lundi 23 juillet 2012

parce que

parce que la peur nous transperce de toutes parts ;
parce que le vent sur nos peaux n'efface rien ;
parce que nos vies ne trouvent d'échos nulle part ;
parce que les regards entrevus s'éloignent ;
parce que notre fureur est tissée d'un silence lourd ; 
parce que nos douleurs se télescopent ; 
la voix de l'intime s'envole dans les songes et les vers

Mo.Maitte
23 juillet 2012

dimanche 22 juillet 2012

ballade sur votre mur

J'ai fait une ballade sur votre "mur" - je reviens de chez vous avec vos mots - j'ai à un moment fait le décompte des syllabes d'amour - il en va des vagues à l'âme et revient les lames de fond

samedi 21 juillet 2012

ça se pourrait

ça se pourrait 
de percer le silence de voix proches 
le temps que le vent vienne tout balayer

Mo.Maitte
21 juillet 2012

mercredi 18 juillet 2012

bistrot


Il est tard je vais au bistrot. Dans le bruit les notes dispersées le chaos permanent les rires les effleurements les coups d'oeil qui se cherchent et se fuient parée de mon invisibilité tu n'es plus là je ressors repars m'en vais et allumant une cigarette je me retrouve plongée dans une conversation secrète une échappée en solitaire d'où les barbares sont gommés. Ce monde va s'écrouler il s'écroule déjà un peu et s'écoule le temps. La voix de la fille saoule repasse, vous n'êtes pas gentille, mais ce monde n'est pas fait pour les gentils il faut plus, bien plus. Ces mots franchissent mes parois et se dissout. Nous vivons dans le mensonge de notre amour secret de la dictature de son attrait puissant de sa force illimitée, amour nourri d'ambitions bien rangées dans leur cadre. Je ne vais pas maintenant me vautrer dans l'idée que nous allons faire vivre les droits de l'homme avec des hommes. Je voudrais bien te plaire, ce mensonge là m'appartient. Je ne connais personne qui ait touché la ligne d'horizon.

au gré du temps


Nous irons au gré du temps, dis-tu, m'accrocher à ton gréement et me laisser emporter est une idée que je laisse dans ce silence qui souvent t'interroge. Si je te livrais toutes ces folies ce serait comme de libérer une mer agitée. Je ne suis hélas pas assez folle c'est pourquoi j'écris. Tu l'échappes belle, mais ne le mesures pas. Tu reprends la main, celle de la parole, pendant que mes mains semblent vouloir vivre leur propre songe sur du papier songé de piètre qualité. Tu m'énumères tes dernières journées qui laissent présager un même sort aux prochaines. Tu enchaînes les mots les phrases les paragraphes. Tu connais ton sujet, tu es un excellent orateur. Chacune de tes phrases commence par nous. Nous projet nous combat nous réunion nous, non je rêve, tu as osé le mot révolution. Est-ce correct de reprendre une bière?. Je me concentre sur cette idée. Le temps passe et avec lui gré et gréement. Un mot se détache, sacerdoce. Ça ne me sert pas à grand-chose, je ris et pouffe dans ma bière. Tu m'offres un sourire, tu es satisfait. Sans même te rendre compte tu me morcelles, tu me découpes, tu ignores des pans de moi. Je cherche un synonyme d'incongru. Je ne trouve rien, je t'offre un sourire. Nous avons un peu refait le monde. N'est-il pas temps de reprendre une bière?. Un jour il faudra que je t'avoue que je n'aime pas du tout ta coupe de cheveux. 

en brocéliande


Une tasse de café à moitié pleine et vide. Le jour ne va pas tarder à se lever. Musique du passage de la nuit au jour. Sortir de l'obscur à petits gestes. Peut-être que mon attente est vaine. Il n'est pas nécessaire d'ouvrir la fenêtre pour voir. Soudain une apparition. Le sommeil s'éloigne une nuit s'enfuit une ligne d'horizon. Nul n'a besoin de ne pas voir pour ne pas voir la forêt le ciel la rivière. La poésie te permet de voir sous les jupes des nuages. Une tasse de café vide. La première cigarette. La forêt de Brocéliande. Un chemin à prendre par son milieu. Tracer la route pas à pas. Écrire. 

lundi 16 juillet 2012

je comprends


Je comprends la profondeur de ton ennui à être là, guettant le moment ou je vais poser le crayon, où mes yeux verront à nouveau ton monde et son abondance ; c'est pourquoi je préfère être seule. 

