ! Et pour avoir déjà idée de la voix du rêve, il y a plus direct, plus accessible : le troquet, l’estaminet, mal fagoté c’est mieux. Les asiles des nolanders qui s’évanouissent quelques heures de l’obscurité et s’autorisent à être ce qu’ils sont ou ne sont pas, ce qu’ils auraient voulu être, ce qu’ils ne parviennent pas à inscrire clairement dans ce trop réel jour. La nuit repeinte, bistrotière et criarde, palpable pourtant jusque dans son invisible. Un regard perdu, des larmes échappées, des déclarations imprévues, fortes et si timides, des déraillages brutaux, des mots doux comme tombés par accident, des solitudes rassemblées autour d’un groupe de fêtards bonhommes et si diurnes façon champagne finalement.. Quant au sommeil, la grande affaire de nos nuits, d’après ce qu’il se dit, et bien je n’ai rien à dire, je n’étais pas là, me demande même si il faisait nuit, il m’arrive si souvent de somnambuler mes jours ! Putain de nuit quand même, quelle éclaireuse quand on accepte sa totale obscurité ! Imprenable nuit que nos objectifs traquent sans cesse et qui les prend toujours au dépourvu… Ce ne sera jamais elle que tu prendras, elle est en toi… Voilà quelques traits de nuit, juste comme çà, même pas tracés …
Me reviennent aussi mes sublimes nuits sauvages, de désirs éclatants et combien éclatés, qui nous embullaient à jamais du tiède ordinaire, comme Dieux et Déesses de seul plaisir, presque barbares. Puis les nuits d’arrachement, d’arrache amants, pas moins sauvages, tellement plus assassines…
D’autres nuits de chevet, une main qui prend la sienne, les lèvres sans cesse revenues sur ce front aimé, chéri, brûlant aussi.
Derrière, derrière celles-ci, mes nuits de plume, de crayon, de pinceau, de silence ou de musique qui se rappellent inexorablement les brûlures précédentes. Celles-ci je les ai égoïstement arrachées au monde. Du que pour moi, sur mesure taillé et à même la chair.
Prosaïquement, me reviennent aussi les visages de pions d’internat que j‘allais « consulter » pour connaître un peu de l’envers de mes élèves afin de mieux m’ajuster à eux. J‘aimais beaucoup le regard de ces « gardiens » de nuit, ils m’ont ouvert nombre de caboches donjons … Nombre de sentiers invisibles qui me permettaient d’aller vers de jeunes humains entiers, pas à ces moitiés fantomatiques qui s’asseyaient devant moi, rebelles ou pas, mais utilisés, c’est sûr, à des desseins qui en les dépassant, nous dépassaient en même temps.Se pointe aussi, dans ce désordre que j‘aime tant, ce droit à la sortie de nuit, ce « devenir grand » qui m’a échappé jeune, partie trop tôt du nid, mais que j‘ai filé à m :es mômes, comme çà, à l’inspiration … Alors là, toi, t’en perds même le savoir lire, mais très détendue, hein, marchant d’une fenêtre l’autre, la jouant « Ouhhh magnifique ciel ce soir, et hop, un regard vers cette pendule… Bon, ben tiens, vais aller faire un tour à la fenêtre … Au retour, mais t’es super cool, t’as bien fait de garder ce bouquin à la main, t’as l’air moins con ! Te racontent, ou pas, beaucoup quand même ! Sont cons ou quoi, je n’aurais jamais avoué ces truc là ! Certes ils n’ont pas fait pire que toi, loin s’en faut ! Mais….Justement ! Et ces rêves parfois cauchemars, peu importe, dont certains m’ont imprégnée à jamais, m’ont même métamorphosée… Mais chut, à chacun ses décodages, ne nous en Freudons point, ce serait dommage ! Et pour avoir déjà idée de la voix du rêve, il y a plus direct, plus accessible : le troquet, l’estaminet, mal fagoté c’est mieux. Les asiles des nolanders qui s’évanouissent quelques heures de l’obscurité et s’autorisent à être ce qu’ils sont ou ne sont pas, ce qu’ils auraient voulu être, ce qu’ils ne parviennent pas à inscrire clairement dans ce trop réel jour. La nuit repeinte, bistrotière et criarde, palpable pourtant jusque dans son invisible. Un regard perdu, des larmes échappées, des déclarations imprévues, fortes et si timides, des déraillages brutaux, des mots doux comme tombés par accident, des solitudes rassemblées autour d’un groupe de fêtards bonhommes et si diurnes façon champagne finalement.. Quant au sommeil, la grande affaire de nos nuits, d’après ce qu’il se dit, et bien je n’ai rien à dire, je n’étais pas là, me demande même si il faisait nuit, il m’arrive si souvent de somnambuler mes jours ! Putain de nuit quand même, quelle éclaireuse quand on accepte sa totale obscurité ! Imprenable nuit que nos objectifs traquent sans cesse et qui les prend toujours au dépourvu… Ce ne sera jamais elle que tu prendras, elle est en toi… Voilà quelques traits de nuit, juste comme çà, même pas tracés …
vendredi 29 juillet 2016
pour vivre
pour vivre c'est de désobéissance, de gentillesse, de douceur, de poésie et de fantaisie dont j'ai besoin ...
C'est triste
Il a le bonheur égoïste , mais partage à outrance ses malheurs ....
Il est de ce début de millénaire où chacun pense être la plus grande victime.
Même les tragédies qui s'affichent sur son écran, lui laissent croire qu'il est la pire des victimes, le seul être sensible dans une humanité à jeter .
C'est triste comme condition humaine, non ?
Il est de ce début de millénaire où chacun pense être la plus grande victime.
Même les tragédies qui s'affichent sur son écran, lui laissent croire qu'il est la pire des victimes, le seul être sensible dans une humanité à jeter .
