lundi 12 octobre 2015

Désolé pour le dérangement

Je petit-déjeune dans le froid qui s'installe. Je suis assis au centre sur le bord de la tente. A ma gauche, à ma droite, les pents de la tente claquent légèrement avec la brise. Je suis dans un coin reculé de la ville, loin des éternels fâchés qui s'activent à me chasser dès lors qu'ils découvrent mon existence. Un thermos posé à main droite, je tartine mon pain rassis en écoutant la radio. Je regarde vers la route qui se devine à travers les arbres, perdu dans mes souvenirs de solitude, de mort. La couleur du ciel est neutre. Grisâtre. Je rêvasse. Le monde s'agite de plus en plus, sans moi. Je me rapproche un peu plus du bord de la tente. Je bois un peu de café. Je me prépare déjà à devoir bouger. J'attends que la vague humaine se calme. Je sors de la tente et termine le café tiède. Je ramasse mes affaires et les rangent dans mon sac à dos. Je déplie la tente, la range dans la toile plastique et la place dans sa cachette. C’est le matin. Je dois faire ça chaque jour. Je pars vers la ville avec cette crainte que le soir avant la nuit en revenant on m'ait tout volé.

samedi 30 mai 2015

mai en ressac

comment lutter contre l'épuisement de l’espérance et taire toutes ces litanies qui pointent 
l'âme s'épuise à tenter de donner corps aux promesses, à croire que des pensées s'unissent  
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aucun de vos mépris au goût de fin de l'homme ne fera taire brutalement les battements de mon coeur brisé à chaque souffle par son ressac
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 Seule la nostalgie du haïr trouve grâce au coeur de l'homme tombé en disgrâce 

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     j'accorde à tout ce qui est vivant l'acquittement
   je ne souhaite pas alourdir mon coeur d'une dette de sangs versés       
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     écrire la parole 
tendre au silence 
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et si chacun fermait son miroir, qu'enfin ce soient les murs qui abattent les frontières, transpercent les regards et content-la-poésie ?

samedi 21 mars 2015

mon silence écoute


mon silence s'appuie sur les murs gris de la ville, 
accoudé au ponton, comme un écho de pluie, 
il écoute chaque battement de vie, 
traverse les brumes et les terres brûlées, 
passe le cap du jour et de la nuit, 
il s'évade parfois dans les sanglots d'un coeur attendri 
par le chant des feuilles né de la caresse du vent 
mon silence est fait de mots qui meurent à chaque signe de vie 

vendredi 20 mars 2015

Un secret si lourd


Un secret si lourd, à coup de pierres évacué dans les méandres d'une pensée en folie 
Une envolée de mots, entre deux jaillissements de lumière, des promesses lancées au vent 
Une eau perlant les sillons d'un regard fixe, 
Un pincement d'entrailles, 
Une question vague,
Un oiseau,
Une eau,
L'océan et ma barque au commencement du jour

à Jean

Fidèle à la terre


Je regarde les roseaux 
J'écoute l'eau
Immobile 
J'attends en silence 
Fidèle à la terre 
Que renaisse l'innocence

vivre ensemble

dès le matin chercher les sources et les élans de vie,
les signes et un regard
l'oeil aguerri à tous les détours, tendu vers la lumière,  
l'étincelle et le coeur
et nous ramener à cette faim de vivre ensemble

dimanche 15 mars 2015

morte de la rue ; de l'enfer de ce monde


SALUT sylvie

te voici complètement protégée de l'enfer de ce monde 
un jour, c'est parmi nous, c'est vers les laissés pour comptes infâmes,  que tu es venue entamer ta fuite 
de quoi avons nous parlé qui soit à dire ; j'ai oublié et de ce qu'il me reste, rien n'est pas a partager
pouvions nous poser des mots sur le trop plein fait d'écoeurements, de violences, d'abandons ; un vécu lourd, trop lourd 
devions nous l'expliquer cet abandon du monde, devions nous à travers lui trouver raison à se laisser partir 
se laisser glisser dans notre abandon et nous y appartenir, nous y oublier et chercher dans toujours plus … plus de vin, plus de cachets, plus de folie, plus de colère, plus de noirceur, plus de mélancolie, plus d'ironie …  jusqu'à en oublier l'étincelle 
aller au bout
courir après la déchéance, devenir un coin du miroir, devenir, être et disparaître 
nous étions face à face, en face et côte à côte 
plus tu t'enfonçais, plus je résistais 
on se guettait et lorsque nous pensions pouvoir nous supporter, nous offrir le silence, un temps de paix, on partageait ce banc, lui aussi disparu au musée d'art moderne 
on ne regardait rien 
tes yeux enivrés, mes yeux trop éveillés nous rendaient aveugles 
on était en nous, on avait ce lien d'une vie avant, cette compréhension muette 
et cette incompréhension ; tu cherchais encore et toujours, là ; là au plus profond du marécage 
là dans la noirceur des hommes, dans les plus abîmés des hommes, dans le chaos, dans la raffut, là … tu cherchais ce que l'on nomme l'amour 