Économe


Je ne me sens d'aucun lien et n'ai aucun atome crochu avec le passé. 
Il faut être seul pour goûter à la vie, pour s'en nourrir. 
Je préfère en toutes choses, l'économie. 
Celle des mots par dessus tout.

Le ghetto du poète


J'écris dans un langage rejeté, 
Ou le maquillage n'est pas de mise, 
Usant de mots puants de vérité.
J'écris dans un monde de solitude, 
Ou la vie est montrée avec ses ratées, 
M'éloignant toujours plus des hommes, 
Dont la fraternité est dispersée 
Dans une permanente falsification. 

samedi 14 juillet 2012

Et moi je m'en fous

Et moi je m'en fous

...
Et mentir effrontément 
Adopter les utopies, 
Se plier à la raison malade, 
Se vêtir de fades alibis, 
Acheter du rêve mort. 

Aller d'une rive à l'autre 
Pour choisir un camp, 
Bâtir des frontières, 
Ne pas sortir de soi-même, 
Se faire transparent.

Flirter avec les malentendus, 
Son âme bouclée au coffre, 
Que l'on déploie à l'occasion  
D'un bref désespoir de saison. 
N'être qu'une carcasse. 

L'été la révolte est en congé, 
La condition humaine méprisée, 
Et moi je m'en fous

14 juillet 2012

dimanche 1 juillet 2012

je m'efface

je m'efface
devant le jour qui se lève
je m'efface
devant l'étendue du vide

Et j'invente
Des chemins de traverse
Et j'invente
De nouveaux cheminements

J'écarte le réel un instant
Par ces basculements

il faut bien habiter quelque part la nuit et le jour

Mo.Maitte
01 juillet 2012

samedi 23 juin 2012

L'insurrection viendra t-elle ?

Nés de la peur de dire
Communiquer en folie 
Héritiers du vide 
Dès la naissance 
Soumis et soumises 
Laissant le monde tel qu'il est 
Le préférant ainsi 
Feindre le savoir
Et ignorer

L'insurrection viendra t-elle ?

Ne laisser percer une pointe de discorde
Qu'en des temps réglés et permis 
Des bribes, des élans, des fragments,
D'un futur naissant et déjà en ruines
Un avenir sans commencements
Un passé sans empreintes

L'insurrection viendra t-elle ?

Alors que le monde se sent ;
Être de partout
Et se retrouve nulle part
Via le miroir déformant, 
D'une perception virtuelle

Mo.Maitte
23 juin 2012

dimanche 17 juin 2012

mouvement


Et puis à un moment, la corrosion du désespoir cesse. 
Un mouvement de bien être vient t'effleurer. 
Et alors se déploie un océan de caresses. 
Il était temps que les pensées redeviennent légèreté.

Maitte
16 juin 2012

dimanche 10 juin 2012

déplacée

Tout doucement se retrouver  embourbée dans une lassitude agacée, voir se fabriquer des gâchis, des injustices. Se sentir déplacée, de n'être qu'un fil sans maille, une pierre sans montagne. 

Voguer dans des sentiments qui me brouillent l'âme, ne plus supporter la médiocrité mais surtout le silence qui la nourrie. Extraire de soi le renoncement qui germe.

Maitte
9 juin 2012


barbarie

au jour le jour le monde
est invivable
pour des millions d'hommes
et leur lente agonie
leur mort ne nous concernerait pas?
nous devrions rester là
à nous taire
à faire fleurir nos vers?

si la peur de la boucherie,
si la honte de la barbarie
ne vous fait pas bouger
c'est que vous êtes morts
vous aussi
en quelque sorte 
morts
morts nés
morts sans humanité
morts sans solidarité
morts sans espérances
morts sans regrets
morts de ne pas avoir fait le petit pas
qui nous sépare tous

et
nous ne serions que des passants
sur cette terre vide 
arriver au bout
de rien
avec au bout de chaque jour
un autre jour qui mourra lui aussi
en emportant son lot de crimes

