mercredi 1 mai 2013

Strasbourg Semaine 6

Fatigue
Trahisons, mensonges, aveux, violence, vacarme, qui m'enferment dans le silence. Ce temps qui passe de l'hiver à l'automne et l'hiver qui revient, ça ronge le moral. Le temps passe. Il passe et je m'efface un peu plus. 

Strasbourg 
Écrire rien, sur le rien de Strasbourg, mais rien ne vient. Viens. Trop d'impressions et de pages blanches. Un jour, les choses ne seront plus mais cette ville ne veut rien avouer. 

Tram 
L'ombre du sans-abri s'accroche à ce trottoir qui l'accueille chaque jour après jour après nuit. Il entre le dernier dans le tram. Il parle, le silence l'écoute. Entre chien et loup est le bon moment pour s'effondrer dans le caniveau. Avec lui je peux tomber ma carapace. 

Ailleurs
Un jour ou peut-être une nuit j'irais ailleurs. "Un jour peut-être une nuit, je m'étais endormie, quand soudain… ", je chantonne en moi même. Je suis plusieurs et je fredonne. Mes deux sont en lutte. Je peux mélanger les fredonnements. 

Femmes
Je rencontre régulièrement des femmes merveilleuses, peu d'hommes. Je suis à la Semaine 6 et je ne sais pas à quoi ça sert. 

Strasbourg
Il fait beau, le soleil est là et moi je me dis que ça ne va pas durer. Zut. Et voilà, il pleut. Il fait beau. Une averse. Même le temps est devenu fou. Pierrick dit que je piaffe, c'est quoi piaffer, je ne sais pas et je me tais. Je piaffe sans savoir. 

Strasbourg
Je vais te quitter Strasbourg, tu ne fais aucun effort. J'aime Paris, j'aime Toulouse, J'aime Grenoble, j'aime Strasbourg. 

Strasbourg Semaine 5

Strasbourg
Les hommes marchent, le vent souffle, les arbres font la danse de la pluie. Il y a aussi du silence dans la tempête. 

Strasbourg
Je ne sais pas qui a tué l'aventure ni pourquoi à sa place on nous a fichu la mésaventure. Le plus triste dans la mort d'un sans-abri ce sont ses années de survie. C'est la vie. 

Même si
Si l'hiver s'accroche à nos guenilles, un jour prochain les Magnolias fleuriront quand même.  

Strasbourg Monde
C'est bien le même monde, la même ville. Je suis parfois bien obligée d'y croire. Mais il y a ce que je vois et des montées de larmes a étouffer. J'étouffe. 

Tram
Grégaire primaire chacun devient quelqu'un d'autre on est seul en nous-même. 

Fin de semaine
Mes pensées traînent autour du week-end qui commence, sans idées précises. Le froid. Ici on peut mourir de la misère sans que personne ne s'y intéresse, pas même la justice. 

Strasbourg
La vie passe comme l'eau calme d'une rivière dont on ne voit pas le fond. Parfois il est plus facile d'étouffer que de respirer. On ne peut pas se pendre à une question. 

Strasbourg Semaine 4

Strasbourg
Par delà le vent rien au levant pas même un regard à naître. Les envergures contre tous mènent droit dans le décor.

Calmement Indifférent
Le soir est là comme chaque jour qui décline, s'incline. Les phrases comme les jours sont fragiles. Un être humain normal fouille les poubelles à la recherche d'une maigre pitance.

Strasbourg
Un soudain et furtif rayon de soleil. Deux secondes. Je suis contente encore plusieurs secondes après.

La disparition
Nous plonge dans un abîme sans fond - les souvenirs s'effacent et les histoires ne racontent que des histoires. Tout ce que l'on fait pour tromper l'attente d'un futur déjà présent s'écrit au passé. Composé. Épars - mal assemblé - décousu - dépareillé - le monde.

Strasbourg
Des étudiants Erasmus de … NewYork dans le tram. Chut j'écoute. Je profite.

Quelque(s) chose(s)
J'ai enfin accepté mon indifférence à vos bruits. Le refuge refus à entrer dans votre monde. Je ne sais pas pourquoi l'indifférence me semblait impossible. Il y a plein d'étoiles dans le ciel ce soir. 

Lapsus.
Se tenir, s'en tenir à une incertitude. Je fuie le vacarme et je regarde les vies des sans qui s'éteignent. S'arrêtent. Des vies s'arrêtent. Et moi, j'ai parfois des chansons idiotes qui s'arrêtent dans ma tête.