comment peut-on chercher l'amour lorsque sa famille est là, là malgré tout et lorsqu'elle t'inonde d'amour 
comment peut-on y croire de cicatrice en cicatrice 

je t'ai souvent répondu de mon regard fixe et aujourd'hui encore je n'ai que ça à t'offrir ; car c'est moi
avec … avec cette idée que maintenant, te voici de la terre, que de ton corps s'envolera une graine légère et que là-bas, au loin, ailleurs, germera une fleur 

je reste encore un peu sur la terre de l'enfer 
salut sylvie 
à un de ces jours

Malgré


Malgré la remontée de l’effroi dans nos vies la poésie file au coeur du monde. 
A cette heure matinale elle est jaillissement de ce qui se crée à partir de l'infinie nuit.
S'il se meut un nuage dans le ciel en éclairci, l'aube naîtra sans attendre le vent.

samedi 7 mars 2015

mrks


l'homme venu de la sombre forêt m'exile sur un chemin désert 
mais je sais bien qu'aucune peine n'assassine et je m'écarte de lui

ces moments


ces moments de vide ou regardant au-delà je me vois toute en lutte face au miroir étroit 
je monte à l'assaut sans ennemis déclarés,  les devinant parfois trop proches de moi
je sais aussi qu'après des cieux mouvementés arrive le souffle dansant qui va tout balayer 
et nous ramener au bleu, à l'immensité de la plus profonde palette des bleus sans exception
ces moments de vie ou tout s'éclaire 

dimanche 15 février 2015

une simple humidité passagère


Une moiteur d’eau triste née et séchée dans la foulée, aux bords des paupières. Pas une seule larme ce matin ne viendra s'ajouter à l'océan

vendredi 13 février 2015

cueillette d'étincelles


L'URL de ce flux renvoie une erreur. Nous ré-essayerons plus tard. Ce groupe est privé.
La promesse d'un espace sans fin et ouvert n'est finalement que le reflet de l'homme. 

Et puis il y a la vie. Il y a les yeux qui voient. Il y a des coeurs qui battent et des jardins. 

Je dois me rendre au local pour réceptionner quelques bons plats cuisinés par un coeur tendre. Je vois. Il y  ce monsieur âgé qui souffle bruyamment à côté de son cadi qui semble bien chargé. Je vois. Il y a cette pente devant lui, trois mètres à peine, mais très pentue. Je lui demande si je peux, me permet-il de lui monter ce cadi ; juste pour la pente. Patience. Cinq minutes après, il accepte. Une fois là-haut je le regarde monter pas-à-pas avec sa canne. Je dois me dépêcher, ne pas être en retard. Je marche vite. Il y a le jeune manchard et son chien au premier tabac. Je l'aime bien, il est franc. Il aimerait des affaires. Tiens, des affaires de fille, moi qui croyais que l'amour fleurissait au printemps. J'arrive au local, là voilà, douce et colorée. Quel sourire elle a. Elle a cuisiné pour nos enfants. Ces pauvres enfants... Et si vous deviez fuir, brutalement, tout, votre pays, votre culture, votre famille?. Je prépare un sac de fringues pour la fille du jeune. Un manteau superbe donné avant-hier... On discute un peu. On se sépare. Je croise ce vieux type qui porte toujours trois sacs. Pas de sac à dos, à la main, des sacs plastiques. Encore une fois il refuse toute aide ; il ne veut rien. Mais il me dit bonjour, au-revoir et merci. Un pas est fait. Je dépose les fringues au jeune. En voyant le manteau, ça va lui plaire, ça va lui plaire, dit-il. Je caresse son chien, magnifique et tellement gentil. Je lui parle du vieux aux sacs, il pense qu'il est à la rue, il est plutôt sûr. Il me dit qu'il est un peu braque, mais très gentil. Il me promet de lui parler de moi, de lui dire que je peux lui procurer des couvertures, des fringues, sans rien lui demander en retour. Les peurs des gens sont effrayantes. J'ai peur de vos peurs. Je file au squat, je donne les plats aux enfants. Ils rangent chaque chose en poussant des cris de joie. Même le sucre roux les émerveille. Je file, j'ai deux, trois choses à faire. J'arrive au parking, un couple pousse la voiture en panne. La femme se prend les pieds dans sa djellaba. Elle est enceinte. Je prends sa place sans qu'elle bronche. La voiture est enfin garée contre le mur. Elle prend mes mains dans les siennes. Je crois bien que j'ai sourie. C'est la vie. Mais combien d'instants, combien d'étincelles de vie n'ai-je pas remarqué ?.