Maitte
9 juin 2012

mardi 29 mai 2012

avancer

Repenser, revenir, 
Avancer à moitié 
S'écouter d'une oreille, 
Perdre le fil
Repenser, revenir, avancer

Maitte
28 mai 2012

vendredi 4 mai 2012

Dialogue - Actu FB

• Quoi encore ? Accouche au lieu de faire cette tête de veau !
• "Tu m'ignores. Je le vois bien que tu m'ignores. Tu fais comme si je n'étais pas là."
• Je vais être honnête avec toi ; c'est vrai … et c'est faux. Ce n'est pas toi que j'ignore ; mais tous ces mots qui sortent de ta bouche. Tu comprends mon bichon, mon choupitruc ? Parce que Toi, tu penses bien que je t'adore.
• "C'est bien vrai ? Tu m'adores ?"
• Absolument ! Maintenant, tais toi donc, profitons du silence. Va donc me chercher une bière tiens. 

Maitte - Actualité FB
3 mai 2012

mercredi 2 mai 2012

L'emmerdeuse - Actu FB

"Tu es toujours à côté de la pensée poétique"
Pourquoi dis-tu ça ?
"Je n'ai pas trouvé d'autres mots pour dire que tu m'emmerdes."
"Que se passe t-il, ai-je mérité cela, cette méchanceté?" 
 "C'est un constat, une sensation, un sentiment, une impression, … Avec toi, j'ai toujours l'impression que tu écoutes aux portes, même si ça s'appelle facebook et que tout y est public. Tu réduis tout à un trou de serrure ou à un trou du cul. "
"Tu es odieuse"
"Veux-tu un peu de Chantilly dans ton café, c'est divin?!"
"Tu es adorable. Il fait si beau. Je vais reprendre de ce délicieux gâteau."

Maitte - Actualité FB
1 mai 2012
Je vogue sur un mot qui ne sera jamais mis en poésie (30 avril)

mardi 10 avril 2012

des clics et des claques

de nos jours il y a des fils, des clics, des ondes 
pour nous rejoindre partout dans le monde 
et pourtant je reste seule dans mes songes

nos effleurements ne sont que vent léger, brise de nuits agitées et filaires
je reste lovée dans le gîte de mes mots qui filent sans que je puisse les retenir 

Mo.Maitte
9 avril 2012

dimanche 25 mars 2012

mon voilier Emmaüs

je regarde mon voilier posé sur une mer d'huile 
peut-être se demande t-il comment il est passé du capharnaüm d'Emmaüs à ce mur 
planté sur ce clou
il flotte dans le soleil 
je sais qu'il aimerait sortir un peu du cadre, sortir de ces bleus pastels 
il rêve d'un ciel flamboyant
il espère en une mer plus remuante

Maitte
24 mars 2012

Personne n'a envie d'avoir des idées noires


je vis au pied du mur 
dans le gris du monde 
je m'efforce d'entrevoir 
un miracle dans la vie

Maitte
24 mars 2012

Vides à l'envie


Pour s'élever, pour se redresser, le rêve est un possible, un peut-être ; une part de réalité.
J'observe, mon coeur en berne, le monde proche et l'autre, le lointain, derrière un écran froid.

Observer et s'observer.
Nos vies enroulées sur elles-mêmes ;
Ne plus donner, ni recevoir pour partager ;
Ne plus se laisser aller, mais se surprendre ;
Oser et s'oser.
Ne pas rester vides à l'envie ni au désir.

Maitte
24 mars 2012

mercredi 21 mars 2012

Taisons-nous tous !

Je propose une minute de silence
pour les millions d'enfants du monde qui meurent sous les coups, dans les guerres, de faim ;
pour les environs 200 femmes battues qui meurent chaque année ;
pour les environs 400 Morts de la rue ;
pour les morts d'AZF, de Fukushima ;
pour tous les suicidés du libéralisme ;
...
Je propose une minute de silence pour la solidarité nationale.
Taisons-nous tous !


le 20 mars 2012

mercredi 14 mars 2012

le miroir

Les douleurs disparues n'entraînent pas le soulagement.
Trop de peurs du vivant restent tapies dans mes ombres.
Le dilettante miroir ne reflète plus aucun contraste,
Seule subsiste une masse de dix formes grisâtres 
Je ne peux fixer mon regard parti je ne sais où
Et dans ma tête le bruit hurlement s'empare du vide
Rien ne résiste à la volonté qui s'éteint