Strasbourg Semaine 3

Strasbourg
Pluie vent froid et fièvre. Chute, tomber. Chut se taire. Se mouvoir discrètement dans un monde mis de côté où, on ne compte pas. On va sans conter.

Tram
Assis collés hanche contre hanche, chacun un téléphone dans une main et d'un pouce agile ils se font un défilé d'informations et d'images à part.

Les peuples
Vaincus par leur conscience hachée déchirée piétinée endormie assommée. Arbitraire est un mot que j'écris sans raison précise. J'aurais pu écrire réjouir ou un de ses dérivés - regret - je suis du peuple handicapé du temps.

Strasbourg
La pluie verglaçant ne fait pas de différence entre les gens ça mérite un égard aux égards qui se posent sur nous avec la délicatesse d'un flocon.

Strasbourg
Aujourd'hui le voile de la pollution teinte le ciel en rose. Ce hâle empoisonné a effacé les nuages gris. Heureusement que nous savons sinon tous nos bras en tomberaient, nos pieds s'y emmêleraient et l'humanité serait rampante.

Présumés Préserver
Les présumés sont priés de faire le ménage derrière eux afin de préserver le public. Nous ne tolèrerons pas que l'attention du public soit détournée du mirage de la croissance. Il serait fort judiciable que le public prenne conscience que chaque jour des gens meurent à petit feu près d'eux sans aide ni assistance.

Printemps
Des bourgeons là, des hommes glacés partout. Le calendrier ne raconte pas la même histoire à chacun. C'est peut-être mieux ainsi - personne n'est d'accord, on ne sait plus. Ça c'est sûr.

Strasbourg Semaine 2

Strasbourg
5 heures du matin ciel blanc. 6 heures du matin ciel laiteux. 7 heures du matin ciel nuageux et pluie verglaçante. 8 heures du matin les cloches de l'église s'affolent. Je m'enfonce sous la couette.

Strasbourg
Grignoté, lentement, par la misère, dévoré par l'abandon, rongé par le manque d’amour. Civière. Disparition dans le bruit de la circulation. Un sans-abri est mort. Avec lui se meurt un souhait d'humanité.

Strasbourg
Parfois, mon âme me revient en tête. Un rapide passage. Un peu partout quelques places d'hébergement ajoutées en réaction à la météo. Pas à Strasbourg... Ici on met des gens à la rue pour les "remplacer" par des familles.

Pascal
Nous raconte l'histoire tragique d'un homme à qui le RSA a été coupé. Une erreur qui va être réparée. Mais quand?.

Pensée
Il m'arrive de ne plus pouvoir écrire. De plonger dans un vide qui engouffre tout. Silence. Mais l'écriture n'est jamais loin. Le ciel non plus.

Subitement
Soudain une bourrasque balaye le ciel la rue le trottoir et s'engouffre dans les pans de manteaux. Dans l'Abribus où tente de se protéger un homme de la rue, aussi.

Strasbourg
Je n'aime pas la pluie. J'en ai assez ; qui n'emporte jamais les chagrins avec elle.

Strasbourg Semaine 1

Strasbourg.
Grand soleil, températures polaires, aux alentours du manque de degrés.  Lecture des journaux, j'enchaîne les articles sur le consensus prison. De bons constats, des bonnes idées. Le silence en retour et toujours cette bizarre impression de ne pas voir les jours passer, de ne pas bien savoir ce que l’on en a fait.

Strasbourg.
Le froid paralyse vraiment. Le soleil dans ces conditions s'apprécie mieux derrière une fenêtre. Le détachement semble cacher en lui une grande puissance.   

Strasbourg. 
Se forcer à bouger, sortir. Regarder vivre les autres, les écouter, ça participe à la tentative, intime, d'être moins étroit, moins indigent.   Lecture. Je ne peux pas écrire une phrase qui ne contienne pas une dose de rébellion. Sinon elle ne m'intéresse pas. Je suis toujours indigné de tout ce que je vois… Albert Cossery  

Décision. 
Je déchire le projet "cabanes écolos". Je coupe les ponts avec lui et je me concentre sur la survie sous les ponts de mes camarades. Je vais tenter de trouver quelques futilités, dans l'observation du mouvement effréné de l'animal homme ; rend-il heureux ce mouvement incessant?. Ressent-il de la satisfaction, du bonheur ?. Où n'est-ce qu'une fuite en avant ; insatiable, insatisfait. Illusions.   