C'est triste comme condition humaine, non ?
Vivre et laisser vivre, bordel !
Si le désir d'un autre monde plus juste, plus équitable, plus écologique et plus épanouissant se traduit par de l'arrogance et de l'acrimonie, ça promet pour l'autre monde ....
Vivre et laisser vivre, bordel !
Vivre et laisser vivre, bordel !
mercredi 13 juillet 2016
Des instants de souvenirs
A force de détours, de changements de direction, voilà que je me retrouvais en promenade
Le temps filait, mes pas sous la chaleur se faisaient lents, j'avais le temps de voir mille détails
Ces chemins, ces rues, ces lieux, ces bâtiments, je les découvrais pour la première fois
Je sais que nous les avons parcourus ensemble à plusieurs reprises, j'ai des instants de souvenirs
Le temps filait, mes pas sous la chaleur se faisaient lents, j'avais le temps de voir mille détails
Ces chemins, ces rues, ces lieux, ces bâtiments, je les découvrais pour la première fois
Je sais que nous les avons parcourus ensemble à plusieurs reprises, j'ai des instants de souvenirs
mardi 12 juillet 2016
point de jour
d'un point du jour à un autre point de jour
un point de croix
crois-tu que l'on se retrouvera
croix de bois sans soif
soif de nous-toi-moi
crois moi
je mens ferme en point de toi
point de toi
point de nous au point du jour
nuit agitée et les suivantes
la scène se répète, nette
nette ment le flou s'installe
flou de nos amours
Un tourbillon implacable
chaque ellipse ravivant l’émotion
mon inconscient récalcitrant me ramène à lui
d'un point du jour à un autre point de jour
un point de croix
crois-tu que l'on se retrouvera
croix de bois sans soif
soif de nous-toi-moi
crois moi
je mens ferme en point de toi
point de toi
point de nous au point du jour
nuit agitée et les suivantes
la scène se répète, nette
nette ment le flou s'installe
flou de nos amours
Un tourbillon implacable
chaque ellipse ravivant l’émotion
mon inconscient récalcitrant me ramène à lui
d'un point du jour à un autre point de jour
dimanche 10 juillet 2016
ton absence
ton absence prend tout son sens dans l'apaisement qui m'a envahi, je n'ai plus d'angoisse ; ni passagère, ni résiduelle
il n'est pas facile d'être soi-même quand on est sans-cesse en quête d'un rêve, sans savoir exactement quoi
alors qu'il suffirait de se perdre en rêvant d'un amour dont on ne revient pas
il n'est pas facile d'être soi-même quand on est sans-cesse en quête d'un rêve, sans savoir exactement quoi
alors qu'il suffirait de se perdre en rêvant d'un amour dont on ne revient pas
les mots
les mots et certains silences sont autant d'éloignement, il me faut inventer les mots qui seraient une présence
jeudi 7 juillet 2016
souffle
parfois je retiens mon souffle de peur qu'il ne s'échappe en entraînant mes pensées, me laissant la tête vide et le coeur dé-battant
mercredi 6 juillet 2016
Légère comme une libellule
J’ai aimé ces heures vibrantes révélant l’intense présence de l'autre
Je saurais renouer avec le temps de la douceur
Je me sens aussi légère qu'une libellule
Le moment de l'amour est juste reporté
Je saurais renouer avec le temps de la douceur
Je me sens aussi légère qu'une libellule
Le moment de l'amour est juste reporté
L'utopie
La poésie efface toutes les ecchymoses
Quelles soient apparentes ou captives
Mais, elle dévoile aussi la vie en utopie,
des jours qui naissent en larmes.
Quelles soient apparentes ou captives
Mais, elle dévoile aussi la vie en utopie,
des jours qui naissent en larmes.
Là ; nos intérieurs
Je voudrais être ailleurs ; partir dans un mot inconnu et flotter avec lui.
La poésie est toujours là où repose la lumière ; s'accrochant au clavier.
J'aperçois ta silhouette qui s'effrite en grains de sable que chasse la marée.
Je laisse à la brise le soin de porter nos voies et de panser nos intérieurs.
Je laisse à la brise le soin de porter nos voies et de panser nos intérieurs.
dimanche 12 juin 2016
Devenir mélodie
et il faut que j'expire ce souffle au goût de terre, que j'en crache la poussière… si les mots coulaient de source, je ne serais pas en train de me noyer. Je flotterai avec toi peut-être.
samedi 11 juin 2016
franc jeu
J’essaie de la jouer franc jeu, d'être au clair avec le monde, de rassurer mes proches
Je suis toujours lucide avec ma tête sur mes épaules
J’écris ce qui me passe par la tête, ce qui traverse mon coeur
Cela me permet de respirer, de rester debout, de donner une apparence, d'avoir l'air
Mais l'air manque, je respire mal, je manque d'oxygène
J’ai donc décidé de ne plus faire semblant, d'essayer vraiment à vivre avec toutes ces fragilités, doutes, peurs
Il me manque parfois un déclencheur, le déclic
Ce n'est pas un crime si moi aussi, j'ai envie d'aimer
Je suis toujours lucide avec ma tête sur mes épaules
J’écris ce qui me passe par la tête, ce qui traverse mon coeur
Cela me permet de respirer, de rester debout, de donner une apparence, d'avoir l'air
Mais l'air manque, je respire mal, je manque d'oxygène
J’ai donc décidé de ne plus faire semblant, d'essayer vraiment à vivre avec toutes ces fragilités, doutes, peurs
Il me manque parfois un déclencheur, le déclic
Ce n'est pas un crime si moi aussi, j'ai envie d'aimer
j'habite
Ce matin j'habite enfin quelque part. Une solitude rassurante dans une foule noire, un carré de lumière
angoisse
Un jour est passé. Le soleil reste pudique, le ciel en palette de gris. Mon coeur arrimé à un fétu de paille légère est prêt à s'envoler
jeudi 9 juin 2016
Habiter
Le seuil de ma solitude est à mes pieds,
Tournant le dos à la folie du jour,
Je vais habiter le monde.