Monique Maitte

Ici, Ailleurs, Partout ... Instant en instance



samedi 10 mars 2012

petites phrases

je porte parfois un masque à fables

moi même parle à moi m'aime parfois

sans tous les salauds de pauvres du monde, et leur envie de bouffer à leur faim, on s'en foutrait de cette poignée de salopards avides ...

dimanche 4 mars 2012

pré carré


Défendre son pré-carré.
En bafouant bêtement la solidarité,  
qui se noie dans des concepts ...

Maitte
3 mars 2012

lundi 20 février 2012

l'effacement


l'effacement
c'est te chercher dans un battement de cils
t'attendre 
en ne sachant ni ton nom, ni le son de ta voix 
bruissement
qui viendra embraser l'étrange squelette calcifié
l'inattendu
pour un coeur empli de vieux amours déchus

Maitte
19 février 2012

Misères du monde


Les Morts de la Rue 
Continuent d'arpenter nos rues.
On se rapproche d'eux ; parfois 
L'humain fait la loi.

Nos faims nous font tenir 
Celle de la vie, celle de l'amour 
Faim de révolte ou d'abandon 
Nous n'osons aller plus loin.

Maitte
19 février 2012

jeudi 9 février 2012

Petit Rappel aux personnes indignées de l'abandon des personnes sans logement à la rue : les préfectures ont des mails, des fax, des téléphones et même des adresses postales ... #jedisçajedisrien

lundi 6 février 2012

les morts de la rue


Toutes ces vies qui s'éteignent dans l'indifférence 
Ou dans une compassion saisonnière que vous offre les médias attentifs à l'audimat.
À force, ces morts qui s'accumulent, ça fini par compter un peu.
Non?

Maitte
05 février 2012

dimanche 5 février 2012

le vent ne veut pas mourir

le vent ne veut pas mourir, 
il empli le squat d'un sifflement incessant et d'un froid glacial.
Ce vent qui fait vibrer les fenêtres et claquer les portes, contre lequel nous devons résister jusqu'à l'épuisement ; jusqu'à l'abandon.
Ajouter une paire de chaussettes, garder les gants ; les doigts gelés nous font comprendre que c'est inutile.
Ce vent n'a rien de spectaculaire, pas de grandes bourrasques, pas de tourbillonnement. Il est là, infatigable, il souffle calmement, imperturbablement.
Le vent ne veut pas mourir.

mardi 31 janvier 2012

bhououou vivement qu'il fasse un degré de moins et que le préfet ouvre enfin quelques places d'hébergement d'urgence pour les personnes à la rue
30 janvier 2012

dimanche 29 janvier 2012

Atelier d'écriture de la rue

LA RUE
passer de la rue à la vie pour nous c'est rester dans le cauchemar, sauf qu'il y a une petite flamme
manger à sa faim certains jours c'est courir à sa fin car ton corps il a pas l'habitude et dans ta tête tu pleures
même l'humidité de mes larmes j'aime pas, parce que ça me rappelle les sillons que la misère à creuser dans mon visage
si on me ramène au pays je meurs alors je veux mourir ici pour essayer de vivre
je sais pas pourquoi je suis à la rue, j'en ai aucune idée, c'est comme ça
la vie je l'aime mais c'est notre vie qui est trop moche
les travailleurs sociaux ils savent pas faire vivre les discours alors ils parlent de plus en plus et on les ignorent plus les pauvres
j'ai 19 ans je suis des foyers, de l'école de la 2e chance, des éducateurs, alors la rue, le vol, la violence c'est normal
si t'as pas vécu pour de vrai un malheur tu sais pas donner au malheur un goût d'espoir
maintenant je sais que c'est pas ma faute c'est juste une maladie alors je peux me dire "t'es manioc dépressif" et je rie
moi je pense que le problème c'est qu'on a pas compris que si on meurt c'est parce que la confiance est morte
les gens nous aiment pas, ben moi j'aime pas les gens, mais moi je ne leur fait pas de mal, je suis neutre en quelque sorte
j'aime beaucoup imaginer la vie des gens quand je regarde les fenêtres éclairées, mais la mienne je peux pas encore
on a quelque chose que les logés n'ont jamais sauf les malades, quand on se réveille on est content d'être vivant
on encaisse trop, on accepte trop les injustices, l'humiliation, notre misère elle est aussi dans la tête
La violence c'est à chaque moment qu'elle peut arriver c'est juste comme ça, c'est ça la rue
j'ai 36 ans alors moi je verrais pas le changement pour nous, mais peut-être que les prochains dans 10 ou 20 ans oui
pour tenir à la rue faut pas penser plus loin que l'heure qui vient sinon tu vois pas le bout, mais le mieux c'est de ne plus penser