jeudi 12 février 2015

Il y a des malentendus nécessaires


nous étions toutes deux si occupées 
noyées dans la lumière de dimanches plein de gaité
nous étions mêlées dans des instants si semblables
nous étions du langage et hors langage, en regards croisés
puis, ce qui naquit de nous s'embrasa dans l’incendie de ton coeur redevenu fauve
qu’avons-nous retenu de ces moments?

mercredi 11 février 2015

au revoir


Pour des raisons de tristesse infinie, de blessure morale et pour des problèmes de santé, ma gaieté, ma poésie, mon appétit de vivre sont sous-alimentés. 
Mon esprit défaillant s'acharne malgré moi, sur vos mots de métal, vos coeurs volages, vos critiques inutiles, vos blessures futiles. J’espère que ceux qui s’égareront dans mes parages assombris, trouveront mieux que moi la flamme de l'espoir, le champs de nos appétits de vivre.  
@MoMaitte

jeudi 8 janvier 2015

Nous risquons gros sur ce coup


Ces mots de Sophie W sur son FB, m'ont sortis de l'abattement qui s'est emparé de moi depuis hier. Ils venaient appuyer le témoignage bouleversant de Toufik (à lire). 
Il y a des gens qui savent et qui t'assomment de leurs croyances, des gens pleins de la certitude de représenter "la" raison. Il y a les likeurs compulsifs, sans âme, ternes qui approuvent tout et son contraire. Il y a des gens qui moquent la position de ceux avec qui ils sont en désaccord plutôt que de réfuter leurs arguments. 
Il y a des gens qui "sont charlie" entre deux saloperies ordinaires à poser sur leur mur ou entre deux verres.
Parmi ces gens il y en a que j'ai viré de mes contacts, purement et simplement. J'ai fait du ménage. Des gens de tous horizons, parfois en désaccord entre eux. 
Il y a aussi une tristesse immense. Il y a des gens qui ont ressenti ce terrible choc et voit son onde se répandre. 
Est venu le temps de se retrouver, de se fédérer, de se reconnaître, de retrouver, de renouer avec une conscience commune. Le cauchemar ne s'arrêtera pas là et, nous risquons gros effectivement.

jeudi 1 janvier 2015

ce que tu attends


Ce que tu attends de moi, je ne peux te le donner, car ça n'est pas moi, ce ne sont ni mes images, ni mes pensées. Pas même un reflet. Acceptons tout ce qui arrive, ce qui semble du vide aussi. Partons ensemble dans le silence et la légèreté. Marchons sans mot dire. 

dimanche 28 décembre 2014

au moins

C'est au moins aussi difficile de se débarrasser de ses souvenirs que d'aimer.

allons l'enfant


allons l'enfant mort en moi sourit 
suit les lignes du poème qui te ramène à la mer 
vague à rebours, écume en dentelle 
fait une barque d'une coquille de noix 
mat d'allumette, feuille de marronnier, 
et va traîner dans le vent du poète 
à sa mémoire ineffaçable 
allons l'enfant mort en moi divague 

je n'en peux plus de vos indignations

l'hiver


dehors un vent tranchant 
l'eau de la fontaine gelée 
le soleil prisonnier du ciel

seul
le gel de notre discordance chauffe encore et dessine sur ma peau de nouvelles balafres

lundi 15 décembre 2014

Coincés dans nos préhistoires

Coincés dans nos préhistoires

Je n'écris pas de poème. Je n'écris pas non plus de poésie, je n'écris pas grand-chose. J'ai des mots, qui viennent se poser là … et qui attendent patiemment. Je regarde par la fenêtre, les chats me guettent, je bois du café, je fume des cigarettes, … 
J'ai des mots là, imprécis, … Cette ombre. Cette ombre c'est ma ville, cette ombre c'est ma région, c'est mon pays tout entier. Quel feu peut-on allumer pour que tout redevienne un peu vivant, chaleureux ?. Pour que la chaleur revienne, simplement, entre les hommes ?. Je me tiens à l'écart autant que possible de cette ombre et je regarde ma nuit et la prochaine. Des nuits déchirées. Faut-il encore, que de ma bouche épuisée s'échappe ce qui ne ce dit pas ?, ce que tout le monde sait. Je n'avance pas beaucoup par rapport à ce dire, à cette ombre l'ombre. Ne doit-on plus dénoncer simplement, est-ce devenu si difficile ?. Je regarde le soleil qui s'effondre et les roches qui s'effritent. Je regarde ce que les hommes endurent et je m'aperçois qu'il devient plus difficile de voir ce que la rivière endure. Je regarde les chemins. Est-ce que mon silence va rompre les lignes ?. Est-ce que les mots ont leur place dans ces brouhahas ?. Nous sommes là, tous, coincés dans nos préhistoires.