Strasbourg. 
Je viens de remarquer que j'avais beaucoup d'invitations à des "actions" militantes. vais-je y aller alors que toutes manquent d'actions ?. Et y croiser des gens réunis pour l'occasion. Réunions à saturation.  

Indignation. 
On peut donc s'indigner sur une chose que l'on aura sélectionnée en laissant pourrir le reste du monde ?.    Politique. Si tout est politique…   

Strasbourg.
Froid. Lorsque je parle, ma bouche fume. Je vais me taire.   

Strasbourg. 
Un sans rien Roumain me raconte sa vie. Il pense que je vais en faire des poèmes. Il dit "pouèm". Laisser des traces de certains moments de sa vie. Déchirures, mouvements, peines, guerre, amour et trahison, choix de partir, la France. Il y a de la matière, ma page reste blanche.  

Strasbourg. 
Et si je mourrais, là, maintenant?.   

vendredi 1 mars 2013

trop sensible

Tu es trop sensible dit-il 
Mais qu'est-ce que ça veut dire, trop sensible ? 
Que les personnes sensibles sont à écarter, à repousser, à écraser, à piétiner ? 
La société ne veut que des insensibles, des robustes, des aboyeurs, des durs ?

Qu'on m'explique.

Je rentre en dissidence


Je ne descends plus, mais je ne remonte pas, je stagne. 

Derrière la trahison d'un homme s'enchaînent les perversions de cette société aux alliances d'intérêts croisés. Et l'abandon. 
Personne pour tendre des mains trop occupées à serrer celle de l'ignominie. Pas d'écho à ma presque mort. Et l'abandon. 

Je rentre en dissidence. D'ici là je vous laisse à vos danses. 

à Thierry et Marjorie

dimanche 17 février 2013

Aux morts de la Rue de Strasbourg et d'ailleurs,



Si vous vous effacez de la ville, effacez-vous de ma mémoire. Je veux pouvoir passer à la langue de l'imparfait. Oublier, vous oublier. De vous les trottoirs de la ville ne gardent aucune trace. Je veux qu'il en soit de même pour ma pensée. 


Je refuse l'idée de ne plus vous rencontrer. Je ne veux plus parler à vos absences. Je refuse de marcher seule dans la brume hivernale et d'aller à la rencontre de vos ombres. Je refuse de me heurter à vous à tous les angles et places de la ville.

Je déambule d'un coin à l'autre. J'imagine nos rencontres impossibles. Nos souvenirs ne cessent de nous donner rendez-vous. Je refuse tout de vous. 

dimanche 10 février 2013

ensemble vraiment


Autour de la table fabriquée avec des cartons, neuf alsaciens, deux espagnols, trois roumains, une allemande, et deux hongrois. Des chats et des chiens. 
Par l'effet combiné de notre désir de paix et la conscience de nos limites, s'évapore le voile de déprime qui plane sur nous.

dimanche 3 février 2013

Je vis avec moi-même

Je suis une sans nom, je vis avec moi-même. Les yeux constamment ouverts sur les atrocités des hommes, le coeur plongé dans l'obsession d'un monde de lumière. La conscience s'estompe au fil des échos mêlés brisant les liens d'amour. Je dessine, je déploie des phrases que je ne prononce pas et qui répondent au vide qui nous cerne. Il se peut que je vienne à vous, sans idée, dans le silence et que je tende la main vers ce lien connu de tous. Il est possible que nos vides, nos manques se rejoignent et nous rapprochent. 

lundi 21 janvier 2013

je déclique

Je vire, je déliste, je déclique, je j'aime plus - Les consensus, les grandes gueules, les insultes, les égos et égoïstes, les lâches - EffaceMent - Contrainte ressentie de l'écrire - Battre - Le désordre des lignes - Quand les heures ne défilent plus - Partir - Aux bords des mots - Fumer une cigarette à la fenêtre de Décembre - Refuser la réponse - Reposer - Reformuler - On tombe en silence - Dans - En dedans - On attend - Se retourner - Se retourner encore - Tourner - Il me semble que j'ai un problème avec le Figuré - Sans compter les dérivés - Il n'y a plus que la nuit pour démasquer -MôMaitte-