je me rappelle pas la vie d'avant parfois c'était comme ça parfois autrement, tout est embrouillé et c'est tant mieux 1/2
les souvenirs c'est juste bon à te foutre la tête en vrac 2/2
alors moi je suis homo et j'ai le sida mais le pire c'est que mes parents m'ont virés, ça je ne l'accepte pas
J'étais sous le porche de l'église depuis 5 ans, mais le nouveau curé a téléphoné à la police. Je regrette qu'il ne m'ait pas dit de partir en face.

LA MANCHE
avec la manche, je regarde défiler les gens tous les jours, ils me voient pas, mais moi je vois que je ne veux pas être comme eux
si je baisse les yeux c'est que je ne veux plus voir les yeux des autres

FEMMES DE LA RUE
on m'a volé mes enfants parce que je suis à la rue, mais on m'a pas proposé de logement ni l'assos ni le juge ni la mairie
mon mari il me frappait et on l'a condamné a pas recommencer, il souriait au juge et moi je puais
pour être tranquille je vais à la bibliothèque tous les jours alors du coup je lie, maintenant j'y vais aussi pour lire
je suis pas une putain, je suis obligée de me prostituer et quel choix j'ai puisque j'ai pas de papier ?
si tu deviens pas pire qu'un mec, soit t'es violée, soit tu te maques à un connard

PRISON
j'ai volé pour aller en prison mais le juge m'a donné une chance, alors je galère à la rue, c'est pas de chance 1/2
je voulais vraiment aller en prison pour être plus libre que SDF, tu as chaud, tu manges, tu es soigné et tu peux aller à l'école 2/2
tu voles pour manger tu vas en prison tu sors t'es à la rue tu voles et tu deviens un récidiviste et t'es foutu
la vie, la rue, la prison, c'est ça qui fait que je suis violent, mais la prison c'est le pire

LA NATURE
moi je pense que la nature elle va tout foutre en l'air, y'aura un grand raz de marée qui nettoiera tout, mais pas les hommes 1/3
c'est la nature qui peut faire comme une révolution et là les hommes ils seront égaux devant elle 2/3
parce que les révolutions des hommes ce sont des appels à la guerre tu vois et au bout y'a des perdants et c'est nous 3/3
y'a que la nature qui te donne quelque chose de beau, c'est pour ça qu'il faut dire aux gens de pas nous chasser des parcs
la nature c'est le seul truc vivant que j'approche

POLITIQUE
ceux qui font de la religion ils sont comme les partis et les syndicats, ils sont incapables d'agir pour l'égalité 
tu sais toutes ces lois, tous ces décrets, c'est juste une fabrique a paranoïa 
Strasbourg elle se fabrique pas pour nous, c'est une ville qui calcule trop alors elle nous calcule pas
dans ma tête je m'en fiche de tout, je mange un truc, je bois mes coups, je suis avec les pots, alors je ne fais pas les démarches
quand je serais grand je ferais la révolution même si j'y crois pas
Il y a forcément une raison qui fait que chaque démarche est compliquée et une raison à t'obliger à beaucoup de démarches.