mardi 25 novembre 2014

Je croise mille visages


Pour bien comprendre la réalité des personnes touchées par l'extrême pauvreté et abandonnées à la rue, il faut s'en imprégner.
On apprend beaucoup des autres et des rencontres. Moi, j'ai vu une maraude de Médecins du Monde apporter des soins à un homme mal en point. J'ai entendu un bénévole lui parler doucement pour le tenir éveillé, en lui tenant la main. Lors d'une distribution de repas à Abribus, j'ai vu un jeune en belle santé au milieu d'hommes et de femmes, cassés, fatigués. Sa seule présence calmait une tension inévitable par le trop plein de ventres affamés. J'ai rencontré à la Place Kléber des jeunes dont la place n'était pas à la rue, les nouveaux visages des laissés pour compte ; ceux qui n'entrent pas dans le moule. Je croise des personnes âgées qui ont travaillé toute leur vie et qui ne peuvent, avec leur maigre retraite, manger à leur faim. Je croise les doigts pour que leur logement soit préservé. Je croise chaque jour la belle Polonaise qui rêvait pour ses enfants d'une vie meilleure. Derrière la gare, sur le parking, il y a Patrick, un travailleur pauvre qui dort dans sa voiture. A Neudorf, il y a un ancien ferrailleur qui me raconte sa vie d'avant. Et cette fille, à peine 20 ans que sa famille a rejeté. Je croise, chaque jour, des gens qui veulent et qui tentent de se faire une place dans la société. Je croise mille visages. Le mien dans le reflet d'une vitre.


Mô (pour Valérie et les autres)

mercredi 12 novembre 2014

combattre


combattre les morsures du froid - marcher - accélérer le pas devant la foule qui envahie le trottoir - obsédé d'être - être en tête pour boire un café pâle - ignorer toutes ces figures cassées - comme autant de miroirs - combattre tous les bruits et les aveuglantes lumières néons - je - le temps - repartir sans avoir eut le temps - le froid n'a rien d'accueillant - cinglant - je marche j'oublie que je marche - je suis prisonnière des zones grises - je glisse d'une rue à une autre - une autre main à tendre pour un autre café - dilué - se diluer - chercher - trouver une étincelle de vie - reprendre sa marche - sans plus de raison - plus de main à tendre - de mains qui se tendent - se laisser tomber sur un banc - attendre - dans le vide et le néant - combattre la répétition mortifère 

lundi 10 novembre 2014

la brume rend aux regrets toute leur inutilité

rémi

l'état, le pouvoir et la mort - des guerres et leurs millions de morts - et derrière des états - l'état en guerre permanente - faut-il lui donner ce qu'il attend de nous ? - l'affrontement - guerre à guerre - faut-il lui offrir des sacrifiés ? - le regarder se repaître et repartir plus fort à la charge ? - ne pourrait-on pas ouvrir les esprits - essaimer des mots, des pensées de vie ? 

samedi 8 novembre 2014

rester ou non sur facebook

je me suis moi aussi posée la question de rester ou non sur facebook - rester quelque part - cette pensée obsédante qui m'a fait résister au mépris du monde - partir - partir d'ici - partir des réseaux - décrocher - ne plus ressentir ce sentiment de rien - cette accusation d'être un inutile - je ne peux dire un être inutile - car on nous refuse toute humanité - on nous coupe de notre être - de notre je - partir dans un pays ou il n'y aurait plus de maisons - elles seraient devenues inutiles - être vraiment de nulle part - être d'un pays de riens - trouver un lieu de temps paisible - partir de tout - loin d'ici - quitter ce pays qui se détruit - qui s'égare dans la haine et la colère - regarder au loin - être loin - se libérer - s'éloigner de tous - tous prisonniers de leurs biens - propriétés de fantômes - prisonniers de la poussière - égarés dans la nuit - …