Tournant le dos à la folie du jour,
Je vais habiter le monde.
mardi 7 juin 2016
Destruction
Mon regard s'est aiguisé, il perçoit la vie et l'inéluctable usure à venir
On ne peut rien contre les mouvements de la mémoire
vendredi 3 juin 2016
Regards Patchwork
Je regarde le ciel. Je retourne du regard vers ton regard et c'est la nuit noire. Juste l'impression de voir dans le crépuscule, la nuit.
Depuis des jours, les nuages passent, sont passés à toute vitesse en lâchant parfois de l’eau, dans une alternance déroutante, épuisante.
J'ai conscience de la journée du lever au coucher, d’un rythme répétitif. Je me souviens de cette boucle qui la relie à celle du jour d'hier et celui d'après pour former une semaine, des saisons, des années.
Je vais, jusqu'aux limites lointaines perdues dans la brume de mes souvenirs patchwork, un tissu dont les bords s'éfriteraient à mesure qu'il se tisse.
Depuis des jours, les nuages passent, sont passés à toute vitesse en lâchant parfois de l’eau, dans une alternance déroutante, épuisante.
J'ai conscience de la journée du lever au coucher, d’un rythme répétitif. Je me souviens de cette boucle qui la relie à celle du jour d'hier et celui d'après pour former une semaine, des saisons, des années.
Je vais, jusqu'aux limites lointaines perdues dans la brume de mes souvenirs patchwork, un tissu dont les bords s'éfriteraient à mesure qu'il se tisse.
de l'espace
je m'approprie le monde en distance avec les mots
je me tiens à l'écart de vous pour éviter que vous me blessiez trop
je me tiens à l'écart de vous pour éviter que vous me blessiez trop
Rien ne dure vraiment
Je regarde ce souvenir et je me retiens de ne pas pleurer comme l'enfant
Je regarde ce souvenir et je prends conscience qu'il n'a pas grandi
Et puis je croise mon image dans un reflet et je me surprends avec mon apparence extérieure
Et je me rends compte que je suis un étranger
Un étranger partout
Je regarde ces photos et je me dis que nous ne sommes que des grains de sel attendant d'être rejetés par la mer
Je regarde ce souvenir et je prends conscience qu'il n'a pas grandi
Et puis je croise mon image dans un reflet et je me surprends avec mon apparence extérieure
Et je me rends compte que je suis un étranger
Un étranger partout
Je regarde ces photos et je me dis que nous ne sommes que des grains de sel attendant d'être rejetés par la mer
mardi 10 mai 2016
je marche (avec mon ombre)
je marche,
je marche sur le bitume sombre
je marche sous l'or et le bleu du ciel
et le rideau d'immeubles-forêt s'ouvre
avec ses gouffres de noir profond
je marche
et j'aspire l'air, j'aspire le soleil, j'aspire
et ma peau s'imprègne, et ma tête plonge sous elle
j'écarte les bras
je les lève vers le ciel et le touche en ombre du bout des doigts
j'avance sur l'asphalte-terre-sol-air
je me hisse sur la pointe des pieds
et je flotte parmi les nuées
il faut rendre à la vie son vivant
#MonAnge
je marche sur le bitume sombre
je marche sous l'or et le bleu du ciel
et le rideau d'immeubles-forêt s'ouvre
avec ses gouffres de noir profond
je marche
et j'aspire l'air, j'aspire le soleil, j'aspire
et ma peau s'imprègne, et ma tête plonge sous elle
j'écarte les bras
je les lève vers le ciel et le touche en ombre du bout des doigts
j'avance sur l'asphalte-terre-sol-air
je me hisse sur la pointe des pieds
et je flotte parmi les nuées
il faut rendre à la vie son vivant
#MonAnge
samedi 7 mai 2016
réfugié
Je n’ai pas décidé de partir, je suis parti / pour être tristement libre / dit l’étranger sans refuge / le temps glisse vers un long cauchemar / images de guerre en tête / des corps inanimés / l’océan / où les soldats reviennent par vagues, interminables et insensibles
le temps
marcher
au ralenti n'influe pas sur le temps / l'ennui s'enroule sur lui-même
et s'endort / il remonte le fil des souvenirs, des images ; des impressions
que j'ai gardé fixées depuis / je
sens toujours
le poids de leurs regards / décharnés-fixes / qui me
poursuivent
dans le présent même de l'ailleurs / je
regarde le paysage
/ je
lève les yeux, c'est un présent ailleurs mais présent qui se
déroule
quand, sur les murs
quand,
sur les murs / sur
les miroirs / coulent des larmes arc
en ciel /
car
on
n'en finit plus d'à jamais sauver le monde / le même / et, dans la
foulée, de le quitter, puis de le perdre, le laissant dans
la même agonie /
quand,
devant
nos
yeux / il
ressemble
à une pauvre bougie, à la flamme vacillante /
j'ai
du noir plein la tête ; jusque dans la
bouche, en haut le coeur
/ la douleur résonne comme une brise sèche en plein hiver / je
commence
à comprendre que toutes mes,
nos
pathologies, je
les invente et les propulse sans savoir, de ma
tête à mon
corps, de mes
yeux vers ma
peau /
j'encaisse
/ pour demain / être prête / s'accrocher
samedi 30 avril 2016
Voir le silence
Je trouve étrange cette recherche que tu mènes sur les suicides de sans-abri.
Je te soupçonne de rechercher la vie jusqu'au bout du tunnel pour trouver raison de t'y accrocher. Peut-être de m'y entraîner avec toi.