jeudi 17 janvier 2013

y'en a qui

y'en a qui ont lard de tirer les marrons du feu en toute quiétude, qui peuvent marcher sur les "gêneurs" sans que ça gêne, ... 
j'ai le sentiment étrange que nous sommes peu à nous étonner d'entendre une conception de projet "humanitaire" qui démarre par le repérage de financements à récupérer, puis qui va sur la phase on en fait quoi, on accroche les politiques comment, sans que jamais, les personnes directement concernées ne soient consultées... 
En même temps il paraît que les politiques sont très contents de soutenir des projets présentés par des "acteurs locaux" à la prestigieuse étiquette et que la place des gens sera celle de saint-serré (les fesses) et fermez là et dîtes merci au gentil monsieur ... 
Pan, je me prends ça dans les dents, je me ballade avec trois lettres qui n'ont rien de politiquement correct. 
Je suis certaine d'avoir raison ! je sais, ça fait elle se prend pas pour une merde. Un projet bâti sur l'intérêt perso, fric ou politique est voué à rester un coup de sparadrap, de bluff. Il fera l'objet d'un buzz médiatique et pendant ce temps là, les gens eux, les vrais gens ... mais bon, c'est une autre histoire. 

mercredi 16 janvier 2013

Rions

L'indigence dans la réflexion de certains m'entraîne soudain à en rire. Il est navrant que leurs écrans de fumée fonctionnent si bien et cachent les cadavres des plus faibles qu'ils sèment pendant que le monde à le regard fixé sur un écran de télé. Le temps défile en décennies, en années, en mois et leur ridicule fait loi. Rions car ces éclats sont notre meilleure arme face à leur impuissance à régler la plus petite de nos difficultés. 
Rions ensemble des gesticulations de ces pantins. 

jeudi 3 janvier 2013

la fin des choses

Faut-il se faire à l'idée que toute chose - bonne ou mauvaise - a une fin? 
Ou faut-il comprendre que les choses ne sont pas aussi extraordinaires qu'on le prétend? Qu’elles sont même franchement mauvaises? Ordinaires. La fin n'a parfois de mérite que parce qu'elle vient prouvée que les espoirs étaient mal fondés. 

mardi 1 janvier 2013

Je ne vous souhaite rien car y vous travaillez très bien

J'ai enterré seule le cadavre de cette illusion que nos engagements étaient communs. Il ne me reste plus, comme message à vous livrer, que le silence honteux que vous avez installé entre nous. 

Je ne vous souhaite rien car y vous travaillez très bien. 

Sur ce champ devenu stérile par votre inconscience et inhumaine légèreté, qui fut auparavant un terrain de combats acharnés, vous pourrez avec vos semblables semer des perles de fiel. 

Je ne vous souhaite rien car y vous travaillez très bien. 

Je vais devoir assister aux désastres que vos connivences bâtissent. Alliances de joyeux bordéliques à la vue nombriliste ou l'humain est ignoré, balayé, utilisé. Seul ce combat reste ma rage. 

Je ne vous souhaite rien car y vous travaillez très bien. 

Les marques sur mes poignets seront là un temps pour me souvenir que la vie, toute en ombres habillée, reste la plus vivante. Je ne veux rien savoir de vous, qui n'avez rien à offrir.

Je ne vous souhaite rien car y vous travaillez très bien. 




dimanche 30 décembre 2012

mercredi 26 décembre 2012

L'être du néant

Je suis le néant, celle qui n'existe pas. 
Par peurs ancrées je suis de l'ombre, 
J'ai tendance à rester en retrait 
Tout en brûlant de me dévoiler.

Je suis anonyme, celle qui n'existe pas.
C'est tout ce que je peux faire en réalité.
Je reste là, telle un acte manqué, 
Insipide, inodore, transparente

Je suis de celle que l'on ne peut éviter ; 
Qui ne laisse que des souvenirs usés. 
Je suis le visage sur l'affiche, 
Le marronnier du plan hivernal. 



mardi 25 décembre 2012

silence bruits silence

La fracture de nos voix désunies s'éloigne. J'entendais ton silence. J'attendais ta voix. Je n'y arriverai jamais. Je voulais parler de ton abandon de poste. Seule la déchirure des mots se présente au clavier. Les questions restent. Elles traversent mon intérieur. Passantes. À chaque pas fait en avant ta voix s'efface. Bande passante usée. Je voudrais parler du désir de l'ombre. Il n'y a rien à dire sur moi. Blessure. J'écris nos silences. Je reste dans l'obscurité du jour. Les lambeaux de nos voix s'éparpillent dans les bruits du chaos. 

Fermons là


Je ne suis qu'une ombre, une ombre de rien. Je ne suis pas QUI. Vous ne me voyez pas. De vous je vois vos semelles sur le bitume, vos semelles sur ma gueule fracassée. Vos pieds qui s'en mêlent et vos bonnes intentions. De vous je connais les paroles creuses qui s'engouffrent dans ma bouche qui ne peut plus crier. Je me tais. 