lundi 3 novembre 2014

Droits de l'homme au bord du monde

C'est dans une ville - c'est beau cette lumière - c'est quoi ce tas ? - c'est un tas de haillons collée à la grille d'un immense parc -  l'attente improbable d'une famille et les années qui passent - on devine derrière la grille des arbres immenses - ce tas immobile que la neige recouvre, flocons après flocons - que fais-tu lorsque tu as froid ? je grelotte  - on s'éloigne et tout se fond -  surgissent des ombres au cœur de la nuit - et dedans cette maison en cours de destruction - une table, un café - comme une famille - demain tout sera rasé vendu - opération fric immobilière - et la rue pour l'homme vieillissant retrouvée - que deviendra le portrait de l'abbé pierre accroché au mur - on avance - dans une lumière sans éclat — ne plus rien voir — tu vois les absences ? on voit les absences, on palpe le silence, et le silence c'est une sacrée violence - l'indifférence  - on s'approche - on marche sur un trottoir mouillé - on voit des tas de sacs comme des détritus - le mec balaye son coin de trottoir - on avance dans la nuit - on entend des voix d'enfants - on s'arrête - on tend l'oreille - passons notre route - on avance - comme il frappe fort ce froid - on marche dans les entrailles du métro - c'est bien que tu prennes tes pilules - on se barre, on prend l'escalator - on entre dans, on entre en dedans, on pénètre dans les ombres - viens, on entre dans le moment, c'est un passage entre les gris de la nuit - au bord du monde - dans le moment du passage - des entrelacs de tuyaux, de fer, de rouille - c'est comme un appartement - c'est un vrai chez soi dans un lieu effroyable - une construction d'homme - de ses mains - on reste debout -  là, devant lui et le chat - il rie, il te raconte la vie - son camarade ne dit rien - il parle avec le regard - tu as envie de le rejoindre dans cette envie de vivre rire - être son copain - alors tu te tais - on voit les entassements d'objets - on écoute des choses terribles - des choses de la vie - des constats des espoirs - et puis des choses d'un autre pays - parfois on ne comprend pas - le lieu, les circonstances tout est effroyable - ce pont ouvert à tous les vents froids - cette chasse, la perte de ses riens - aller toujours ailleurs - on ignorent les rats bien moins que les hommes venus t'écarter t'éloigner te repousser - on part - on salue -  on salue l'homme - on marche - on se retourne - on s'arrête - on va enfin poser son barda - déplier la toile fragile - ouvrir un livre - on voit une autre femme assise sur un banc - que dit-elle, de quoi sont fait ses mots qu'elle nous offre - une autre galaxie - un autre monde, c'est tentant - on se retourne une dernière fois - son visage son signe de la main - on répond au signe de la main - on marche - on quitte ces lieux effroyables - on avance dans la nuit - le lieu effroyable ne nous quitte pas - c'est dans ma ville - C'est à Paris - C'est à Strasbourg - C'est partout

Témoignage : Monique une voix de la rue

http://www.associationsvisio.com/n31-france/article-monique-une-voix-de-la-rue.html?id=11769&_ga=1.169658402.222661126.1414485945

samedi 1 novembre 2014

Commémoration officielle des Morts de la rue





Retour sur la cérémonie en mémoire des morts de la rue : « Il nous a paru évident de faire en sorte que cet hommage puisse être rendu le même jour, et dans les mêmes conditions que celui que nous rendons traditionnellement aux personnalités qui ont marqué notre ville de leur empreinte, a déclaréEric Schultz. Nous affirmons qu’il ne saurait y avoir pour la Ville de Strasbourg des Strasbourgeois invisibles et que nous avons toutes et tous une responsabilité essentielle dans la reconnaissance de la réalité de la rue et de ce qu’elle inflige aux corps et aux esprits des plus fragiles de nos concitoyens ». (...) Pour Monique Maitte, très émue, s’occuper des décès, c’est aussi s’occuper des vivants : « En disant au revoir aux camarades de la rue, c’est bien aux survivants que nous pensons, dit-elle. Nous sommes des habitants de la ville à part entière, nous sommes des citoyens »".http://www.dna.fr/edition-de-strasbourg/2014/11/02/vivre-et-mourir-dans-la-rue#jimage=5CAAF256-0E65-4A03-BE71-4DD219F7B5D5 Fraternité et humanité, tout simplement...



samedi 13 septembre 2014

je viens

Je viens. 
Je viens toujours et je traverse l'obstacle.
Je n'ai pas renoncé. 
J'avance et les portes s'effacent. 
C'est le vent, seul, qui sculpte le destin.

aller et puis rien

Là-bas, 
L'image d'un rêve, 
La couleur bleue, 
Aller, 
Au delà de l'absurde, 
Un souffle et puis rien

Je vais sortir

Je vais sortir dans ce matin brumeux, dans ce corps mal apprivoisé, dans le petit vent frais, dans ce moment de corvée, dans mes pensées...

jeudi 11 septembre 2014

tu veux un constat ?

Forcément la situation des femmes à la rue change... pas en mieux. Le décalage entre les constats et les mises en place de solutions ; des années...

dimanche 17 août 2014

je bosse pour que tu m'insères je ne sais où

Ce boulot est devenu trop dur. Trop dur de l'ennui qu'il provoque. Il y a trop de terres stériles. La déception prend trop de place, des ratages, des erreurs qui s'accumulent, qui remettent tout en question. Qui lassent lorsqu'ils prennent trop d'importance. 
Tout leur dire, aux uns et aux autres, recoller les morceaux pour former un tout : la vérité. 
A n'être en contact avec chacun que quelques instants, je ne lâche que des brides... 
Cette impression de brasser du vent, d'être utilisée par des esprits étroits et égoïstes, et de ne laisser derrière moi que feuilles mortes et poussière... 
D'ici et d'ailleurs, de nulle-part, en morceaux...  