Voir l'étincelle de vie ne suffit pas, il faut pouvoir l'adopter. Ça demande du temps et le temps demande de supporter la cruauté du monde. J'ai juste envie de me retirer dans le silence.
Je te soupçonne de rechercher la vie jusqu'au bout du tunnel pour trouver raison de t'y accrocher. Peut-être de m'y entraîner avec toi.
Voir l'étincelle de vie ne suffit pas, il faut pouvoir l'adopter. Ça demande du temps et le temps demande de supporter la cruauté du monde. J'ai juste envie de me retirer dans le silence.
Panique
Rien de plus / mur / musique dans un carré de lumière / un souvenir trahi avant d'éclore / regard fixe cherche un trou noir / dans la peau dans le souffle / peine trouble incompréhension brutalité rejet mise à l'écart renvoyée a / elle l'autre / puis elle / elle et le silence de l'homme assassin / sortir du noir / elle en flottement ballotage / panique / elle jette elle rejette / sauvetage se sauver sortir du guet-apens / aspirer l'air nauséabond accepter la voie / la tête la voix de la tête chercher des points lumineux / par la fenêtre fuir vers eux / mouvement danger fougue / partir courir mourir
Quinze minutes
Corps en émois / frémissement / quinze minutes / trou noir / corps lourds / disparaître corps noir sur fond noir immobile elle n'a qu'elle pour elle / le souffle manque / guerrière touchée / elle est dans la peau de la guerrière essoufflée / vertige tangue chute / décision / retrait silence disparition, dernier acte d'amour
samedi 23 avril 2016
Il faut... Ha
Il faut disent-ils
Nous revoilà avec des il faut
Qui brisent la spontanéité, les élans,
Tout devient douloureux
Comment se retrouver, revenir à soi
quelles que soient les douleurs à affronter.
quelles que soient les douleurs à affronter.
Un instant
Marche tête baissée, je vois,
l’arrondi de ta nuque, le mouvement de sa courbe,
marche, je vois
ton ombre caresse les détails du monde, ton ombre caresse le monde, il n’est pas grave qu’elle perde un peu sa forme ni qu’elle oublie d’être rectiligne, crois-moi,
un instant oublie le désespoir de l’horizon et ses exigences impossibles, suspends le désespoir géométrique aux oscillations de la marche, à la fascination lente de la marche.
Elle berce nos désespoirs dans le crépuscule incliné qui se laisse rejoindre de ce seul mouvement.
Et un instant, la vie est aussi légère que ton pas.
l’arrondi de ta nuque, le mouvement de sa courbe,
marche, je vois
ton ombre caresse les détails du monde, ton ombre caresse le monde, il n’est pas grave qu’elle perde un peu sa forme ni qu’elle oublie d’être rectiligne, crois-moi,
un instant oublie le désespoir de l’horizon et ses exigences impossibles, suspends le désespoir géométrique aux oscillations de la marche, à la fascination lente de la marche.
Elle berce nos désespoirs dans le crépuscule incliné qui se laisse rejoindre de ce seul mouvement.
Et un instant, la vie est aussi légère que ton pas.
Les perturbateurs
Les (éléments) perturbateurs
Nous allons dans les rues de la ville, nos mains mêlées pour une balade. Nous regardons différemment les choses et les gens. Je prend des photos. Mais si tu étais vraiment attentif tu aurais remarqué tous ceux que je n'ai pas photographié. Il y a tout ce qui ne se prend pas en photo. Il y a tout ce qui ne se dit pas aussi.
En photo, tu prends le ciel, le reflet dans l'eau, l'arbre du jardin, le bâtiment, la plaque de rue, la foule, tu prends ton compagnon de balade, tu prends ses mains, tu peux prendre sa nuque, tu prends quantité de choses en photo, mais tu ne prends pas ceux que tu appelles les perturbateurs.
Les perturbateurs sont des hommes ou des femmes qui errent à travers la ville. L’un est assis à la sortie d'un métro. Il peut avoir soit un enfant, soit un chien dans les bras. Il peut être celui qui rentre dans le lieu où l'on s'est installé, des roses à la main et sa fatigue au corps. Il lui arrive d'exprimer son mécontentement, en hurlant ou en gromellant. Il peut aussi aller dans une salle d’attente, il sera moins visible, noyé dans les ombres. Il peut s’enfermer dans les toilettes pour s’asperger d’eau fraîche, toi tu attends et tu pourrais entendre les cris silencieux. Mais tout le monde n’entend pas l’écho des cris qui court entre les murs, entre les mains. En fait peu de monde entend et voit les perturbateurs qui sont comme des fantômes de la ville, de la vie sombre.
Les perturbateurs sont devenus des figurants. Ils ont la consistance des revenants, capables de passer leur vie dans un espace défini, de hanter le réel le plus banal.
Tout le monde reste à distance des perturbateurs. S’approcher d’eux pour les photographier aurait forcément une conséquence. Mais c'est hors programme. Tu les suis de loin, du coin de l'oeil, jour après jour, car ils ne cessent de revenir aux lieux que tu traverses. Certains sont toujours aux endroits auxquels tu reviens toi-même. Il est possible que l’un d’entre eux te reconnaîsse de loin, et s’il te saluait, que ferais-tu ?
Nous allons dans les rues de la ville, nos mains mêlées pour une balade. Nous regardons différemment les choses et les gens. Je prend des photos. Mais si tu étais vraiment attentif tu aurais remarqué tous ceux que je n'ai pas photographié. Il y a tout ce qui ne se prend pas en photo. Il y a tout ce qui ne se dit pas aussi.
En photo, tu prends le ciel, le reflet dans l'eau, l'arbre du jardin, le bâtiment, la plaque de rue, la foule, tu prends ton compagnon de balade, tu prends ses mains, tu peux prendre sa nuque, tu prends quantité de choses en photo, mais tu ne prends pas ceux que tu appelles les perturbateurs.