J'en vois de toutes les couleurs,  
les frêles, les forts, 
les mauvais, les bons, 
les fous, les raisonnables, 
les pragmatiques, les parasites. 
Souvent le même… Alors 
Je vais rester là. Je vais rester là. 
Le cul posé par terre à vous regarder 
vous agiter dans tous les sens interdits. 


D'où je suis, je ne sais où, je vous vois. Parfois l'un de vous s'approche parfois. Un sourire nous accroche et va glisser sur les coeurs de glace. Vos lèvres s'entrouvrent et envisagent les miennes qui restent scellées. Vous vous croyez de mes prochains, mais ne serez jamais de mes pareils. Vous êtes d'un univers de riens ; rien n'arrive, rien ne vient. 


Mes doigts sont gelés, ma pelure trouée, ma patte blessée, je saigne… le souffle vicié par le mélange des gaz d’échappements que l’on me crache à la gueule. Non tu ne me tueras pas ni ne me ramasseras. Je suis seul, certes, mais rempli de ton visage, parce que moi je te vois. De vivre je me tue. Mon nom est S.D.F.  


S.D.F. Ces trois maudites lettres ne sont que le sigle de votre paresse cérébrale. S.D.F. Sans Dieu ni Foi, S.D.F. Sommeil Du Froid. La neige me recouvre peu à peu. C'est beau. C'est froid. S.D.F. Ces trois maudites lettres ne sont que le sigle de votre paresse cérébrale. S.D.F. Sans Dieu ni Foi, S.D.F. Sommeil Du Froid. 

Fermons là



vendredi 21 décembre 2012

L'image de la vie effacée

Le froid plus vif rend la marche plus rapide. La foule se croise en jouant du coude à coude. Une obsession ; avancer. Dans le renfoncement de l'immeuble, le sans logement reste immobile. Il regarde indifférent le manège de la ville. Moi, en face, je le regarde. Lorsqu'il bouge enfin, j'entrevois un corps mort qui se déplace. L'image de la vie effacée. 

3 lettres (sdf)


ces trois lettres sont terrifiantes lorsqu'on tombe dessus dans le froid de la nuit. Elles dégoulinent sur le trottoir jusqu'aux caniveaux. Ces ruissellements ne sont que tristesse inutile. Aucune émotion n'est permise en ces temps de ripailles et d'abondante futilité. La collectivité est, à ce sujet, parfaitement unie donc unanime. 

Partie


Partie ici. 
 Partie par là. 
 Partie plus loin.
Partie ailleurs.

S D F


SDF. C'est devenu mon patronyme, ma désignation, mon anonyme. Tu m'as prit mon nom. Accroupi là, je reste sous la pluie en essayant d'en protéger quelques coins de mon corps meurtri. Tu me tues de ton indifférence, de ton ignorance. Que veut dire ce mot d'urgence.
Je suis pourtant là, survivant dans ta crasse urbaine et les pots d'échappement. Je te vois. Je connais ton visage qui est celui de chaque passant. Je connais tout de toi, tes indignations virtuelles aussi que tu diffuses dans le cercle feutré de ton salon. Moi je reste sur ce même coin de trottoir. Abandonné. Chaque jour je serais la preuve que tu ne fais rien, que concret n'est pas pour moi. Et quand je mourrai un autre me remplacera

jeudi 20 décembre 2012

et sinon

en dehors des grandes opérations de pub et de com vous les voyez les sans ?

construire

construire.
et se construire sur l'abandon de toutes exigences de résultat. 

écrire

devant moi plusieurs jours que je vais pouvoir consacrer à écrire. 
aller vers ces zones ou écrire est un besoin ressenti avec une nécessité impérieuse.
à moi, maintenant, d'en faire quelque chose de ce temps. 
avec densité.
écrire réécrire ce projet en lui donnant plus de profondeur, en lui rendant l'humain et le sensible.
poser, mûrir, mordre le fruit, méditer, caresser les chats, boire un café, écouter de la musique. 

et puis

Seuls et en commun dans nos énergies passionnelles. Solitudes en partage. Libertés affectives. Engagements éthiques et d'existence. Histoires de vies et de construction. Instants émotifs et créatifs. Et puis ...