CHIEN ET CHAT
moi j'aime la vie, j'aime rire et même je chante et j'aime l'amour, c'est tout grâce à mon chien Rikiki, il est tout pour moi 1/2
depuis que je suis au collectif sdf, Rikiki il mange mieux, il a plus peur des gros chiens, il boit plus dans les mares polluées, alors moi aussi 2/2 
maintenant que j'ai trouvé ce petit chat abandonné j'ai un ami pour de vrais alors je dois faire attention car je suis responsable de lui 1/2
je vais appeler mon chat sardine comme ça il sera heureux d'être toujours une gentille blague 2/2
Mon chien est un mastodonte, y'a pas plus gentil que lui, mais les gens préfèrent les peluches de taiwan les cons

EXPULSION
moi je suis tombée à la rue après que mon propriétaire m'a chassé pour mettre son fils et il m'a prit mes affaires mais le juge a rien fait et voilà 1/2
je suis pas un feignant, pas toxico, pas alcoolo, pas voleur, j'ai été expulsé de mon logement et ça ne plait pas que je le dise 2/2

COLLECTIF
Avec le collectif sdf on est entre nous et on vit en autonomie, c'est la vraie vie presque et du coup on peut aider les autres pour de vrai
LaMô, quand je serais grande je veux être comme toi, sauf que je voudrais rire quand même
Je suis très content de la tente que le collectif sdf m'a acheté, maintenant je n'ai plus besoin de stresser pour faire le 115
Avec le Collectif on peut accepter d'être comme ça, mais avec l'envie que ça change à son rythme parce qu'on est des humains
Le collectif sdf t'es avec des gens de la galère, t'es compris, t'es pas seul pour faire tes trucs et tu aides les autres, suffit d'être là
On a pas besoin de raconter sa vie, on est pas obligé d'en inventer une et qu'après tu sais plus ta vie.
Quand je regarde par la fenêtre du squat je vois rien, les images sont trop mélangées, c'est un grand brouillard
Le squat il t'enlève des peurs, mais il en reste toujours assez pour être mal
C'est sûr que de refuser la télé au squat ça parait n'importe quoi et puis tu te rends compte que ça te soulage
Faire les marchés, aller voir les commerçants, faire les achats en gros, stocker puis redistribuer, c'est mon premier travail et je suis fier
Moi je suis le Geek, c'est mon surnom et je l'ai mérité, je fais la revue de presse pour que personnes ne disent qu'il savait pas
Ben moi je serais cuisinier, je vais rentrer dans un truc hôtelier pour apprendre et avoir le diplôme, mais d'abord je dois me sevrer 
Alors je suis passé au squat2 parce que je suis à la fin de la méthadone et que j'ai rencontré une fille normale

ALCOOL - DROGUE
quand je suis très saoul, je crie fort, mais c'est que du bruit et les heures de silence avant pourquoi on s'en branle hein?
Faire la manche, c'est vraiment avilissant mais on a pas le choix, j'ai droit à rien et je suis toxicomane 1/2
je vois pas pourquoi on m'emmerde avec la drogue vu que je la prends sur ordonnance à espace & dépendance, je suis clean 2/2
tellement c'est compliqué une journée à la rue que ça te force à rester dans un coin tranquille et tu bois ou tu te drogues
la drogue c'est pour oublier, mais surtout c'est pour ne pas ressentir pourtant j'aime me réveiller alors je viens à l'atelier 1/2
je voudrais des crayons de couleur et un taille crayons pour écrire des maux joyeux 2/2

HÉBERGEMENT
au chrs on me gavait de mots, d'idées, d'ordres, de règles et le soir on se terminait devant la télé, alors je suis revenue à la rue
C'est de la merde les hébergements. Même le meilleur il ne sait pas te laisser tranquille, ça jacasse à ta place, ça pense pour toi
Quand on me considèrera plus comme un débile j'irais en hébergement, mais je serais mort avant
Je veux plus y aller, je veux pas être avec des gens que je connais pas, je veux être tranquille et me reposer
Dans les hébergements tu as toujours la menace d'être viré pour un rien, alors je préfère rien du tout et me démerder
J'ai fait une crise cardiaque, 5 jours après mon retour de l'hosto, l'assistante sociale m'a convoquée et m'a dit de penser à chercher un job
Les foyers c'est trop de stress.
je peux pas y aller, le directeur il allait mettre Rikiki à la spa, il disait que Rikiki était un encombrement


28 janvier 2012

jeudi 5 janvier 2012

état permanent d'inquiétude

aimer cet état permanent d'inquiétude... l'avoir dans son camp et se balader dans les rêves