Les perturbateurs sont des hommes ou des femmes qui errent à travers la ville. L’un est assis à la sortie d'un métro. Il peut avoir soit un enfant, soit un chien dans les bras. Il peut être celui qui rentre dans le lieu où l'on s'est installé, des roses à la main et sa fatigue au corps. Il lui arrive d'exprimer son mécontentement, en hurlant ou en gromellant. Il peut aussi aller dans une salle d’attente, il sera moins visible, noyé dans les ombres. Il peut s’enfermer dans les toilettes pour s’asperger d’eau fraîche, toi tu attends et tu pourrais entendre les cris silencieux. Mais tout le monde n’entend pas l’écho des cris qui court entre les murs, entre les mains. En fait peu de monde entend et voit les perturbateurs qui sont comme des fantômes de la ville, de la vie sombre.
Les perturbateurs sont devenus des figurants. Ils ont la consistance des revenants, capables de passer leur vie dans un espace défini, de hanter le réel le plus banal.
Tout le monde reste à distance des perturbateurs. S’approcher d’eux pour les photographier aurait forcément une conséquence. Mais c'est hors programme. Tu les suis de loin, du coin de l'oeil, jour après jour, car ils ne cessent de revenir aux lieux que tu traverses. Certains sont toujours aux endroits auxquels tu reviens toi-même. Il est possible que l’un d’entre eux te reconnaîsse de loin, et s’il te saluait, que ferais-tu ?
vendredi 15 avril 2016
imprévu inattendu
Un flot de larmes - l'espérance inattendue est une clef - l'imprévu me montre l'ange - un flot de mélancolie inspirante - source du rêve - équilibre instable - conscience acérée - je
jeudi 14 avril 2016
#NuitDebout 4
je suis en mouvement et sans domicile fixe - rien de fixe - pas très fixée - une carte sans les points cardinaux - un fil rouge à repeindre en vert - noter d'aller voir la mer - explorer de nouveaux lieux - retourner sur mes pas - ébranler les certitudes - reprendre le fil - le peindre en bleu - attraper le possible qui est à portée de main - ne rien lâcher
#NuitDebout 3
ça aurait pu être ailleurs mais pas à un autre moment, je ne vous laisserai pas noircir sans moi la page blanche
mercredi 13 avril 2016
éveillée
Rien que du bruit, ce son assourdissant ?
Toutes ces prises de parole ne sont-elles pas un don fait aux endormis ?
Nous ne sommes pas invisibles, vous ne nous voyez pas
Vous n'êtes pas sourds, vous ne nous entendez pas
Toutes ces prises de parole ne sont-elles pas un don fait aux endormis ?
Nous ne sommes pas invisibles, vous ne nous voyez pas
Vous n'êtes pas sourds, vous ne nous entendez pas
Toutes ces paroles, ces voix, ne sont-elles pour vous qu'une porte qui s'ouvre sur un succès ?
J'y découvre des révélations, la source du rêve
Mes combats ont un vague air de rébellion, loin des discours convenus
J'y découvre des révélations, la source du rêve
Mes combats ont un vague air de rébellion, loin des discours convenus
Je pars, je reprends le chemin de vos abandons, la route du sombre
Mes pas sont perdus sur vos terres stériles
je suis éveillée et debout ... je voudrais voir la mer, je veux voir la mer
Mes pas sont perdus sur vos terres stériles
je suis éveillée et debout ... je voudrais voir la mer, je veux voir la mer
#NuitDebout 1
lorsque tu "es" une femme isolée à la rue et que tu passes dans l'effroi, la peur au ventre, tes nuits debout, est-ce que ça compte pour te révolutionner dans ton canapé ?
mardi 12 avril 2016
#NuitDebout
Moi, monique pauvre, j'ai quelques petites questions utiles à cette petite/moyenne classe "moyenne" qui se droitise, qui freine, qui s'ankylose, qui peine à s'ouvrir aux autres, par peur de perdre son « Tout » :
Que pèse la petite propriété pavillonnaire à crédit face à la solide propriété des bailleurs institutionnels, des multi propriétaires, qui vivent sans travailler des loyers qu'ils nous extorquent ?
Que pèse la propriété à crédit de sa petite auto face à la propriété des moyens de production des exploitants des usines qui fabriquent ces autos ?
Que pèse notre désir de paix et d'amour face à la volonté farouche du propriétaire, le propriétaire de l'usine qui possède notre temps, le propriétaire de la banque qui possède notre argent, le propriétaire des exploitations agricoles et des supermarchés qui contrôlent nos moyens de subsistance, le propriétaire des usines d'armement, qui nous fait basculer dans la guerre, le propriétaire de la prison où nous pouvons toutes et tous finir un jour ?
jeudi 24 mars 2016
Je me laisse en vie
Je raisonne mes chagrins et j'efface de mes larmes ce qui n'a pas figure humaine.
C'est en vivant le ici tout en gardant l'ailleurs possible que se reboisent les jours encore à venir. Qui peut dire ce que je serais à partir de celle que je suis aujourd'hui ; moi même, je reste incapable à le dire. Je me laisse en vie
jeudi 3 mars 2016
le réel
à la rue
chaque temps est semé d'embûches, chaque moment
il faut déployer des tonnes de ruses pour aller simplement
chaque temps est semé d'embûches, chaque moment
il faut déployer des tonnes de ruses pour aller simplement
manche
6 H 15
Réveil secouant par la police municipale
6 H 30 Je me réveille dans l'humidité et déjà je ressens la fatigue d'une mauvaise nuit trop courte et du temps à faire passer
9 H 30 Les petits-déjeuners au Resto du coeur sont devenus stressants. Trop de monde. Faire la queue... Les resquilleurs, les tensions
9 H 45 Sans comprendre pourquoi, sans pouvoir émettre une hypothèse, je suis là immobile, j'attends
10 Heures J'ai financièrement la moitié d'un paquet de croquettes pour les chats. Bon, j'attends. Il pleut, les bourrasques de vent me narguent. J'ai déjà froid.