C’est fini

C’est fini …
Et en fait non. Ce n’est pas fini. Ça revient. Ça relance. C'est là, pas très loin. 
Ça m'épuise. ... 
J'ai sûrement manqué un épisode. Raté l'embranchement. Pas vu le virage. 
Qu'importe. 
Il est l'heure de dormir.

si

Tandis que la fin du monde approche, la marmotte continue d'emballer le chocolat. Et ça, c'est essentiel.

effebé

Aujourd'hui via la puissance Gala-Tic de FB on peut être CONTRE le massacre des animaux, la faim dans le monde, la dette, la déforestation, l'aéroport, la surpopulation des prisons, les décrets, les lois et TOUSSA.
Et puis ya la réalité, la vraie vie...

Rendre sa pleine puissance aux rêves... Mouai

correspondance entre personne et salaud

De : Tekah Salaud
A : Mô Personne

Bonjour. Je m'inquiète un peu de ce silence entre nous. Je me rends compte aussi que mes projets à venir risquent d'en pâtir.  Je ne voulais pas te mettre dans l'embarras, je te l'assure. Tu as mal interprété un tas d'éléments que je n'avais pas le temps d'expliquer et qui peuvent laisser penser qu'il y avait calcul de ma part. J'espère que tu me comprendras. Je suis obligé d'aller de l'avant, mon temps est précieux.  Je comprends tout à fait que tu te sois inquiétée pour toi. J'ai quelques remords tout de même. 


De : Mô Personne 
A :  Tekah Salaud

Bonjour Tekah,
Je n'ai jamais mangé personne et ne cache aucun ossements en ma demeure. Cela fait un mois et demi que j'attends de vos nouvelles. Si vous avez des remords, le vent fou qui vous emporte les balayera. 
Pour le reste, je ne souhaite plus vous rencontrer. Vos actes, vos choix sont votre affaire, pas la mienne. Le détournements de projets à votre bénéfice, les rendez-vous manqués ou secrets, les promesses pièges, la diffusion de l'annonce dans la presse, la mise à mort d'un partenaire, … et votre disparition. Vos affaires je vous dis. 
Vous devriez étudier le monde animal, vous en approcher ; le coucou par exemple, ce qui vous permettrait d'affiner votre démarche de parasittage. 


De : Tekah Salaud
A : Mô Personne

Chère Personne, 
Excusez-moi mais je vous trouve bien arrogante. Pensez-vous que je sois malhonnête?. Ce serait un comble. J'ai peut-être mal analysé la situation dans laquelle vous vous trouviez. Je suis un homme responsable, un chef d'entreprise. Je fabrique de la solidarité et votre obstination à m'entraîner sur le terrain de l'humain est inconcevable. Vous ne semblez pas mesurer votre entêtement. J'aime le nouveau, l'innovant, j'y trouve des sensations, de l'excitation. 


De : Mô Personne 
A :  Tekah Salaud

Malhonnête ou inconscient ou simplement égoïste ou tout cela à la fois. Qu'importe. Ce sont vos choix, vos routes, vos manières. Votre poudre d'escampette à un goût amer, voilà tout. Et cette correspondance m'intrigue. 
Avez-vous suivi mon conseil de vous rapprocher du monde animal?. Ils nous apprennent le sens de liberté, sans jugements moraux. Intéressant ne croyez-vous pas de se tenir à l'écart de ces jugements énoncés comme des vérités factuelles?. 


De : Tekah Salaud
A : Mô Personne

Quelle correspondance?. Je me fiche de vos états d'âme. Je vous laisse à vos divagations, j'ai mille choses à faire. Et je vous rappelle que je vous ai envoyé au moins trois SMS. 


De : Mô Personne 
A :  Tekah Salaud

Mis à part les traces d'incisions aux poignets, je ne porte aucune marque, sauf celles de l'âme dont l'état s'améliore tranquillement. Votre passage dans mon monde est un écho fou dont le bruit s'atténue. C'est de vous-même que vous vous arrachez. 
Saviez-vous que de nouvelles plantes viennent d'être découvertes?. C'est fantastique. 


De : Tekah Salaud
A : Mô Personne

(envoi groupé) Toute l'équipe de JEVOUSUS vous souhaite une bonne année. 