Je marche

Je marche jusqu'au bout du jour, jusqu'à la lumière-pénombre, vers chien et loup. Je marche sous le ciel changeant. Je marche jusqu'à la porte du silence et de l'immobile. Dans le jour disparu, mes yeux redessinent les parterres de fleurs, recolorent l'absence. Je me pose sur l'herbe fraîche. J'écoute le silence et l'oubli. J'attends jusqu'au bord de la nuit, le moment de repeindre les ombres.

la colère


La colère nous épuise ... 
Bien sûr qu'on peut la comprendre mais elle fatigue, use au-delà de la trame et le coléreux et ceux qui subissent sa colère. 
La colère tombe, elle ne sert à rien, ne laisse rien de bon après elle.
La colère empêche les autres. Elle autorise la peine, la haine et la violence. Et le rejet.
La colère nous manipule comme pantins, elle empêche d'avancer, elle est comme un boulet au pied.
La colère si elle n'est pas juste l'étincelle qui pousse à réfléchir, devient ouverture à toutes les démences, à tous les dénis, à tout ce qui amoindrie, l'humain, le sensible ; l'humanité.
D'adoration en déception, de résignation en colère, nous avons perdu mains tendues, vie plurielle, nous avons perdu la nuance qui permet d'être ensemble. 

lundi 11 août 2014

chaque matin


à l'aube de chaque matin - on oublie quelque chose - des derniers jours - on passe de l'intérieur vers l'extérieur - du silence au fracas sourd - on entre dans la vie factice - dans les reflets de la vie - on marche en aveugle - en tumultueuses pensées éclairs - on ne s'arrête pas - on fabrique l'oubli du rêve - on assèche les larmes - on avance - jusqu'à perdre toutes traces de soi - sur la route pour voix solitaire - 

dimanche 10 août 2014

il fait un temps


il fait un temps ou l'eau tombe tonne gronde, un temps de saison passée, un temps qui rappelle des chansons d'eau tonne gronde au coin d'un feu, un temps d'impression de couverture de brume, soleil caché, coeur pincé, il fait un temps à prendre un train, un temps de fuite, d'ailleurs, … 

mardi 5 août 2014

alors

alors germa la folle idée du bonheur 
dans une brèche de la nuit agitée 

lundi 9 juin 2014

haines


une rumeur 
et puis, c'est une réalité 
mais l'attente
encore attendre 

on entre pas en résistance, on suit ses valeurs, une évidence 

l'engagement sur un NON
un refus 
simplement 

nous sommes dans la catégorie des gens qui doivent disparaitre 
attendre
garder l'espoir, survivre, garder sa dignité 

lever la tête 

construire sa vie
rester vigilante 
construire sa vie d'après 

les symptômes sont visibles 
hiérarchiser les races, les hommes 
le mépris de l'autre
il est là le mal
la haine de l'autre
ça peut recommencer 
indignez vous 


aube dorée


que sont ces ombres - où vont les cris d'insoumis - ne rien attendre - passer des seuils - puis passer l'oubli - un feu se répand dans la ville en fête - une éclaircie factice offerte - le peuple endormi ripaille - le souffle noir s'étale - le poison s'infiltre dans un chant - un jour, dans une aube dorée, se réveillera enchaîné

identitaires


Ils érigent de vieux murs - des blocs aux souvenirs brûlants - éparpillent leurs idées nauséabondes - comme d'autres des pétales fanées - qui rejoignent l'éphémère

mardi 3 juin 2014

tu n'es plus !


tu n'es plus qu'un fil de questions, d'attentes, d'impossibles, de craintes - une petite souffrance qui vient en ressac et va - va et vient dans une boucle - tu n'es plus qu'à exaucer la marée - le sel en bouche et en regards voilés - a ressembler à la folie on y oublie la soif - 

lundi 2 juin 2014

trancher


détacher un à un les pétales - sur le sol viendront se poser - nul autre lieu en pensée - disparues les poussières - au seuil du jour, rien - peut-être, rien qu'un songe - aller au plus simple - 

prendre aube


prendre ses inquiétudes et les placer au fond du tiroir, petite chose narquoise, constater qu'elle est à bout de souffle, rétrécie, usagée et qu'elle peut finir par la fenêtre 

prendre avec d'autres mots, que l'on sélectionne dans sa tête, l'objet de l'inquiétude, se déplacer, s'en écarter, regarder les bienfaits de l'éloignement, de la rupture

prendre des routes, prendre le sentier de l'avenir, la douceur du matin, la caresse du vent, dénouer ses cheveux, s'allonger, regarder le ciel y retrouver l'enfant qu'on a été 

dimanche 1 juin 2014

parler vrai

parler vrai

Ça ne vous a jamais traversé l'esprit, à la lecture de certains profils FB, de vous dire "tiens, je le croyais de gauche ou de droite ?" . 
Facebook à ceci d'intéressant ; voir qui se mêle, qui se mélange, qui rigole de tout et de rien ensemble, qui partage des idées, avec qui je sors et organise des bouffes, …Et puis vous voyez aussi comment, dans quelles conditions ces gens là vivent. 
Ça ne vous a jamais traversé l'esprit "que ce qui les réunis le mieux, sont leur condition sociale, le fric" ?.