10 H 30 Je ne bouge plus. Je ne regarde rien de ce qui m'environne. Rien. J'évite les regards. Ce pigeon me nargue. Il fait humide dedanshors
11 H 30
Je reçois de quoi manger... Une gamine de 16 ans, une femme
12 H 30
Les piéces tombent timidement dans mon bonnet. Je compte l'air de rien, encore un euro.
13 H
J'ai fait ce qu'il fallait pour les chats. Je vais tout de suite faire mes achats. J'ai de quoi manger pour moi. J'arrête...
Et la pluie cesse !
Réveil secouant par la police municipale
6 H 30 Je me réveille dans l'humidité et déjà je ressens la fatigue d'une mauvaise nuit trop courte et du temps à faire passer
9 H 30 Les petits-déjeuners au Resto du coeur sont devenus stressants. Trop de monde. Faire la queue... Les resquilleurs, les tensions
9 H 45 Sans comprendre pourquoi, sans pouvoir émettre une hypothèse, je suis là immobile, j'attends
10 Heures J'ai financièrement la moitié d'un paquet de croquettes pour les chats. Bon, j'attends. Il pleut, les bourrasques de vent me narguent. J'ai déjà froid.
10 H 30 Je ne bouge plus. Je ne regarde rien de ce qui m'environne. Rien. J'évite les regards. Ce pigeon me nargue. Il fait humide dedanshors
11 H 30
Je reçois de quoi manger... Une gamine de 16 ans, une femme
12 H 30
Les piéces tombent timidement dans mon bonnet. Je compte l'air de rien, encore un euro.
13 H
J'ai fait ce qu'il fallait pour les chats. Je vais tout de suite faire mes achats. J'ai de quoi manger pour moi. J'arrête...
Et la pluie cesse !
A la tombée des innocents
à la tombée des innocents
nous restons les bras ballants
nous restons les bras ballants
L'enfant serrait sur sa poitrine
un ours éliminé, dernière bouée,
rescapé d'un temps de défaites,
de souffrances,
s'abattant sur des humains
écrasés par la supériorité des avides
et condamnés à la défaite
par l'abandon des politiques
un ours éliminé, dernière bouée,
rescapé d'un temps de défaites,
de souffrances,
s'abattant sur des humains
écrasés par la supériorité des avides
et condamnés à la défaite
par l'abandon des politiques
mercredi 10 février 2016
vendredi 5 février 2016
Parfois un mot
Parfois un mot remplace une larme - parfois un mot remplace un sanglot - parfois un mot remplace un silence - parfois un mot remplace un hurlement - parfois un mot remplace un mot - parfois un mot se meurt
Chaque jour
chaque jour l'effort pour rejoindre ce que ce monde est devenu devient plus difficile
chaque jour une feuille se détache de l'arbre et hésite à rejoindre le sol en linceul
chaque jour des pensées se hurlent en éphémères et je pose des mots pour me taire
chaque jour une feuille se détache de l'arbre et hésite à rejoindre le sol en linceul
chaque jour des pensées se hurlent en éphémères et je pose des mots pour me taire
Mémoire fatiguée
ma mémoire est fatiguée
les souvenirs me lassent
seul le voyage de la fumée d'une cigarette compte
l'instant avant l'autre
l'instant sans existence
les souvenirs me lassent
seul le voyage de la fumée d'une cigarette compte
l'instant avant l'autre
l'instant sans existence
Ne pas penser
Taquiné par le pied du policier
se lever
mécaniquement
ne pas penser
retrouver ses membres
puis les muscles
ne pas penser
chercher les vêtements
sous les couvertures
passer de la chaleur à tiède
se lever
se mettre sur ses pieds
entendre des voix
sans saisir les mots
s'en foutre
dire oui sur la gamme polie
pas de café
ne pas penser
allumer une cigarette
éviter de respirer le froid
rester somnolente
attendre ce qu'il faut de minutes
se recoucher sur la chaussée
après le reflux de sa marée
retrouver la chaleur de la nuit
s'endormir en hésitation
avec un poème pour
ne pas penser
et son souffle
et celui des mots
rythment la glissade
vers la parenthèse
faite par le sommeil et les rêves
dans ta vie de pauvre
ne pas penser
se lever
mécaniquement
ne pas penser
retrouver ses membres
puis les muscles
ne pas penser
chercher les vêtements
sous les couvertures
passer de la chaleur à tiède
se lever
se mettre sur ses pieds
entendre des voix
sans saisir les mots
s'en foutre
dire oui sur la gamme polie
pas de café
ne pas penser
allumer une cigarette
éviter de respirer le froid
rester somnolente
attendre ce qu'il faut de minutes
se recoucher sur la chaussée
après le reflux de sa marée
retrouver la chaleur de la nuit
s'endormir en hésitation
avec un poème pour
ne pas penser
et son souffle
et celui des mots
rythment la glissade
vers la parenthèse
faite par le sommeil et les rêves
dans ta vie de pauvre
ne pas penser
vendredi 25 décembre 2015
lundi 12 octobre 2015
Désolé pour le dérangement
Je petit-déjeune dans le froid qui s'installe. Je suis assis au centre sur le bord de la tente. A ma gauche, à ma droite, les pents de la tente claquent légèrement avec la brise. Je suis dans un coin reculé de la ville, loin des éternels fâchés qui s'activent à me chasser dès lors qu'ils découvrent mon existence. Un thermos posé à main droite, je tartine mon pain rassis en écoutant la radio. Je regarde vers la route qui se devine à travers les arbres, perdu dans mes souvenirs de solitude, de mort. La couleur du ciel est neutre. Grisâtre. Je rêvasse. Le monde s'agite de plus en plus, sans moi. Je me rapproche un peu plus du bord de la tente. Je bois un peu de café. Je me prépare déjà à devoir bouger. J'attends que la vague humaine se calme. Je sors de la tente et termine le café tiède. Je ramasse mes affaires et les rangent dans mon sac à dos. Je déplie la tente, la range dans la toile plastique et la place dans sa cachette. C’est le matin. Je dois faire ça chaque jour. Je pars vers la ville avec cette crainte que le soir avant la nuit en revenant on m'ait tout volé.