Fin

aujourd'hui

s'enchainent les journées de tristesse où l'on en a assez. 
aujourd'hui. c'est une de ces journées où l'on va favoriser l'ombre, sortir quand même en se tenant à l'écart des foules. 
écrire et s'écouter un peu, se retrouver tranquillement. 
le ciel est dans les gris il fait frais et je suis seule. 
seule à courir après ma force, mon énergie, mes engagements, mes convictions en questions. 
épuisée et arrive ce moment ou l'affect s'éloigne libérant la fatigue.
je retrouve un point de force sur lequel m'appuyer.
peut-être suis-je envolée par une idée trop grosse pour moi. cette question revient sans cesse.
j’écoute au fond de moi et cette écoute je l’écris.

samedi 24 novembre 2012

consensus


On ne dit rien - Pas de réplique - Un refus silencieux - Inutile - Un agacement - Hors de tout chemin - Le brouillard tapisse - Masque l'horizon - On laisse dire - Faire - Malaise - Le con sent qui ne dit mots - Une ligne commence par un point - Début d'une fin - Ne pas ignorer le côté sombre - Fin -MôMaitte-

mercredi 31 octobre 2012

Salut Carine,


Je t'écris du fond de ma fatigue. Du fond de mon immense lassitude de tout avec pour épicer un peu, le dégout. Je t'écris entouré de mes chats qui me collent en cherchant en moi une chaleur que je suis bien incapable de produire. D'ailleurs mon principal problème est bien là, je ne suis productrice de rien, pas même de moi-même. Bref, je t'écris comme je suis, en ne sachant pas où je vais. D'un fond de verre posé hier que je termine. 
Je t'écris penchée sur un clavier, mes yeux de myopes posés sur un écran flou. Je t'écris mal assise sur un canapé déglingué. 
Bref. Je t'écris du fond de mon amicale attention pour toi et le petit Taureau. 

LaMô

samedi 27 octobre 2012

Qu’ai-je fait de tout ce temps ?


Je n'ai pas compté, je n'ai rien attendu ni personne. J'ai toujours laissé une porte entre-ouverte qui n'a pas été franchie ; ni d'un sens ni par un autre. Aujourd'hui je l'ai fermée. Depuis un temps, tout s'est terminé, emporté dans le courant d'air d'une vie qui avance encore, en prenant son temps. Je respire. Je suis. Tué mort de tes coups de poings sur le roseau que je fus. Tu ne me diras plus rien et je t'écoute enfin. Nous pourrions maintenant nous dire du même monde, moi debout, le pied léger posé sur ta tombe. En lâchant ton coeur m'a fait lâcher ton ombre. 

Je vais écrire


Je vais écrire tout ce qui passe par la fenêtre ouverte sur l'automne - je vais écrire sur l'errance et la mystification, sur le pour et son contraire - je vais écrire en lâchant les mots et leur ponctuation - je vous dirais les regards fuyants et les regards qui cherchent une complicité ; les regards trompeurs - je vais t'écrire sans te connaître, sans mesurer l'impact des mots se heurtants aux carreaux noircis - je vais écrire sur la lumière sans éclat ni reflet - sur la lumière qui ondule comme une mélopée - je vais écrire sur une ligne musicale - je vais écrire sans bouder ma mélancolie - je vais écrire

mardi 23 octobre 2012

L'enfant du squat et la vieille


- pourquoi tu veux tellement que j'apprenne le français puisque la france ne veut pas de moi
- tu m'emmerdes, la france, la france ; je suis la france aussi non et les copains aussi. Et ne m'emmerde pas avec tes pourquoi. Pourquoi ne t'apportera rien, Pourquoi te fait tourner en rond. Tu apprends parce que c'est la liberté, tu apprends parce que tu es là ! Tu es là, toujours dans mes pattes à me faire chier NON ? tu apprends parce que quoi qu'il arrive ça t'appartiendra.
- tu m'aides pour la récitation ?
- tu m'emmerdes
- moi aussi je t'aime, mais tu dis trop de gros mots

lundi 22 octobre 2012

le salopard est crevé

Et soudain une inconnue vînt vers moi et m'appris que mon fantôme était décédé. Il est mort brutalement me dit-elle, d'une crise cardiaque et seul. Comme je ne réagissais pas elle précisa "ruiné".

Le salopard est crevé, il est crevé, c'est fini pour lui, terminé. 
Et... Ruiné. Je ne vais pas récupérer mes économies, mes livres, mes chers livres sont perdus, merde alors et je ris. 
Seul ; c'est triste lui qui cherchait je ne sais quoi. 
D'un arrêt cardiaque ? Le coeur, le coeur, son coeur, son coeur a lâché. 
C'est important on dirait, tant elle insiste "son coeur à lâché".

Mon coeur est mort depuis longtemps lui ai-je dit, l'histoire est vieille, elle a commencé avec lui. Mes sentiments talistes sont décédés ai-je précisé. 

Me voilà avec cette nouvelle.
C'est juste que mon fantôme est devenu vrai et ... il va me manquer peut-être. Voilà, je vais faire aller et je vais boire un rhum ou dix et demain viendra. Demain vient encore et toujours. Pour le moment.
Je vais faire aller. 