Moi j'aime bien la page FB de ce type qui chaque jour te propose une haine, une insulte à cliquer. Et ça marche, il a sa petite côte, ce qui le pousse à continuer. La connerie ça marche bien. 
Le fait que certains viennent cliquer, poser une crotte, juste pour l'exiter et histoire d'en rigoler après est assez croquignolet non ?. 

Aujourd'hui j'ai repéré une nana qui se réjouit sans le dire franchement de la montée du FN. Vue le nombre de personnes qui cliquent … Madame De n'est pas courageuse, elle préfère lâcher son chien fou, celui qui a son "franc parler"… Si si, le franc parler qui consiste à parler sans réfléchir et à lâcher des paquets de merde. Mais Madame de va aussi te mettre des chansons au titre évocateur. madame de insinue et s'infiltre. 

Sacré lui. Voilà que lisant le statut d'un type dont le cul est a lécher pour des raisons de pouvoir il se rend à une manif anti-fn. Lui qui n'est que bêtise et médiocrité. Lui qui dit sa haine des Roms et des étrangers. Passer du lâché de bottes à lèche cul, apparemment c'est people.  

samedi 31 mai 2014

Lignes brisées


Lignes brisées - ligne de confiance - de conduite - d'enchantement - chercher des courbes - se redresser - se confondre - chercher des arrondis - faire le dos rond - attentes - fragments d'un monde vivant - caresse du vent - unique - monde frémissant - surfaces - en surface - Nous vivants -  

lundi 26 mai 2014

matinale


J'entends souvent qu'on ne peut refaire le monde. Bon, alors à quoi bon en parler. Nous n'avons qu'à nous jeter dans les bras de l'humain et du sensible en ignorant les haineux. 

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On parle de "Jouir de la vie" et je me demande si ils "jouissent dans la haine" ceux qui n'ont que des paroles brunes ?. Ceux dont la voix n'est que flaque de boue que le soleil assèche et le vent balaye. C'est une drôle de merde la vie du sot. Jamais à la hauteur du genre qu'il se donne. 

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La langue-morte-cercueil-bruit-bottes-brune-bête-… et la poésie comme étincelle. 

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Faire face par le verbe à la bêtise du suffisant et à la haine médiocre du benêt. Donner à n'importe qui le veut à lire une langue concernée qui ne peut se résoudre à étouffer libres parole et pensée. 

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Tout m'agace

mercredi 23 avril 2014

le vent rêve t-il sous le ciel ?

des heures nues 
et que rien ne demeure 
comme sans plus 
un fracas ou rien 
une faille à soit 
sans mémoire de qui fut 
dans le soir né du matin 
un miroir d'eau calme
un écho immobile 
effacer l'heure passée 
qui n'atteint pas 
sans un détour 
balayée par le vent 
repoussant les poussières 
l'intervalle et ses ombres

le vent rêve t-il sous le ciel ?

ne fuyez pas

Voyez-vous, je peux, dans ce puit de mélancolie qui est mien, trouver encore, parfois ... non, par moment, trouver, une certaine tristesse ... à tout... allons, ne fuyez pas. Écouter le chant de la mélancolie ne vous oblige pas à en porter l'habit... Et la tristesse est si douce à côtoyer. Je vous l'assure, je la connais bien. 

dimanche 6 avril 2014

L'homme du campement

 

Il avait décidé qu'il vivrait là quand même. 
Sur cette bande de terre, en bord d'autoroute. 
Dans une cabane qu'il a apporté morceau après morceau, 
Sur son dos courbé par la charge.
Il est toujours affairé à quelque chose, à une survie fragile. 
Mais il continue, par habitude en somme, 
Il consolide, il renfloue, il répare, il bâtit. 
On ne lui propose rien à lui ou pas encore. 
Il sait que tout ce que l'on construit peut être détruit. 
Mais il garde le goût de vivre. 

©Mo.Maitte

Même sans grillage, ils connaissent toutes les limites de leur parcelle d'action… 
©Mo.Maitte

samedi 22 mars 2014

J'étais à Paris le 18 mars pour saluer les personnes mortes dans la rue et rencontrer des survivants