samedi 30 mai 2015
mai en ressac
comment lutter contre l'épuisement de l’espérance et taire toutes ces litanies qui pointent
l'âme s'épuise à tenter de donner corps aux promesses, à croire que des pensées s'unissent
---
aucun de vos mépris au goût de fin de l'homme ne fera taire brutalement les battements de mon coeur brisé à chaque souffle par son ressac
---
Seule la nostalgie du haïr trouve grâce au coeur de l'homme tombé en disgrâce
---
j'accorde à tout ce qui est vivant l'acquittement
je ne souhaite pas alourdir mon coeur d'une dette de sangs versés
---
écrire la parole
tendre au silence
---
et si chacun fermait son miroir, qu'enfin ce soient les murs qui abattent les frontières, transpercent les regards et content-la-poésie ?
samedi 21 mars 2015
mon silence écoute
mon silence s'appuie sur les murs gris de la ville,
accoudé au ponton, comme un écho de pluie,
il écoute chaque battement de vie,
traverse les brumes et les terres brûlées,
passe le cap du jour et de la nuit,
il s'évade parfois dans les sanglots d'un coeur attendri
par le chant des feuilles né de la caresse du vent
mon silence est fait de mots qui meurent à chaque signe de vie
vendredi 20 mars 2015
Un secret si lourd
Un secret si lourd, à coup de pierres évacué dans les méandres d'une pensée en folie
Une envolée de mots, entre deux jaillissements de lumière, des promesses lancées au vent
Une eau perlant les sillons d'un regard fixe,
Un pincement d'entrailles,
Une question vague,
Un oiseau,
Une eau,
L'océan et ma barque au commencement du jour
à Jean
Fidèle à la terre
Je regarde les roseaux
J'écoute l'eau
Immobile
J'attends en silence
Fidèle à la terre
Que renaisse l'innocence
vivre ensemble
dès le matin chercher les sources et les élans de vie,
les signes et un regard
l'oeil aguerri à tous les détours, tendu vers la lumière,
l'étincelle et le coeur
et nous ramener à cette faim de vivre ensemble
dimanche 15 mars 2015
morte de la rue ; de l'enfer de ce monde
SALUT sylvie
te voici complètement protégée de l'enfer de ce monde
un jour, c'est parmi nous, c'est vers les laissés pour comptes infâmes, que tu es venue entamer ta fuite
de quoi avons nous parlé qui soit à dire ; j'ai oublié et de ce qu'il me reste, rien n'est pas a partager
pouvions nous poser des mots sur le trop plein fait d'écoeurements, de violences, d'abandons ; un vécu lourd, trop lourd
devions nous l'expliquer cet abandon du monde, devions nous à travers lui trouver raison à se laisser partir
se laisser glisser dans notre abandon et nous y appartenir, nous y oublier et chercher dans toujours plus … plus de vin, plus de cachets, plus de folie, plus de colère, plus de noirceur, plus de mélancolie, plus d'ironie … jusqu'à en oublier l'étincelle
aller au bout
courir après la déchéance, devenir un coin du miroir, devenir, être et disparaître
nous étions face à face, en face et côte à côte
plus tu t'enfonçais, plus je résistais
on se guettait et lorsque nous pensions pouvoir nous supporter, nous offrir le silence, un temps de paix, on partageait ce banc, lui aussi disparu au musée d'art moderne
on ne regardait rien
tes yeux enivrés, mes yeux trop éveillés nous rendaient aveugles
on était en nous, on avait ce lien d'une vie avant, cette compréhension muette
et cette incompréhension ; tu cherchais encore et toujours, là ; là au plus profond du marécage
là dans la noirceur des hommes, dans les plus abîmés des hommes, dans le chaos, dans la raffut, là … tu cherchais ce que l'on nomme l'amour
comment peut-on chercher l'amour lorsque sa famille est là, là malgré tout et lorsqu'elle t'inonde d'amour
comment peut-on y croire de cicatrice en cicatrice
je t'ai souvent répondu de mon regard fixe et aujourd'hui encore je n'ai que ça à t'offrir ; car c'est moi
avec … avec cette idée que maintenant, te voici de la terre, que de ton corps s'envolera une graine légère et que là-bas, au loin, ailleurs, germera une fleur
je reste encore un peu sur la terre de l'enfer
salut sylvie
à un de ces jours
Malgré
Malgré la remontée de l’effroi dans nos vies la poésie file au coeur du monde.
A cette heure matinale elle est jaillissement de ce qui se crée à partir de l'infinie nuit.