L'enfant du squat et la vieille

- pourquoi tu bois, demande l'enfant à la vieille.
- Pour emplir un vide dit-elle.
- Pourquoi tu le rempli pas avec autre chose?
- Autre chose, mais quoi?
- Avec les arbres et les libellules, puisque tu aimes ça.
- Le vide qui est le mien est né de l'amour, l'amour peut-il le combler?
- T'as qu'a essayé lui dit-il.
- C'est une idée, c'est une idée, je vais y penser.
- Non, penser ç
a ne suffit pas, faut essayer.
- Et comment petit malin ?
- T'as qu'à m'aimer moi, un peu déjà, lui dit l'enfant, je ne suis qu'un enfant moi.
- D'accord, je vais t'aimer un peu.
- Et elle posa son verre

dimanche 21 octobre 2012

Les assassins

Ils restent dans le rang et suivent le cours du monde, 
Ils répètent et recommencent la mauvaise vie. 
Inlassablement, telle qu'elle est, frigide et insipide, 

Ils assassinent le possible, 
Étouffent tout commencement, 
Et nient l'inévitable chute 

Une poignée d'hommes et leurs serviles technocrates 
Bien connus de nos corruptibles gouvernants 
Agissent avec la noirceur implacable de cette société 

On ne s'en étonne pas assez 
Ni ne s'en méfient de ces trop polis 
Et trop policés pour être …

Ils infiltrent et nous inoculent leur poison par ruse 
en utilisant des mots obscurs en apparence indolores, 
Toujours à l’affût d’une occasion de nous entraver
Ils assassinent le possible, 
Étouffent tout commencement, 
Et nient l'inévitable chute 
On ne s'en étonne pas assez 
Ni ne s'en méfient de ces trop polis 
Et trop policés pour être ... 

vendredi 5 octobre 2012

MôRositude


C'est clair que le miracle n'a pas eut lieu pour les Sans et que le changement qui s'opère est plutôt dans le pire que dans le rire. 
L'espoir tout petit s'est prit une grande claque. Du coup, je me sens en morositude, MôRose quoi. 
En même temps, il faut avouer que la colère n'a pas eut le temps de redescendre, du coup elle s'offre une montée en flèche que je vous dis pas... 

jeudi 4 octobre 2012

Je l'ai échappée laide

Inclassable dans la catégorie des gentilles. Mais si, vous savez la gentille, tranquille, celle qui ne dérange pas. La reposante. Ouf, je suis également inclassable dans la catégorie des méchantes. Et en plus on m'offre du chocolat Klugesherz.

Où tu veux que je vois ?


Où tu veux que je vois ? jusqu'où ...
Il y a de plus en plus d'expulsions, les campements, les squats, les gens pauvres de leur appart.Il y a de plus en plus de sdf et personne pour simplement le dire. Tu penses bien que si quelqu'un s'aventurait à dire haut et fort cette évidence ça mettrait en lumière que les politiques de tous les bords ne font rien : ils ne veulent pas.Quand tu es dans une situation désespérée tu n'as plus que des actions de désespérés à faire. S'abriter te rend pourtant hors la loi par des gens qui ne respectent pas les lois. Et ces connards vendent de la com aux gens bien contents d'avaler de la merde toute la journée via les médias: des places ici, de la réinsertion là, de l'accompagnement ... et en fait de l'enfer souvent, des conditions indignes.Alors je vois jusqu'où à demain, pas plus loin.

mercredi 3 octobre 2012

Je vis encore

Des petites vies, des petites hontes, des petits amours, des petits malheurs. Et nous qui marchons, avançons vers le vide, en tentant de faire taire notre mémoire.
Nous donnons chaque jour aux souvenirs une saveur différente. On redessine la vie d'avant à l'avenant. Des histoires de riens. On aurait été, même en hiver à l'aube d'un printemps, un autre. La palette des saisons, donne aux souvenirs fantasmes, la couleur du moment. Je vis encore et c'est déjà beaucoup.

Cul-de-sac

Pour les sans-abri toutes les rues sont des culs-de-sac.
Chaleur étouffante, relents de bitumes, atmosphère puante, puis le tombeau des feuilles mortes et le froid glacial, la neige, la pluie et toujours vos puanteurs parfumées mêlées aux gaz d'échappement. Impossible de s'échapper.
Parfois je voudrais seulement ressentir en dedans, la beauté d'un ciel bleu et dégagé.