J'étais à Paris le 18 mars

On m'a proposé d'aller à l'hommage rendu aux personnes mortes de la rue et je me suis laissée convaincre. Il faut dire que c'était proposé par quelqu'un que j'avais envie de voir, que je crains de ne pas croiser assez souvent, car nos vies sont trop remplies et éloignées géographiquement.
Même si ce fut un peu dur d'un certain point de vue des émotions-réflexions, bien m'en a pris, entre autre pour les rencontres avec des copains d'un peu partout en France. Cette journée était un fleuve d'espérance qui coulait entre deux lâchés de noms de personnes disparues. 
J'ai découvert l'émotion lâchée, la sensation vivante, caracolante, sans bride, ni retenue. Moi, je me suis bien retenue en arrivant. J'ai un peu salué, je me suis un peu approché, je me suis tenue à l'écart, j'ai regardé, j'ai observé, j'ai beaucoup écouté. 
Je n'ai pas compté le nombre de fois où j'ai reconnu un inconnu comme étant des miens, comme pouvant "être" de ma famille. En es-tu, moi j'en suis. Nos instants d'une vie particulière. Je devine la trace en moi, je la sens vivre ; le syndrome de l'empêchement à se livrer facilement, à se laisser aller. J'ai besoin d'intimité, dans toute cohue je cherche le silence pour pouvoir me lâcher après. Il y avait Patrick Perret le photographe venu de Marseille. Il est jovial, sympathique et abordable. Mais lorsqu'il saisit son appareil photo il est dans son prolongement. Concentré, méticuleux. Il devient, silence. J'ai aimé l'observer. J'ai remarqué Kévin après son témoignage. Une boule d'amour à faire éclore. Je l'ai entrainé à boire un thé histoire de se retrouver.
Les Toulousains. J'avoue de ne pas les avoir trop quitté des yeux, dès mon arrivée sur la Place je les ai reconnus. Eux c'est moi, c'est la famille. Peut-être pourrai-je en dire plus à un autre moment. 
La suite plus tard.
Au fait mes amis, c'est le printemps et j'ai survécu. 

Pas de carnet en main. Je n'ai rien noté. Il ne tenait qu'à moi d'attraper mon cher carnet et mon stylo quatre couleurs afin de noter à vif la sensation ou l'idée. Un non intentionnel, pour être là, avec mes yeux et mes oreilles, de ne pas perturber l'instant auquel j'avais le privilège d'assister, ni surtout les instants à vivre. Peut-on immortaliser l'émotion ?. Tu sais Patrick, un peu comme si, mes meilleures photos seraient celles que je ne prends pas. 
Il s'est trouvé que je me suis sentie heurtée, bousculée par quelqu'un. Ça m'arrive fréquemment. Paradoxe. On me dit "violente" et il m'arrive de le croire, pourtant je fuie la violence dès que je l'entrevoie chez l'autre. Philippe a fait rempart sans le savoir, en étant là. Une masse de douceur, de lenteur, fort agréable dans cette journée marathon comme disait Cécile. Philippe et ses anecdotes, comme autant d'anicroches. Accroches. Il a des images d'hommes formidables avec lui. Qui va lui dire à lui ?. 

Sacré Dédé. Tu n'as pas beaucoup parlé. Il y a pas mal d'énergie en toi, elle s'exprime dans le groupe. J'ai suivie la presse lorsqu'elle écrivait sur "SDF Sans frontière". Mince, vous voilà. Quoi de mieux que le groupe, que la famille. Nous sommes une famille recomposée, une famille formidable, …  

La suite plus tard.

Il y a des instants, des partages qui méritent de rester dans l'intime. 

dimanche 23 février 2014

questions

où vont les voix de ceux qui ignorent ? 
vers quel fleuve glissent les flots de boue des irascibles ? 
qui arme ceux qui cisaillent les ponts vers l'autre rive ? 

tristitude


la trahison 
efface le chemin paisible 
qui se dessinait 
elle te ramène à la rue quittée 
et efface de sa brûlure 
le possible 
qui devient une image floue 
faite de riens innomés 
alors, le temps file désoeuvré 
tu regardes le monde se colorer 
d'une palette à peindre vide 

samedi 1 février 2014

être


être
immobile et errant 
la main ouverte 
être
une herbe sèche 
une trace à dessiner
être 
l'absent à retrouver 
le jardin désert 
être 
de ce ciel bleu 
une note claire 
être 
quelque chose 
quelque part 
être 
une marée d'étoiles 
et poursuivre le vivre

samedi 11 janvier 2014

jouer


Le dire sans parole 
des paroles sans voie voix 
le monde bascule dans le déni 
dérisoire 
un vide de fracas 
le dire comme la pierre 
comme les arbres dénudés 
comme l'ébauche d'un devenir 
retourner à la nuit 
attendre l'aube 
un rêve pointe l'envie de jouer avec les ombres 
jouer

dimanche 5 janvier 2014

Parfois j'ai l'impression d'être le poème de l'autre…

...

Il y a des ombres qu'on ne peut affronter. 
Des chemins de retour qu'il nous faut arracher de nos pas.

L'oubli


Où sont passés mes rêves à moi ?
Où sont passés mes rives à moi ?
Ni rive, ni rêve.
J'ai tout laissé un jour, 
Un jour. 
Un jour j'ai oublié le fardeau. 
Oui. Là. 
J'ai repris la marche, les mains vides. 
Je suis devenue flottante. 
Rien. 
Rien pour abandonner tout. 
Rien que le soir ne réveille. 
Rien qui ne me poursuive au matin. 
Tout. 
Ce tout de vivre, enfin. 
En silence au-delà de tout.