S'il se meut un nuage dans le ciel en éclairci, l'aube naîtra sans attendre le vent.
samedi 7 mars 2015
mrks
l'homme venu de la sombre forêt m'exile sur un chemin désert
mais je sais bien qu'aucune peine n'assassine et je m'écarte de lui
ces moments
ces moments de vide ou regardant au-delà je me vois toute en lutte face au miroir étroit
je monte à l'assaut sans ennemis déclarés, les devinant parfois trop proches de moi
je sais aussi qu'après des cieux mouvementés arrive le souffle dansant qui va tout balayer
et nous ramener au bleu, à l'immensité de la plus profonde palette des bleus sans exception
ces moments de vie ou tout s'éclaire
dimanche 15 février 2015
une simple humidité passagère
Une
moiteur d’eau triste née et séchée dans la foulée, aux bords des
paupières. Pas une seule larme ce matin ne viendra s'ajouter à l'océan
vendredi 13 février 2015
cueillette d'étincelles
L'URL de ce flux renvoie une erreur. Nous ré-essayerons plus tard. Ce groupe est privé.
La promesse d'un espace sans fin et ouvert n'est finalement que le reflet de l'homme.
Et puis il y a la vie. Il y a les yeux qui voient. Il y a des coeurs qui battent et des jardins.
Je dois me rendre au local pour réceptionner quelques bons plats cuisinés par un coeur tendre. Je vois. Il y ce monsieur âgé qui souffle bruyamment à côté de son cadi qui semble bien chargé. Je vois. Il y a cette pente devant lui, trois mètres à peine, mais très pentue. Je lui demande si je peux, me permet-il de lui monter ce cadi ; juste pour la pente. Patience. Cinq minutes après, il accepte. Une fois là-haut je le regarde monter pas-à-pas avec sa canne. Je dois me dépêcher, ne pas être en retard. Je marche vite. Il y a le jeune manchard et son chien au premier tabac. Je l'aime bien, il est franc. Il aimerait des affaires. Tiens, des affaires de fille, moi qui croyais que l'amour fleurissait au printemps. J'arrive au local, là voilà, douce et colorée. Quel sourire elle a. Elle a cuisiné pour nos enfants. Ces pauvres enfants... Et si vous deviez fuir, brutalement, tout, votre pays, votre culture, votre famille?. Je prépare un sac de fringues pour la fille du jeune. Un manteau superbe donné avant-hier... On discute un peu. On se sépare. Je croise ce vieux type qui porte toujours trois sacs. Pas de sac à dos, à la main, des sacs plastiques. Encore une fois il refuse toute aide ; il ne veut rien. Mais il me dit bonjour, au-revoir et merci. Un pas est fait. Je dépose les fringues au jeune. En voyant le manteau, ça va lui plaire, ça va lui plaire, dit-il. Je caresse son chien, magnifique et tellement gentil. Je lui parle du vieux aux sacs, il pense qu'il est à la rue, il est plutôt sûr. Il me dit qu'il est un peu braque, mais très gentil. Il me promet de lui parler de moi, de lui dire que je peux lui procurer des couvertures, des fringues, sans rien lui demander en retour. Les peurs des gens sont effrayantes. J'ai peur de vos peurs. Je file au squat, je donne les plats aux enfants. Ils rangent chaque chose en poussant des cris de joie. Même le sucre roux les émerveille. Je file, j'ai deux, trois choses à faire. J'arrive au parking, un couple pousse la voiture en panne. La femme se prend les pieds dans sa djellaba. Elle est enceinte. Je prends sa place sans qu'elle bronche. La voiture est enfin garée contre le mur. Elle prend mes mains dans les siennes. Je crois bien que j'ai sourie. C'est la vie. Mais combien d'instants, combien d'étincelles de vie n'ai-je pas remarqué ?.
jeudi 12 février 2015
Il y a des malentendus nécessaires
nous étions toutes deux si occupées
noyées dans la lumière de dimanches plein de gaité
nous étions mêlées dans des instants si semblables
nous étions du langage et hors langage, en regards croisés
puis, ce qui naquit de nous s'embrasa dans l’incendie de ton coeur redevenu fauve
qu’avons-nous retenu de ces moments?
mercredi 11 février 2015
au revoir
Pour des raisons de tristesse infinie, de
blessure morale et pour des problèmes de santé, ma gaieté, ma poésie,
mon appétit de vivre sont sous-alimentés.
Mon esprit défaillant
s'acharne malgré moi, sur vos mots de métal, vos coeurs volages, vos
critiques inutiles, vos blessures futiles. J’espère que ceux qui
s’égareront dans mes parages assombris, trouveront mieux que moi la
flamme de l'espoir, le champs de nos appétits de vivre. @MoMaitte
jeudi 8 janvier 2015
Nous risquons gros sur ce coup
Ces mots de Sophie W sur son FB, m'ont sortis de l'abattement qui s'est emparé de moi depuis hier. Ils venaient appuyer le témoignage bouleversant de Toufik (à lire).
Il y a des gens qui savent et qui t'assomment de leurs croyances, des gens pleins de la certitude de représenter "la" raison. Il y a les likeurs compulsifs, sans âme, ternes qui approuvent tout et son contraire. Il y a des gens qui moquent la position de ceux avec qui ils sont en désaccord plutôt que de réfuter leurs arguments.
Il y a des gens qui "sont charlie" entre deux saloperies ordinaires à poser sur leur mur ou entre deux verres.
Parmi ces gens il y en a que j'ai viré de mes contacts, purement et simplement. J'ai fait du ménage. Des gens de tous horizons, parfois en désaccord entre eux.
Il y a aussi une tristesse immense. Il y a des gens qui ont ressenti ce terrible choc et voit son onde se répandre.
Est venu le temps de se retrouver, de se fédérer, de se reconnaître, de retrouver, de renouer avec une conscience commune. Le cauchemar ne s'arrêtera pas là et, nous risquons gros effectivement.
jeudi 1 janvier 2015
ce que tu attends
Ce que tu attends de moi, je ne peux te le donner, car ça n'est pas moi, ce ne sont ni mes images, ni mes pensées. Pas même un reflet. Acceptons tout ce qui arrive, ce qui semble du vide aussi. Partons ensemble dans le silence et la légèreté. Marchons sans mot dire.
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